Siège de Charleroi (1746)

Siège de Charleroi

Informations générales
Date au
Lieu Charleroi, Pays-Bas autrichiens
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau des Pays-Bas à cette époque Provinces-Unies
Commandants
• Prince Louis-François de Bourbon-Conti et Bernard Forest de Bélidor • Comte Robert de Beaufort-Spontin
Forces en présence
60 000 hommes (48 bataillons et 76 escadrons) 1 500 hommes (900 Autrichiens et 600 Hollandais)

Guerre de Succession d'Autriche

Batailles

Campagnes italiennes
Coordonnées 50° 25′ 00″ nord, 4° 26′ 39″ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Siège de Charleroi

Le siège de Charleroi est un épisode de la guerre de Succession d'Autriche qui a eu lieu du 28 juillet au .

Contexte

Depuis le traité de Baden en 1714, les Pays-Bas méridionaux et Charleroi sont rattachés à l'Autriche. À la suite de l'accession au pouvoir impérial de Marie-Thérèse d'Autriche, se forme une coalition comprenant la Prusse, la Bavière, la France et l'Espagne ayant pour but de lui ravir des territoires dont les Pays-Bas autrichiens.

Déroulement du siège

Devant la menace que fait poser l'irruption des armées françaises en Belgique, les Autrichiens fortifient Charleroi hâtivement. Après la prise de Mons en , la place de Charleroi est rapidement attaquée par l'armée française commandée par le prince Louis-François de Bourbon-Conti. Charleroi est défendue par 1500 soldats composés d'Autrichiens et par les troupes hollandaises du sieur Halquet sous le commandement du comte Robert de Beaufort-Spontin, gouverneur de la forteresse[1].

Charleroi dispose à l'époque d'une enceinte comprenant la Ville-Basse, l'Entre-Ville et Ville-Haute et comportant des demi-lunes, des contregardes, un chemin couvert ayant son glacis et des lunettes détachées enveloppées par un autre chemin couvert dont l'accès est défendu par plusieurs redoutes, le tout contreminé. Si la place est bien défendue par son enceinte, ses défenseurs sont de différentes origines et son gouverneur, le comte de Beaufort-Spontin, a l'âge respectable de 85 ans[1].

Plan de la forteresse de Charleroi en 1693.

Le 14 juillet, le prince de Conti établit son quartier-général à Marchienne et fait investir la place de Charleroi. Il ordonne à ses soldats d'établir des lignes de circonvallation. Il dispose de 48 bataillons et de 76 escadrons.

Du côté français, l'ingénieur Bernard Forest de Bélidor est chargé d'accélérer la chute de la place par l'assaut dans les règles en employant une tactique d'intimidation faisant accroire aux défenseurs que celle-ci pouvait facilement être minée par des galeries souterraines[1],[2].

Plan-relief de la forteresse de Charleroi en 1696.

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, la tranchée est ouverte en trois endroits différents. Trois assauts via des parallèles s'ensuivent sur les ouvrages défensifs faisant face à Montigny, la redoute de Marcinelle à la Ville-Basse et à la porte de Bruxelles à la Ville-Haute. Étant parvenu à s'approcher du chemin couvert, les Français installent la nuit suivante des batteries de canons et de mortiers avec lesquels ils tirent sur la place à l'aube du surlendemain. Pour affaiblir davantage l'esprit de résistance, le prince de Conti garantit à tout déserteur le passage libre et une récompense. Le 31 juillet, le comte Daniel François de Gélas de Lautrec attaque ensuite la redoute de Marcinelle et s'en empare contre une faible résistance se rendant ainsi maître de la Ville-Basse. Le matin du 31 juillet, Monsieur de Fénelon s'empare de la redoute des paysans à la porte de Montigny et des deux redoutes abandonnées par les soldats hollandais craignant que celles-ci aient été minées[1],[3].

Louis-François de Bourbon-Conti.

Le gouverneur, ayant été ébranlé par l'avancée rapide des Français et le peu de résistance de ses soldats, fait savoir au prince de Conti qu'il est disposé à capituler le 2 août moyennant des conditions honorables. Ce dernier pousse alors son avantage en faisant avancer les troupes du lieutenant-général Du Châtel à la porte de Marchienne, le chevalier de Nicolaï à la porte de Bruxelles et François-Antoine de Chabannes, comte de Pionsat, à la porte de Montigny. Seule la porte de France empêche les Français de pénétrer dans l'enceinte. Le 2 août, le comte de Beaufort arbore le drapeau blanc et se résout à capituler sans conditions[4]. À l'issue des combats, 1500 Austro-Hollandais sont faits prisonniers et les drapeaux de la garnison de Charleroi sont ramenés en grande pompe à Paris[1].

Bilan

Pour sa bravoure lors du siège, Bernard Forest de Bélidor est promu colonel en 1747. Sur ordre du roi Louis XV, les fortifications construites par Vauban à Charleroi sont systématiquement arasées à la mine par l'armée française comme cela a été le cas dans tous les Pays-Bas autrichiens à Ath, Mons, Audenarde et Menin. Les casernes sont désaffectées et transformées en logements multiples. En 1748, la France restitue Charleroi à l'Autriche en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle[1]. La forteresse étant démantelée, l'Entre-ville, la Ville-Basse et le Faubourg accroissent leur population de 75% de 1757 à 1784[5].

Notes et références

  1. Louis Darras, « Comment en 1745 la forteresse de Charleroi fut amenée à capituler après un siège de 5 jours », Gazette de Charleroi,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  2. ↑ Henri Emmanuel Wauwermans, Mines militaires études sur la Science du Mineur et les Effets dynamiques de la Poudre [Application de la Thermodynamique], Bruxelles, C. Muquardt, (lire en ligne), p. 16
  3. ↑ Jean Maximilien Lamarque et Franciois Nicolas Fririon, Le Spectateur militaire. Recueil de science, d'art et d'histoire militaires, Paris, Bureau de Spectateur militaire, (lire en ligne), p. 16-20
  4. ↑ Bulletin et annales de l'Académie d'archéologie de Belgique, Anvers, Chez Froment, 1843-1847 (lire en ligne), p. 275
  5. ↑ Emile Lempereur, Charleroi à cœur ouvert, Paris-Gembloux, Duculot, , p. 33

Articles connexes

Liens externes

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