Montignies-sur-Sambre

Montignies-sur-Sambre
Montignies-sur-Sambre
L'ancienne maison communale.
Blason de Montignies-sur-Sambre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Charleroi
Code postal 6061
Code INS 52011E
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Montagnard(e)[1]
Population 18 900 hab. (1/1/2025[2])
Densité 3 129 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 24′ 00″ nord, 4° 28′ 51″ est
Superficie 604 ha = 6,04 km2
Localisation
Localisation de Montignies-sur-Sambre
Localisation de Montignies-sur-Sambre dans la commune de Charleroi
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Montignies-sur-Sambre (en wallon Montgneye-so-Sambe, localement Mont'gnè-su-Sambe) est une section de la ville belge de Charleroi, située en Wallonie, dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie

Montiniacus en 866, Montegni sur Sambre en 1253, Montegniet en 1253, Montegny en 1403, 1418 et 1485, Montingny en 1439, Montigny en 1620, Montignies sur Sambre en 1656, Montigny sur Sambre en 1670, Montigny en 1795, Montigny-sur-Sambre en 1820 et après 1830, et enfin Montignies-sur-Sambre[3].

L’origine du nom Montigny demeure incertaine en raison de l’ancienneté de la localité et de l’absence de tradition orale explicative. Les premières attestations, notamment Montiniacus dans le polyptique de Lobbes, ont conduit plusieurs auteurs à proposer des interprétations diverses. Selon le chanoine C.-G. Roland, le suffixe latin ‑iacus, fréquent à l’époque franque, ne renvoie pas uniquement à des noms de personnes mais peut désigner un élément géographique ; Montiniacus signifierait ainsi « lieu élevé ». J.-B. Lambier confirme cette lecture tout en suggérant deux hypothèses alternatives fondées sur inesse (« ici gît une montagne ») et ignis (« montagne de feu »)[4].

La transformation progressive des toponymes latins en ‑eis, puis en ‑igny, serait intervenue après Charlemagne. D’autres auteurs, comme Guilmot, rattachent la finale ‑igny / ‑ignies au saxon inn, signifiant « logis » ou « village », en lien avec l’implantation saxonne dans le Nord de la France. Chotin rejette toutefois ces interprétations germaniques ou latines et attribue ces finales à l’héritage celtique. Il explique que la désinence gauloise ‑ec, exprimant la notion de propriété, a évolué en de nombreuses variantes romanes (‑y, ‑ies, ‑ieu, etc.). Ainsi, des formes comme Saviniec ou Flaviniec ont donné Savigny, Flavigny, et Montigny. Dans cette perspective, ‑igny / ‑ignies / ‑egnie désigne originellement « la propriété » ou « le domaine » d’un individu[5].

Géographie

Géographie physique

Hydrographie

Localités limitrophes

Communes limitrophes de Montignies-sur-Sambre
Gilly
Charleroi Montignies-sur-Sambre Châtelineau
Marcinelle Couillet Châtelet

Quartiers

  • Le Centre, c'est le centre de Montignies où se trouve l'église Saint-Rémy, la maison communale et le calvaire.
  • La Neuville, ce quartier est situé à l'ouest de la localité. Le quartier de la Neuville doit son nom non pas à Jacques de Neuville, comme on le croyait au début du XXe siècle, mais probablement à une villa reconstruite à neuf après une destruction ancienne. Des documents montrent d’ailleurs que le nom « Neuve Ville » existait bien avant 1681. La Neuville regroupait plusieurs hameaux ayant chacun leur propre vie locale et leurs ducasses : le Warmonceau, le Via, le Vitrier et la Vieille Place. Historiquement, ses habitants entretenaient davantage de liens avec Charleroi qu’avec le village voisin, notamment à travers la contrebande avec la ville fortifiée. Les relations entre les Neuvillois et les villageois restèrent longtemps distantes, les premiers étant souvent houilleurs tandis que les seconds étaient surtout cultivateurs et cloutiers[6].
La rue de l'Industrie dans le quartier de la Neuville.
  • Les Trieux. Le hameau des Trieux tire son nom des terres autrefois incultes qui s’étendaient « à tris ». Malgré cela, la zone devint un haut lieu du maraîchage montagnard, réputé pour ses légumes vendus sur les marchés de Charleroi. Chaque année, lors de la fête des Trieux, on plantait l’arbre de la liberté décoré de rubans colorés, tandis que la jeunesse dansait au son de la ducasse. Le hameau voisin de Saint‑Jean, bien qu’inclus dans les Trieux, développa sa propre identité. On y perpétua longtemps la tradition carnavalesque d’allumer des feux autour desquels jeunes gens et jeunes filles dansaient main dans la main[7].
  • Saint-Jean, quartier situé au sud de Montignies entre la Sambre et la chaussée de Charleroi.
  • Le Roctiau, quartier situé à l'est entre la place Albert 1er et la limite avec Châtelineau. Le nom Roctiau viendrait probablement du mot wallon roctia, qui désignait le roîtelet, un petit oiseau. Avec le temps, ce terme aurait été francisé en Roctiau. Autrefois, sous l’Ancien Régime, le quartier était composé de bois et de terres, avec très peu de chemins. Il formait une zone isolée du reste de la commune et ne comptait que peu d’habitants. Au XIXe siècle, un moulin à vapeur y fut installé[8].
  • Warmonceau, quarter situé au nord de la commune aux limites avec Charleroi et Gilly. Le Warmonceau, formait jadis une petite seigneurie aux côtés de la Brousseterre, Charnoy et Gilliers. Mentionné dès 886 dans le polyptique de Lobbes sous le nom Goharmont, il a connu au fil des siècles plusieurs variantes : Warmont saut, Warmonchiaut (1656), Verd Monceau, ou encore Wir-monsart et Vermonsart. Au XVIIe siècle, le lieu était principalement couvert de bois et de prairies. Une carte du même siècle, publiée par J. Fichefet, atteste encore de l’usage du nom Warmonceau. Selon Chotin, ce toponyme signifierait d’ailleurs Verd Monceau[9].
  • Saint-Charles, quartier situé au sud-ouest de Montignies à la limite avec Charleroi.
  • Le Poirier il est situé au centre de la localité de Montignies. Il rappelle le nom d'un charbonnage.
  • La Duchère, situé à l'est entre la rue du Centenaire et la limite avec la localité voisine de Châtelineau.
  • Samaritaine, il est situé dans le quartier de la Neuville au sud de la route de la Basse-Sambre. Une école porte le nom.
  • Les Récollets, il est situer dans le quartier de la Neuville. Le nom rappelle l'établissement d'une congrégation de religieux Franciscains dans le quartier en 1974 jusqu'à la Révolution française mais rétablit en 1833[10][11].

Cités

Cité Yernaux, cité Sélestat[Note 1], cité de l'Europe, cité Roger Lefèvre et cité de Follonica[Note 1].

Terrils

Terril de l'Épine, terrils du Résolu no 1 et 2, terril de la Duchère, terril du stade Yernaux.

Démographie

Évolution de la population[12],[13]
1801 1846 1900 1947 1977[Note 2] 2001
719 1 925 8 046 11 063 22 948 13 020

Histoire

Antiquité

Vers 280 avant notre ère, les Belges, peuple celto‑germanique établi entre le Rhin et la Seine, formèrent une confédération connue sous le nom de Gaule belgique. Parmi leurs principales nations figuraient les Nerviens, les Trévires et les Aduatiques, ces derniers occupant notamment les territoires correspondant à Montignies, Charleroi, Gosselies, Châtelet et une partie de Seneffe. Durant la période gallo‑romaine, la région de Montignies constitua vraisemblablement un centre rural ou une exploitation agricole située à proximité de la Sambre, alors plus large et plus puissante qu’à l’époque moderne. Les dépôts alluvionnaires mis au jour à Bosquetville et sur l’île de la chaussée Solvay[Note 3] témoignent d’un niveau d’eau ancien plus élevé[14].

Des découvertes archéologiques tuiles, poteries, substructions indiquent l’existence d’une villa romaine dans la vallée du Ris de Villé, sur le versant sud‑est de l’Épine, en face de l’actuelle église Saint-François (dite des Récollets). Les fouilles menées par D.-A. Van Bastelaer ont permis d’identifier les vestiges de cet établissement ainsi que les chemins antiques qui le reliaient aux voies régionales, notamment vers Châtelineau, Lodelinsart, Jumet et Courcelles. Une borne portant les clefs de Saint‑Pierre, emblème de l’abbaye de Lobbes, fut retrouvée près du site, mais les terrains concernés relevaient historiquement de Montignies, confirmant que la villa se situait bien sur le territoire communal[15].

Une villa gallo-romaine de dimensions notables, couvrant environ un demi‑hectare, fut mise au jour à Montigny. Construite sur un seul niveau, elle présentait des murs en bois et torchis sur fondations de moellons, des sols en béton ou en ciment de briques pilées, ainsi que plusieurs hypocaustes destinés au chauffage. Une cave profonde de deux mètres, accessible par un escalier de pierre, contenait un petit columbarium ou possiblement un lararium. Le mobilier domestique retrouvé comprend des poteries, des vases en verre, des objets en marbre et divers ustensiles. Les fouilles, menées principalement au XIXe siècle, ont livré un matériel limité en raison de leur caractère superficiel. Le Musée archéologique de Charleroi conserve quelques pièces issues du site : fragments d’urnes, poteries cinéraires, outils et une médaille romaine[16].

Plusieurs découvertes funéraires attestent l’ancienneté de l’occupation du territoire. Des cimetières belgo‑romains furent identifiés au Roctiau, aux prés Belvaux et au bas de la rue Spinois. Les tombes, généralement circulaires, contenaient urnes cinéraires, vases, bijoux et parfois des paillettes d’or mêlées aux cendres, témoignant de la présence d’objets précieux lors de la crémation. Les poteries, de facture soignée, ont résisté aux conditions du sol durant près de dix‑huit siècles. Parmi les objets remarquables figurent une bague chevalière gravée représentant deux cerfs qui courent, divers vases antiques et des clous de chaussures romaines (caligae), dont le nom wallon traditionnel calidges conserve une parenté étymologique. Ces découvertes confirment l’importance et l’ancienneté de l’implantation gallo‑romaine à Montigny[17].

La présence romaine dans la région de Montigny‑sur-Sambre s’étend sur environ quatre siècles, ce qui explique l’abondance de vestiges matériels mis au jour. Les découvertes archéologiques, notamment celles de la villa de Gerpinnes, témoignent d’un environnement largement forestier et riche en faune sauvage : cerf, sanglier, chevreuil, renne, aurochs ou castor. Des fragments de bois de cerf retrouvés vers 1870 confirment la persistance de cette faune jusqu’à une époque relativement récente. Les habitants pratiquaient l’agriculture, la chasse, la pêche et produisaient localement des poteries grossières. Les villas romaines, centres agricoles et artisanaux, fonctionnaient comme des unités économiques complètes. L’industrie domestique y était assurée par des esclaves spécialisés (forgerons, menuisiers, cordonniers, etc.), tandis que les métiers demandant davantage de compétence étaient souvent exercés par des hommes libres. L’esclavage, courant dans tout l’Occident romain, a progressivement laissé place au servage puis aux structures communales médiévales. L’alimentation reposait sur les produits agricoles, la viande de chasse et de bétail, ainsi que sur des denrées appréciées des Romains comme les huîtres et les escargots, fréquemment retrouvés dans les résidus de cuisine. Le beurre, plus accessible que l’huile, était largement utilisé. Les boissons comprenaient l’eau, le lait et une bière locale appelée zythum ou cervoise[18].

Les données sur l’habitat restent limitées : seule la villa de la Neuville est décrite avec précision. La tradition locale évoque l’existence d’un établissement religieux médiéval parfois nommé Abbaye de Villé qui aurait succédé à la villa romaine, mais aucune preuve archéologique décisive n’a été retrouvée. Plusieurs étangs artificiels, aujourd’hui comblés, sont associés par la tradition à cet établissement, sans lien démontré avec l’époque romaine. La destruction de la villa romaine demeure hypothétique. Elle pourrait avoir été liée aux incursions des Chauques au IIe siècle ou aux invasions germaniques ultérieures. Les traces d’incendie suggèrent toutefois une fin violente, suivie peut‑être d’une reconstruction à l’époque franque[19].

Une ancienne digue, jadis associée à un important ouvrage de barrage, subsistait encore dans la mémoire locale. Le ruisseau y formait autrefois une cascade en franchissant une large pierre servant de seuil de vanne, aujourd’hui enfouie sous les alluvions. L’ensemble appartenait à un étang ancien, auquel la tradition en associe d’autres. À l’extrémité occidentale de la digue subsistent les vestiges d’une construction en moellons, comprenant notamment deux montants de vanne en grandes pierres équarries, récemment remis au jour par l’érosion. Aucun élément ne permet de rattacher ces structures à l’époque romaine. Selon la tradition, ces étangs et ce moulin dépendaient de l’ancienne abbaye de Villé et étaient alimentés par le Ris de Villé, autrefois plus abondant lorsque les versants étaient boisés. Un ancien sentier, aujourd’hui disparu, reliait le lieu-dit le Résolu au chemin du Ris de Villé. Connu sous le nom de « chemin des Béguines », il longeait parallèlement l’ancien chemin de Lodelinsart à Montignies et pourrait lui être antérieur. Son appellation est associée aux ruines supposées d’un établissement religieux. L’ensemble des traditions locales suggère qu’une villa romaine détruite aurait été remplacée par un monastère primitif, possiblement lié aux origines de l’abbaye de Soleilmont, ce qui expliquerait la présence de bornes portant les clefs de Saint-Pierre[19].

Moyen-âge

Du IVe au VIIe siècle, le christianisme s’implanta progressivement dans l’Empire romain, sans toutefois jouer un rôle politique déterminant durant les premiers siècles. Parallèlement, les Francs reçurent de vastes terres de l’autorité impériale et les mirent en valeur, avant de constituer, au début du Ve siècle, les bases du domaine royal mérovingien. Les souverains favorisèrent largement l’Église et les monastères, auxquels furent attribuées de nombreuses propriétés. L’abbaye de Lobbes, fondée au VIIe siècle, fut placée sous la protection de l’évêque de Cambrai. Au IXe siècle, le polyptique rédigé en 868 à la demande du roi Lothaire recensa les biens de l’abbaye dans 174 localités, dont Montigny-sur-Sambre (Montiniacus), intégré au pago Darmiensi[20].

Les invasions germaniques et hunniques, dès le IVe siècle, entraînèrent dévastations et insécurité. Pour obtenir protection spirituelle, les populations participèrent à des pèlerinages imposés par le pape Boniface IV, avant que ces pratiques ne soient progressivement remplacées par des redevances versées à des établissements religieux plus proches, notamment l’abbaye de Lobbes. Au Xe siècle, plusieurs paroisses, dont Montigny, tentèrent de se soustraire à ces obligations, ce qui entraîna des sanctions ecclésiastiques. Après le partage de la Lotharingie (870), l’abbaye passa sous l’autorité de Charles le Chauve, puis fut cédée à l’évêché de Liège en 888. Une partie importante de ses biens fut alors annexée à l’Église de Liège, et Montigny semble avoir été intégrée à ces possessions[21].

Au cours du Moyen Âge, les sources disponibles mentionnent peu la localité de Montigny et ses habitants. Les documents conservés n’offrent que des indications fragmentaires, principalement centrées sur les crises naturelles, alimentaires et sanitaires qui marquèrent durablement la région. Les populations montagnardes semblent avoir traversé, entre le XIe et le XIVe siècle, une succession de catastrophes climatiques, épidémiques et sociales d’une gravité exceptionnelle[22].

Les chroniques régionales rapportent plusieurs épisodes de grande détresse[23]:

  • 1031 : une invasion massive de mouches provoque une pestilence affectant à la fois les populations et les récoltes ;
  • 1044–1046 : trois années consécutives de stérilité des terres entraînent une famine extrême. Les récits évoquent des cas de cannibalisme, touchant tant les voyageurs que les enfants attirés par de la nourriture ;
  • 1134 : une sécheresse exceptionnelle met la Sambre entièrement à sec ;
  • 1196 : une nouvelle famine, attribuée à un vent violent et desséchant, entraîne une flambée des prix, les vivres étant vendus jusqu’à dix fois leur valeur habituelle ;
  • 1234 : un froid intense provoque une disette telle que les habitants auraient été réduits à consommer de l’herbe. Une épidémie de peste suit immédiatement cette période de privation ;
  • 1314 : de fortes pluies dévastent la région ; les ponts de bois sur la Sambre, la Haine et l’Escaut sont détruits et emportés ;
  • 1315–1317 : une famine d’une ampleur exceptionnelle conduit à des violences extrêmes entre habitants. Une pestilence de deux ans s’ensuit, emportant, selon les chroniqueurs, près d’un tiers de la population ;
  • 1482 : les archives de l’abbaye de Soleilmont signalent que toutes les religieuses succombent à la peste, laissant le monastère inhabité durant vingt et un ans.

Face à ces crises, certaines autorités tentent d’intervenir. Ainsi, l’évêque de Liège, lors de la famine du , achète d’importantes quantités de blé et met en place des greniers publics afin de limiter les effets de la disette[24].

À la fin du Moyen Âge, Montigny relève de la seigneurie des de Morialmé. Depuis environ soixante ans, les habitants bénéficient des dispositions de la Charte de Godelscalc, un acte de franchise qui codifie les droits et obligations réciproques entre la communauté villageoise et ses seigneurs. Cette charte présente plusieurs caractéristiques essentielles[24]:

  • elle consigne par écrit des usages antérieurement établis ;
  • elle garantit certaines libertés et protections aux habitants ;
  • elle définit les devoirs féodaux et les limites de l’autorité seigneuriale.

Comme pour de nombreuses chartes médiévales, le texte ne crée pas ex nihilo de nouveaux droits : il formalise des pratiques déjà reconnues par la coutume. Selon les principes juridiques de l’époque, « l’usage est plus ancien que la charte », celle-ci n’étant que la confirmation écrite de droits acquis progressivement par la communauté[24].

Avant le XIIe siècle, les populations montagnardes vivaient sous un régime seigneurial très contraignant. Les habitants, majoritairement des serfs, étaient soumis à la taille, aux corvées et à diverses formes d’arbitraire seigneurial, telles que la mainmorte, les interdictions de mariage entre domaines ou l’usage obligatoire des banalités. Leur condition apparaissait d’autant plus difficile qu’elle contrastait avec celle des hospites, hommes libres attirés dès le XIe siècle par les établissements ecclésiastiques désireux de favoriser le défrichement. À partir du XIIe siècle, l’essor des villes et l’afflux de serfs en quête de meilleures conditions entraînèrent un affaiblissement du pouvoir seigneurial. Pour retenir leurs dépendants, de nombreux seigneurs durent accorder des franchises et des libertés économiques. C’est dans ce contexte que le seigneur Godelscalc de Morialmé aurait octroyé une charte aux habitants de Montigny, en reconnaissance des torts causés par son autorité et afin de stabiliser la population locale[25].

L’Ancien Régime se caractérisait par une organisation politique et sociale à la fois simple dans ses principes originels et complexe dans ses formes ultérieures. À l’origine, le pouvoir était concentré entre les mains d’un seul détenteur, qui cumulait les fonctions législatives, exécutives, judiciaires, militaires et, dans certains cas, religieuses. Cette centralisation conférait au système une grande simplicité institutionnelle. Au fil des siècles, l’évolution des structures politiques et sociales entraîna une fragmentation progressive de cette autorité initialement absolue. Le pouvoir se trouva réparti de manière non linéaire, sans véritable distinction verticale ou horizontale, mais plutôt par un enchevêtrement de compétences et de prérogatives. Les seigneurs durent déléguer puis partager certaines de leurs attributions, pouvant être simultanément responsables de l’administration temporelle d’une seigneurie et détenteurs d’une autorité spirituelle. De même, le clergé local, représenté notamment par le curé, exerçait des fonctions dépassant parfois le strict cadre religieux, incluant l’enseignement, la tenue de l’état civil ou la gestion de la bienfaisance. Cette superposition de compétences entraînait occasionnellement des conflits d’autorité. Dans la localité de Montigny, ces tensions demeurèrent toutefois limitées, sans gravité ni ampleur notable[25].

La seigneurie de Montigny-sur-Sambre était délimitée, jusqu’au XXe siècle, par les mêmes communes qu’auparavant, à l’exception de Bouffioulx. Les frontières anciennes de ce territoire correspondent globalement à celles observables aujourd’hui sur le plan géographique, bien que son aspect physique ait été profondément différent. Jusqu’à l’époque moderne, Montigny-sur-Sambre ne possédait aucun bâtiment d’importance susceptible d’abriter une activité manufacturière. Le territoire se composait essentiellement de zones boisées, de terres en friche, de sarts, de champs, de prairies, ainsi que de carrières et de mines de charbon exploitées à ciel ouvert, sous forme de tranchées. L’établissement des limites anciennes de la seigneurie repose sur un ensemble de documents conservés tant dans les archives locales que dans celles des localités voisines ou des dépôts d’État de Mons, Bruxelles, Namur et Liège. Parmi les sources consultées figurent notamment[26]:

  • un acte conventionnel entre la seigneurie de Montigny-sur-Sambre et le Pays de Liège, daté de 1656 ;
  • un « cercle-ménage » de la seigneurie et dismage de Gilliers, établi en 1698 ;
  • un rapport rédigé par J. Puissant en 1770[Note 4];
  • un dénombrement de la seigneurie hautaine de Charleroy en 1768 ;
  • un dénombrement de la seigneurie de Charleroy daté du 10 août 1743.

Ces documents constituent les principales références permettant de reconstituer l’étendue et l’organisation territoriale de Montigny-sur-Sambre sous l’Ancien Régime[26].

Temps modernes

La commune de Montigny-sur-Sambre relevait de l’ancienne Principauté de Liège, État ecclésiastique intégré au Saint-Empire romain germanique. L’évêque de Liège figurait parmi les suffragants de l’archevêque de Cologne, métropolitain de la province ecclésiastique[27].

Administrativement, la principauté était divisée en cinq quartiers[28]:

  1. le quartier de Hesbaye ;
  2. le quartier de Moha, Condroz et Amont ;
  3. le quartier de Franchimont ;
  4. le quartier de Looz et Stockem ;
  5. le quartier de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Ce dernier était subdivisé en plusieurs districts, dont le premier comprenait la localité de Montigny.

Sur le plan de la géographie politique régionale, seules quelques localités voisines appartenaient, comme Montigny, à la Principauté de Liège : Couillet, Marcinelle, Bouffioulx, Châtelet et Charleroi-Ville-Basse. Les entités de Charnoy, Lodelinsart et Châtelineau relevaient du Comté de Namur ; Jumet, Gosselies et Ransart dépendaient du Duché de Brabant ; Fontaine, Forchies et Bellecourt appartenaient quant à elles au Comté de Hainaut. Le territoire de Montigny formait une avancée en coin dans le Comté de Namur, particularité géographique à l’origine de la dénomination de deux charbonnages locaux. Le puits du Grand Mambourg Sablonnière, dit Pays de Liège, tirait son nom de sa situation à proximité de la rue Spinois, entre les rues Aimé-Mignolet et du Pays de Liège. Le puits du Trieu Kaisin, dit Pays-Bas, se trouvait quant à lui sur le territoire du Comté de Namur, immédiatement au-delà de la chaussée de Châtelineau[29].

Sous l’Ancien Régime, Montigny n’était encore qu’un modeste village. Vers 1470, la communauté doit s’acquitter de sa part du « Crénée », un impôt permettant d’estimer à une cinquantaine le nombre de foyers présents sur le territoire. En 1694, on y dénombre 202 maisons pour un total de 622 habitants. Vingt-cinq ans plus tôt, la localité comptait déjà cent quarante propriétaires de chevaux et de bétail. Un compte daté de 1669 mentionne précisément 281 vaches, 72 chevaux, 25 brebis, 43 porcs, 27 génisses, 2 bœufs et 14 poulains paissant sur les terres communes. Ce chiffre ne représente toutefois qu’une partie du cheptel, les grands propriétaires faisant paître leurs animaux sur leurs propres domaines[30].

Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces grands propriétaires étaient peu nombreux. Un document conservé aux Archives de l’État à Mons indique qu’à cette époque seuls quelques habitants disposent de personnel domestique : le pasteur, la veuve Gaegne, l’orphelin André Grimaux, ainsi que François et Denis de Limbourg ont chacun une servante. Jean Faux emploie un valet, tandis que Bartholomé Lorent, le mayeur, possède à la fois un valet et une servante. Ces informations semblent néanmoins incomplètes, car elles ne mentionnent pas la ferme de Castagne, devenue plus tard la ferme d’Oignies[30].

L’église Saint-Remy est la plus ancienne des quatre églises actuelles de Montigny-sur-Sambre et la seule antérieure au XIXe siècle. Sa fondation remonte vraisemblablement au haut Moyen Âge. Dédiée à saint Remi, évangélisateur de la région, elle apparaît dans des listes ecclésiastiques dès 868 et dans le pouillé de Notger en 980, ce qui situe son existence au IXe siècle, voire au VIIIe siècle. La paroisse faisait partie du Pagus Darmiensis, subdivision du Pagus magnus Lommensis, et relevait de l’archidiaconé du Hainaut et du doyenné de Fleurus. Ces appartenances demeurèrent inchangées jusqu’au Concordat de 1801, qui rattacha la paroisse au diocèse de Tournai[31].

La collation de la cure appartint longtemps à l’abbaye de Lobbes, puis fut partagée avec les seigneurs locaux, notamment après l’intégration de la seigneurie dans les possessions liégeoises et namuroises. À partir du XIIIe siècle, plusieurs actes confirment la donation des dîmes de Montigny au prieuré d’Oignies, dont dépendit l’église jusqu’à la Révolution française. Les bâtiments anciens furent plusieurs fois réparés entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, signe de leur vétusté. La tour fut restaurée en 1715, diverses chapelles en 1717, et la maison pastorale fit l’objet de nombreuses interventions. En 1783, le prieur d’Oignies demanda officiellement un nouvel emplacement pour reconstruire l’église et établir un cimetière, ce qui indique que l’édifice actuel repose sur des bases plus anciennes mais fut largement reconstruit à la fin du XVIIIe siècle[32].

La construction de la nouvelle église de Montigny rencontra une forte opposition seigneuriale. Le , le curé Debreucque fut envoyé à Liège pour obtenir la levée de ces protestations. Le projet ne fut toutefois réalisé qu’en 1789. Pour financer les travaux, le couvent d’Oignies contracta un emprunt de 15 000 florins auprès de la veuve Wauthier, commerçante namuroise, en garantissant le remboursement par la vente éventuelle d’une terre de vingt‑deux bonniers située sous l’église de Moignelée. La communauté locale contribua également en vendant des biens communaux afin de financer l’église et le presbytère. Une horloge existait déjà dans la tour de l’ancienne église, régulièrement entretenue, comme l’attestent les comptes de 1741[33].

Sous l’Ancien Régime, Montigny comptait peu de chapelles : la chapelle Sainte‑Barbe, disparue depuis le XIXe siècle ; une ancienne chapelle d’Aulne située rue du Marais[Note 5]; et la chapelle Notre‑Dame de Hal, édifiée au XVIIIe siècle sur l’actuelle place des Trieux et lieu de pèlerinage très fréquenté. Le Calvaire constitue le plus ancien monument religieux de Montigny. Classé par la Commission royale des Monuments, il se caractérise par un toit galbé d’inspiration mosane. Bien que parfois daté de 1750, des documents attestent son existence dès le début du XVIIIe siècle, voire à la fin du XVIIe siècle. L’édifice fut construit en deux phases : une crypte inférieure, puis une structure supérieure d’un style composite. Plusieurs traditions expliquent son origine, dont une légende liant sa construction à un pèlerin revenu de Terre sainte. La célébration de la messe au Calvaire nécessitait une autorisation épiscopale, ce qui motiva une démarche officielle en 1788. Aux XIXe et XXe siècles, le lieu resta associé à certaines cérémonies locales, notamment la procession Champeaux, instaurée en 1836[34].

L’abbaye de Soleilmont, traditionnellement datée de 1088 selon Grammaye, aurait d’abord consisté en un simple enclos. Une tradition locale rapporte que des dames de chevaliers partis avec Godefroid de Bouillon lors de la Première Croisade s’y seraient retirées pour assurer leur salut. Certaines rejoignirent leur foyer au retour des époux, tandis que d’autres demeurèrent sur place, constituant le premier noyau de la communauté féminine de Soleilmont. Les domaines de l’abbaye s’étendaient jusqu’à Montigny-sur-Sambre. Plusieurs repères anciens la chapelle Sainte-Barbe près de l’actuelle rue de l’Hospice, ainsi que des bornes proches de l’ancienne villa romaine et du Trieu-Kaisin auraient marqué les limites de ces possessions. L’abbaye percevait 21 rentes réparties entre Châtelet, Farciennes, Montigny-sur-Sambre, Leernes, Marcinelle, Monceau, Montigny-le-Tilleul et Roselies. Elles représentaient un total de 829 florins 5 sols 10 deniers en grains et 917 florins 11 sols 2 deniers en argent, provenant d’anciennes fondations ou de capitaux remboursés. Longtemps détentrice des terres locales, l’abbaye de Lobbes exerça un pouvoir spirituel et temporel durable. Les premières habitations se groupèrent autour du clocher, refuge naturel des populations. Le premier lieu de culte aurait été établi près de l’abbaye de Villé, avant un déplacement vers la vallée de la Sambre, à proximité du manoir seigneurial. Lors du partage des biens communautaires à la fin du Xe siècle, la cure de Montigny conserva une part jugée proportionnée à l’importance de la paroisse[35].

Montigny recevait régulièrement la visite de religieux missionnaires, prêcheurs et quêteurs. Les archives mentionnent, par exemple, en 1765, des dépenses pour chauffer des pères missionnaires, ou en 1713, l’arrivée de jésuites venant de Couillet. Ces prêtres, parfois sans rattachement diocésain, vivaient de leurs tournées, « vagants » et « pérégrinants », et fournirent au début de la Révolution française les desservants remplaçant les curés émigrés. Les franciscains du couvent Saint‑François de Farciennes exerçaient leur ministère dans un vaste territoire comprenant Châtelet, Fleurus, Fosses, Gerpinnes ou Fontaine‑l’Évêque. Leur « terminus castelensis » incluait notamment Montigny-sur-Sambre. Ils collectaient des dons en nature grains, légumes, lard, pain, foin et visitaient Montigny dès 1674. Deux gardiens du couvent étaient originaires de la localité : Jean Damascène Denisart (1673) et Onuphre de Limborgh (1787). Installés en 1667 dans la Basse-Ville de Charleroi, les capucins reçurent en 1670 un statut précisant leurs effectifs et missions. Leur district comprenait Montigny, où ils assuraient offices mensuels et fêtes mariales. Les récollets, quant à eux, administraient les sacrements, célébraient les messes quotidiennes notamment celle de 5 heures pour les ouvriers et enseignèrent au Collège des Humanités jusqu’à la Révolution[36].

Au début du XVIe siècle, les transformations apportées aux installations métallurgiques conduisent progressivement à l’apparition du haut fourneau. Parallèlement, les techniques de moulage se développent dans plusieurs centres, notamment à Marchiennes (1502), Montigny-le-Tilleul (1513), Bouffioulx (1538) et Bomerée (1612). De nouveaux établissements métallurgiques s’implantent ensuite dans la région, parmi lesquels Marcinelle (1612), Monceau-sur-Sambre (1621), Gerpinnes (1674) et Charleroi (1686)[37].

À la fin du XVIIe siècle, ces usines prennent une ampleur croissante. Certains fourneaux mobilisent près d’une centaine d’ouvriers, tandis que les forges peuvent traiter plusieurs millions de livres de fer par an. Vers 1750, une forge moyenne emploie une trentaine d’hommes et une fonderie une dizaine. La production du Hainaut demeure toutefois instable. Plusieurs établissements connaissent des périodes d’arrêt prolongé : un fourneau de Gougnies reste inactif depuis 1746, celui d’Acoz est hors service, et un autre à Gerpinnes est abandonné. Ces difficultés témoignent d’un secteur fragilisé. Lors du rattachement à la France, à la fin du XVIIIe siècle, l’activité métallurgique est globalement en déclin, malgré la demande en projectiles pour les armées républicaines. En 1794, la région ne compte plus que dix forges en activité, contre vingt et une à l’arrêt, notamment à Monceau, Bomerée, Thy-le-Château, Aiseau et Acoz[37].

Sous l’Ancien Régime, Montigny ne connut une véritable activité houillère que durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Quelques mines furent exploitées en société et équipées de machines, comme la Grande Machine du Trieu-Kaisin ou celles de la Petite Machine, de la Machine d’en bas et des cayats mécaniques. L’exploitation du charbon apparaît très tôt dans la région liégeoise : une chronique de 1195 mentionne déjà une « terre noire excellente pour le feu ». Dans notre région, le plus ancien document connu date de 1251, lorsqu’un accord entre l’abbé de Lobbes et l’évêque de Cambrai confirme l’existence de houillères à Gilly. Les veines appartenaient alors au seigneur, qui pouvait en concéder l’exploitation moyennant redevances[38].

À Montigny, l’extraction commença probablement en même temps qu’à Charnoy et Gilly. Le futur exploitant devait d’abord obtenir un congé de recherche, puis déclarer toute veine trouvée pour obtenir un congé d’extraction, valable pour une seule fosse. Les obligations étaient nombreuses : redevances, description des veines, remise d’outils en cas d’abandon, etc. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les seigneurs de Montigny notamment les comtes T’Serclaes de Tilly puis les comtes de Méan accordèrent plusieurs permissions d’exploiter, contre paiement annuel en argent. Malgré ces concessions, le développement de l’industrie charbonnière resta limité, freiné par les techniques primitives, les coûts, les transports difficiles et les lourdeurs administratives. Jusqu’en 1793, de nombreuses veines furent exploitées à Montigny. Parmi les plus importantes : Bonne Espérance, Ardinoise, Grand Mambour, Sablonnière, Pays de Liège, Poirier, Trieu-Kaisin, Vivier. D’autres, exploitées en sociétés, utilisaient le système du cayat et des galeries seuwées. Enfin, une multitude de petites veines ne furent ouvertes qu’en tranchée ou par de modestes puits[39].

À partir du XVIIIe siècle, des investisseurs aisés s’associèrent pour exploiter les fosses charbonnières, employant un nombre variable d’ouvriers. Sur la veine de Bonne Espérance, on comptait parfois moins de dix houilleurs, parfois plus de quarante. La houille n’était jamais stockée, de peur qu’elle ne perde de sa valeur. Les mineurs étaient mal payés entre 5 et 10 sols par jour et n’avaient aucune indemnité en cas d’accident. Certains, victimes du grisou, restaient des semaines sans salaire. Malgré cela, la production pouvait atteindre 14 à 15 000 livres de charbon par jour. Les puits, appelés cayats, étaient d’abord équipés de treuils manuels actionnés par des femmes, puis de systèmes à chevaux permettant d’extraire jusqu’à 40 000 kg par jour. L’un des grands défis restait l’évacuation des eaux, qui noyait régulièrement les mines. Des spécialistes comme Jacques de Neuville ou, plus tard, l’installation d’une machine à feu en 1725, permirent d’améliorer la situation[40].

Les catastrophes n’étaient pas rares. En 1760, une inondation à la fosse Sacré Madame fit sept victimes. Les mineurs attribuaient parfois ces drames à des « esprits » des galeries. Les guerres du XVIIe siècle aggravèrent encore les difficultés : plusieurs charbonnages furent détruits lors des sièges de Charleroi. Plus tard, les parçonniers de Montigny tentèrent d’obtenir des avantages douaniers pour vendre leur charbon vers Bruxelles et Anvers, mais se heurtèrent à l’opposition des houillères de Gilly et du procureur de Namur[41].

Époque contemporaine

La Révolution française de 1789 entraîna une transformation politique et sociale majeure. Les députés du Tiers État proclamèrent l’Assemblée nationale en juin 1789, affirmant la souveraineté du peuple face à l’autorité royale. Dans la nuit du , la Révolution sociale abolit les privilèges nobiliaires et ecclésiastiques. Dès 1790, plusieurs monarchies européennes, sous l’impulsion du roi de Prusse, formèrent une coalition destinée à restaurer le pouvoir de Louis XVI. En réponse, l’Assemblée législative déclara la guerre au roi de Hongrie et de Bohême le , ouvrant la voie à l’expansion militaire française et au rattachement progressif de territoires voisins, dont la région de Montigny. Au moment de la Révolution, Montigny souffrait d’une grave disette, aggravée par les barrières administratives entre provinces relevant pourtant du même souverain, Joseph II. Les démarches locales pour obtenir des grains à Charleroi ou auprès des États de Liège restèrent largement infructueuses[42].

La première invasion française de 1792–1793 s’inscrit dans le contexte des défaites initiales de la France, suivies de la victoire décisive de Valmy () et de la progression des armées révolutionnaires en Belgique. Charleroi fut occupée une première fois en novembre 1792, avant d’être reprise par les Autrichiens en mars 1793. Durant cette période, la Convention nationale supprima les anciennes autorités et imposa la création de municipalités provisoires élues. Certaines localités réclamèrent leur rattachement à la République. À Montigny, l’administration resta stable, mais les réquisitions militaires et les sièges successifs de Charleroi épuisèrent les finances communales, nécessitant emprunts et compensations judiciaires[43].

Au début de l’année 1794, dans le contexte des guerres révolutionnaires, les autorités autrichiennes entreprennent d’importants travaux de fortification à Charleroi, assistées par des troupes hollandaises. La population des villages voisins, dont Montigny, est largement réquisitionnée pour fournir matériaux, transports et main‑d’œuvre. Le , l’armée française du général Charbonnier ouvre les hostilités. Après trois jours d’assauts infructueux, les Français lèvent le siège le . Le lendemain, l’empereur François I d’Autriche entre dans Charleroi après avoir repoussé les troupes républicaines au‑delà de la Sambre. Durant cette période, les autorités impériales multiplient les réquisitions de vivres, de houille, de chevaux et de matériel. Les habitants des environs subissent de lourdes charges sans compensation, tandis que les prix des denrées, notamment des grains, augmentent fortement[44].

Le , les Français reprennent l’offensive, cette fois sous le commandement direct du général Jourdan. Après un bombardement intense et plusieurs tentatives de franchissement de la Sambre, les troupes républicaines réussissent finalement un assaut décisif le . La garnison autrichienne capitule, et les troupes hollandaises sont faites prisonnières. Les deux sièges causent d’importants dégâts : destructions dans la ville, incendies, effondrement partiel de l’église de la Ville‑Haute et ruine du faubourg. Les campagnes environnantes sont également touchées, aggravant la misère des habitants. Peu après ces événements, Charleroi passe durablement sous contrôle français[45].

La Révolution française de 1789 n’eut qu’un impact limité sur la vie économique de la commune. Ce phénomène s’explique par la différence de nature entre transformation politique et mutation économique : alors qu’un changement de régime peut s’opérer rapidement, une véritable révolution économique exige un long processus de préparation, incluant recherches techniques, expérimentations, accumulation de capitaux, mise en place d’infrastructures et adaptation progressive de la main-d’œuvre. Durant la brève période de domination française, ces conditions n’étaient ni réunies ni envisageables, d’autant que l’état des connaissances scientifiques ne permettait pas d’anticiper une transformation profonde des modes de production[46].

Entre 1793 et 1815, l’économie de Montigny demeura ainsi comparable à celle du dernier siècle du régime seigneurial. Une légère accélération de la production se manifesta toutefois au début du XIXe siècle, accompagnée de l’apparition encore timide de quelques machines. Malgré ces évolutions, la force motrice essentielle resta le cheval. Les données disponibles pour la période 1797‑1807 indiquent que la profession la plus répandue était celle de journalier, qui employait le plus grand nombre d’hommes et même de femmes. Elle était suivie par le métier de cloutier, dont les effectifs dépassaient largement ceux des houilleurs. Les marchands et les cultivateurs formaient également des groupes importants, chacun représentant environ la moitié du personnel des mines. On rencontrait en outre des voituriers, tonneliers, cordonniers, maçons, ainsi qu’un tamiseur, un rentier, un officier de santé et quatre tisserands. Ces derniers produisaient des étoffes grossières connues sous les noms de nivelles, musalaine, coatings et sayète. Aucune industrie métallurgique n’était encore implantée dans la commune ; les seuls travailleurs du fer étaient les cloutiers[46].

L’exploitation du charbon dans la région passa progressivement des veines à ciel ouvert aux cayats, puits verticaux profonds de 50 à 80 pieds. Le mineur y descendait dans un cuvat, tonneau manœuvré d’abord à la main par deux femmes, puis par des chevaux. L’introduction des machines à molettes permit d’augmenter fortement la production, malgré une grande pénibilité pour les animaux. Le transport du charbon était assuré par des voituriers appelés harniqueux, qui approvisionnaient les fermes du Brabant, du Namurois et les rivages sambriens. Aux XVIIIe et début XIXe siècles, les cayats se concentraient au Warmonceau, à la Neuville et au Roctiau. La famille Drion joua un rôle majeur : Adrien Drion contrôlait notamment les veines de Bonne Espérance, Clamenforge, l’Ardinoise et Catulat, ainsi que les charbonnages de Masse et Droit Jet. Une catastrophe en 1800 causa la mort de quatorze ouvriers. D’autres sociétés locales exploitèrent diverses veines, dont Gibraltar, Houppe en l’air, la Ronge, le Poirier, ou encore Grande Forêt, qui possédait son propre rivage sur la Sambre[47].

Sous le régime français, plusieurs sociétés demandèrent des concessions étendues. La plus importante fut Le Grand Mambourg-Sablonnière, dite Le Pays de Liège, fondée en 1771 et réorganisée en 1808. En 1814, elle installa une machine à vapeur de 50 chevaux, marquant l’entrée de la région dans l’ère industrielle. Le charbonnage de la Réunion au Warmonceau obtint une machine similaire en 1812. À côté de la houille, Montigny comptait diverses petites industries : la brasserie Vissoul (1763), le moulin Delwart, une forge de maréchal-ferrant, ainsi que de nombreuses boulangeries, dont le nombre passa de quatre à vingt-trois sous le régime français[48].

Les campagnes de 1812 et de 1813 marquent un tournant décisif dans les guerres napoléoniennes. La retraite de Russie, suivie des défaites en Allemagne, contraint les armées françaises à se replier vers le territoire national. Au début de 1814, les troupes alliées pénètrent dans les départements du Nord. Le , des unités cosaques s’emparent de la place forte de Charleroi. Au cours du mois de février, plusieurs corps d’armée russes commandés par les généraux Witzingerode, Zernitchev, Woronzoff et Stroganov traversent la région à marches forcées afin de rejoindre l’armée prussienne du feld-maréchal Blücher. Leur jonction contribue à la victoire alliée lors de la bataille de Laon (9‑), qui précipite la signature du Traité de Paris (). Celui-ci impose l’abdication de Napoléon et son exil à l’île d’Elbe[49].

Le retour de Napoléon de l’île d’Elbe, en mars 1815, interrompt les débats constitutionnels. Le , les avant‑postes prussiens stationnés dans la région de Charleroi sont attaqués dès l’aube par les troupes françaises. Les positions de Jamioulx sont détruites, et les forces prussiennes se replient vers les hauteurs de Gilly, probablement autour du Sart‑Allet, où le général Zieten établit une ligne défensive appuyée par l’artillerie. Napoléon traverse Charleroi dans l’après‑midi et se dirige vers Fleurus. Plusieurs charges de cavalerie française échouent à déloger les Prussiens. Selon la tradition locale, l’empereur aurait alors ordonné au général Letort de « balayer » la position ennemie. L’assaut permet de rompre la ligne prussienne, mais Letort est mortellement blessé. Les habitations situées le long de la route de Fleurus sont rapidement transformées en hôpitaux improvisés. Ces combats ne constituent que le prélude aux affrontements majeurs de la bataille de Ligny () et de Waterloo ()[50].

Après Waterloo, les armées alliées traversent de nouveau la région à partir du . De nombreux soldats français blessés tentent de regagner la France ; environ six cents d’entre eux meurent à Charleroi. À Montigny, quatorze bateaux transportant des invalides français et prussiens sont dirigés vers Namur. En août 1815, le VIe corps d’armée prussien, commandé par le général Tannenzien, est cantonné à Charleroi et dans les communes voisines. Il revient brièvement en janvier 1816, marquant le dernier passage de troupes étrangères dans la région. Après des années d’occupation, de réquisitions et de privations, la population retrouve enfin une relative tranquillité pour une période qui ne durera qu’une quinzaine d’années[51].

À la suite du Congrès de Vienne et du Traité de Paris en 1815, l'actuelle Belgique est rattachée à la Hollande[52]. À la suite du règlement administratif imposé par les autorités françaises puis maintenu sous le Royaume des Pays‑Bas, la commune de Montigny appliqua un système centralisé où les États‑Députés exerçaient un contrôle direct sur les nominations locales. Conseillers communaux : élus pour six ans et renouvelés par tiers tous les deux ans. La première élection eut lieu le . Échevins : désignés par les États‑Députés sur présentation du conseil communal. Mayeur : nommé par le roi sur proposition du ministre de l’Intérieur ; Charles Lefèvre fut désigné le . Fonctionnaires : le secrétaire communal (L. Vissoul, puis Libert Brieven en 1821) et le receveur (Bertrand Toussaint, remplacé par Jacques Renaudin) étaient nommés par les États‑Députés. Les administrateurs prêtaient serment de fidélité aux lois et s’engageaient à n’accepter aucun avantage matériel. Les fonctions étaient honorifiques, mais le mayeur et les échevins percevaient une rémunération supérieure à celle du secrétaire. Le premier tirage au sort des conseillers sortants eut lieu le . Un incident entoura la non‑représentation de l’échevin Vissoul, finalement rétabli comme candidat lors d’une seconde séance le . Les États‑Députés confirmèrent son mandat en mars 1822. Pour être électeur au district de Charleroi, il fallait acquitter 15 florins de contributions directes ; l’éligibilité exigeait 50 florins[53].

La période hollandaise fut marquée par une activité administrative limitée, en raison de la faible importance de la commune et de finances restreintes. Un dispositif royal imposait : l’alarme par la cloche de l’église, la mobilisation obligatoire des habitants de 16 à 60 ans, la réquisition des pompes à incendie à Charleroi, Gilly ou Châtelet, l’indemnisation des blessés et des familles de victimes. 1819 : perception d’une rente sur 44 habitants ayant bâti sur des terrains communaux. 1820 : affectation d’une indemnité provinciale (298,34 florins) à la restauration de l’église, malgré son origine liée au logement de troupes prussiennes en 1815. 1819‑1821 : projet de réfection du Calvaire et plantation d’une allée de peupliers d’Italie. Ces mesures illustrent la lenteur administrative de l’époque et les contraintes financières pesant sur la commune[54].

Au début du XIXe siècle, l’industrie du fer dans la région se limite essentiellement à la fabrication de clous. Cette activité connaît un certain essor en raison du développement d’autres secteurs, notamment les charbonnages. Les techniques de production restent traditionnelles et les salaires atteignent leur niveau le plus bas sous le régime hollandais, comme l’indiquent les comparaisons établies entre 1811 et 1821[55].

L’exploitation du charbon à ciel ouvert disparaît progressivement au profit de puits étroits appelés cayats, permettant d’atteindre des profondeurs de 40 à 50 pieds. Les concessions demeurent peu nombreuses et proviennent pour l’essentiel de périodes antérieures. Après l’épuisement des veines supérieures, les exploitants amorcent un mouvement de concentration capitaliste et sollicitent l’installation de machines à vapeur. La première machine à vapeur autorisée sous le régime hollandais est celle du Poirier, mise en service en 1824. Il s’agit d’un modèle à haute pression muni de deux chaudières cylindriques en fer laminé. Dans la plupart des charbonnages, à l’exception du Pays de Liège, l’extraction repose encore sur des machines à molettes et à tambours actionnées par des chevaux, permettant une production pouvant atteindre 40 tonnes par jour. Le métier de mineur demeure dangereux malgré la faible profondeur des fosses mécanisées. Un accident notable survient le , lorsqu’un mineur français, Félix Croquier, chute mortellement dans un puits d’environ cinquante aunes, malgré les tentatives de secours de jeunes hiercheurs[56].

Les exploitations minières sont majoritairement détenues par des parçonniers, souvent à l’origine de futures sociétés plus importantes. Toutefois, en l’espace de vingt-cinq ans, ces petits exploitants sont progressivement évincés par la concurrence des charbonnages industrialisés. Le mouvement de concentration, amorcé sous le régime français, se poursuit sous le régime hollandais, favorisé par l’amélioration des routes, la canalisation de la Sambre et le début du canal Charleroi‑Bruxelles. L’ouverture de la navigation sur la Sambre est inaugurée le par le roi Guillaume des Pays‑Bas, accueilli froidement par la population carolorégienne[57].

Éléments de la Porte de Waterloo ou de la Belle Alliance, ancienne porte de la fortification de Charleroi construite par les Hollandais en 1816. Éléments déplacés lors du démantèlement de la forteresse (1869-1872). Il est située rue Petite Aise.

La construction de la forteresse de Charleroi débuta le avec la pose de la première pierre à la porte de Waterloo. Les fortifications de la Ville Basse furent entamées le sous la direction du commandant du génie Orthuine. Conçue à une échelle quatre fois supérieure à l’ancienne enceinte, la nouvelle forteresse devait constituer l’une des positions militaires les plus puissantes d’Europe. L’ouvrage s’étendait largement sur le territoire voisin de Montignies‑sur‑Sambre, notamment vers les rues Spinois, Saint‑Charles et l’avenue Gilliaux. L’ensemble du site fut longtemps désigné localement sous le nom de Travaux. Bien que démantelées en 1868, les zones herbeuses issues des anciens talus restèrent familières jusqu’au début du XXe siècle et accueillirent notamment la l'Exposition de 1911. La porte de Waterloo fut démontée puis réinstallée dans une maison de la rue de la Petite Aise, où elle demeure visible actuellement[58].

Au début du XIXe siècle, la Sambre n’était pas correctement canalisée sur ses rives montagnardes, provoquant des inondations récurrentes. La commune subit plusieurs crues majeures, notamment en 1809 et durant les hivers 1816‑1819, décrites par la presse de l’époque comme de véritables catastrophes[59].

Sous le règne de Guillaume Ier, le mécontentement grandit en raison de politiques jugées défavorables aux populations belges : impôts sur la mouture et l’abattage, protection perçue comme excessive envers les protestants, abaissement des tarifs douaniers et obligation d’utiliser le néerlandais dans l’administration et l’enseignement. Malgré quelques assouplissements en 1829, l’impopularité du régime demeura. Lors de la Révolution belge de 1830, Montignies resta relativement calme, contrairement à Charleroi, où la présence de la forteresse entraîna un climat quasi militaire. De nombreuses familles se réfugièrent dans les communes rurales voisines. La situation se dénoua sans affrontements majeurs lorsque la garnison hollandaise quitta Charleroi discrètement, de nuit[60].

La Révolution belge de 1830 eut un impact limité mais réel à Montigny. Bien que le bourgmestre Dominique Vissoul ait affirmé en juin 1831 qu’aucun volontaire de la commune n’avait participé aux combats, plusieurs habitants reçurent officiellement la Croix commémorative des Volontaires de 1830. Parmi eux figuraient notamment Baudouin Bertinchamps, Pierre Derkinderen, Gustave et Léopold Fivé, André Hérard, Léopold Prévot, Napoléon Roisin et Théodore‑François Warnon. Plusieurs volontaires jouèrent un rôle actif dans les opérations militaires. Les frères Gustave et Léopold Fivé, régisseurs aux usines de Marcinelle, participèrent à la mobilisation des communes voisines contre les troupes hollandaises. Ils se distinguèrent lors des journées de septembre à Bruxelles, notamment lors de l’attaque du Parc, et furent promus officiers sur le champ de bataille. Léopold Fivé poursuivit sa carrière militaire jusqu’au grade de capitaine, tandis que Gustave termina comme lieutenant‑colonel et commandant de la place de Namur. La famille Prévot, originaire de Fleurus, fut également engagée. Léopold Prévot servit dans la compagnie de Fleurus, tandis que ses frères Léonard et Charles participèrent à plusieurs combats, dont Bruxelles, Lierre, Waelhem, Berchem et le siège d’Anvers. Charles Prévot resta dans l’armée jusqu’en 1849, quittant le service comme lieutenant au 4e régiment d’artillerie. Ces engagements montrent que, contrairement au rapport officiel de 1831, Montigny compta plusieurs volontaires ayant contribué de manière significative aux événements révolutionnaires[61].

Lors de l’indépendance de la Belgique, la localité est à l’aube d’une transformation économique majeure. Ce changement va profondément affecter la démographie, l’administration communale et l’aspect géographique de la région. En un siècle, Montigny perdra son caractère de commune agricole pour devenir un centre industriel de premier plan. Tant la surface que le sous-sol seront modifiés à tel point que l’apparence physique de la commune sera complètement transformée[62]. Montigny reste une commune à dominante agricole. Cependant, l'industrie ne tardera pas à s'étendre sur ses terres, s'y implantant sans scrupules[63]. L'industrie à Montignies commencera à se développer dès les premières années du régime belge[64]. L’industrie charbonnière a pris un tout nouveau tournant. Les exploitations sont devenues plus profondes et plus vastes. Avec la suppression des frontières des comtés, le marché s’est étendu à tout le territoire belge, rendant les frontières moins contraignantes. De nouvelles entreprises ont vu le jour, délaissant les petites veines au profit de projets plus ambitieux. Les exploitations familiales ont rapidement laissé place aux grandes compagnies minières, qui ont creusé plus profondément et exploité des veines plus larges, facilitant l’extraction grâce aux machines à vapeur. En 1866, les charbonnages ont émergé pour enrichir l’industrie de la région pendant près d’un siècle[65].

Au début du XIXe siècle, Montigny demeure une localité essentiellement rurale, dont plus de la moitié du territoire est consacrée à l’agriculture. Les terres labourées, prés, jachères et bruyères dominent un paysage dépourvu de bois, tandis que le réseau viaire se limite à quelques chemins de terre et sentiers. Face à l’absence d’infrastructures routières, l’administration communale adopte une politique financière fondée sur l’aliénation progressive du patrimoine foncier. Entre 1832 et 1839, de nombreuses ventes de terrains souvent de plusieurs dizaines de milliers de francs financent l’empierrement des voies existantes et la création de nouveaux axes. Ces travaux concernent notamment les routes vers Charleroi, Châtelet, Gilly, Châtelineau, Lodelinsart et Fleurus. La seconde moitié du XIXe siècle voit la poursuite de cet effort, stimulé par l’industrialisation. De nouvelles rues sont ouvertes ou améliorées, telles que la rue Brigade Piron (1885), la rue de la Cure (1888), le pavage de la rue Spinois (1893), la rue de la Paix (1895), la rue du Garde Barrière (1896), ainsi que la rue de la Place et la rue Bertinchamps (1898). Certaines liaisons, comme le chemin direct entre la place de la Neuville et le Résolu, ne seront toutefois réalisées qu’au début du XXe siècle[66].

La première grève documentée dans l’histoire locale remonte à l’année 1862. Le mouvement prit naissance au sein du charbonnage du Poirier, où les relations sociales étaient rendues difficiles par l’attitude du directeur, fréquemment critiqué pour son manque de tact et de sens psychologique dans la gestion du personnel. Alerté par l’ampleur inhabituelle du mouvement, le procureur du roi supposa que les ouvriers avaient été influencés par des agitateurs socialistes. Cette interprétation fut toutefois rapidement nuancée par l’enquête menée par le bourgmestre, dont l’intervention joua un rôle déterminant dans l’apaisement du conflit. Celui-ci servit d’intermédiaire entre les travailleurs et la direction, et transmit au procureur du roi les conclusions de ses investigations. Selon lui, la mobilisation des houilleurs ne résultait d’aucune influence extérieure, mais s’expliquait exclusivement par le mécontentement suscité par une modification envisagée dans le mode de paiement des quinzaines. La grève se conclut par la signature d’une convention prévoyant qu’aucune modification des taux de salaire ne pourrait être appliquée sans un préavis de quinze jours. Cet accord fut cependant de courte durée : en mars 1863, le directeur du charbonnage y mit fin unilatéralement, provoquant un nouveau conflit social[67].

La première grève insurrectionnelle du Pays Noir éclate le à Marchienne-au-Pont, à la suite d’une diminution des salaires dans les charbonnages. Le mouvement s’étend rapidement à Monceau, Dampremy et aux communes voisines. Les revendications portent notamment sur la baisse du prix de la farine, denrée essentielle pour les ouvriers. Le , des groupes de mineurs marchent sur le moulin de Marchiennes, incendié après des affrontements avec les forces de l’ordre. La troupe est déployée dans toute la région, mais la mobilisation se poursuit : Jumet, Roux, Lodelinsart et Gilly connaissent une grève générale. Le , le principal foyer d’agitation se situe aux Charbonnages de la Réunion, à Montigny-sur-Sambre. Des incidents éclatent autour du puits du Moulin à Vent, où des ouvriers menacent les installations. Les autorités locales et l’armée interviennent pour disperser les attroupements. Le mouvement décline progressivement : le , environ 1 100 mineurs restent en grève. Les arrestations se multiplient. En mars, les tribunaux de Charleroi jugent plusieurs dizaines d’ouvriers pour entrave au travail, violences et menaces. Les peines prononcées vont de huit jours à treize mois d’emprisonnement, le ministère public adoptant une ligne particulièrement sévère[68].

Les émeutes de 1868 dans le bassin industriel de Charleroi s’inscrivent dans un contexte de crise économique profonde. Malgré une production charbonnière abondante, la misère ouvrière s’accentue, aggravée par la réduction du temps de travail, la baisse des salaires et la hausse du prix des denrées. Les autorités locales signalent dès février 1868 un climat social tendu. Au début de mars, les salaires des mineurs atteignent des niveaux particulièrement bas pour des journées de douze heures. Le , l’annonce d’une nouvelle diminution salariale dans plusieurs charbonnages déclenche une série de grèves spontanées. Le mouvement commence au puits no 5 du charbonnage du Gouffre, où les ouvriers refusent de descendre au fond. L’intervention d’une patrouille de gendarmerie provoque un affrontement violent : plusieurs gendarmes sont blessés, dont le lieutenant De Hollin[69].

L’agitation s’étend rapidement à d’autres sites industriels. Des groupes de grévistes s’en prennent à plusieurs usines et charbonnages de Châtelineau, Châtelet, Montignies-sur-Sambre et Gilly, causant des dégradations matérielles importantes. Si la majorité des manifestants sont des ouvriers protestant contre la baisse des salaires, des individus extérieurs au mouvement profitent des troubles pour commettre des actes de vandalisme. Le point culminant survient à la fosse de l’Épine, à Montignies-sur-Sambre, où les forces de l’ordre affrontent les manifestants dans un épisode resté comme l’un des plus marquants de l’histoire sociale du Pays Noir. Cet événement, parfois appelé localement la « guerre de l’Épine », laisse une forte empreinte dans la mémoire collective régionale[70].

Les grèves minières qui éclatent dans le bassin de Charleroi entre 1872 et 1879 s’inscrivent dans un contexte de crise industrielle durable, marquée par la précarité des houilleurs et l’absence de mécanismes de médiation sociale. En janvier 1872, les mineurs du Pays de Charleroi rédigent pour la première fois un cahier de revendications adressé aux directions des charbonnages. Faute de réponse, environ 25 000 ouvriers cessent le travail. Après dix jours, les syndicats ne pouvant plus soutenir financièrement le mouvement, la reprise s’effectue sans concessions patronales[71].

En janvier 1875, une grève éclate à Bonne-Espérance et Sainte-Zoé, alimentée par des groupes venus de communes voisines. Des meetings ouvriers se tiennent à la Neuville, où sont réclamés un conseil de prud’hommes et une régulation des conflits sociaux. Le mouvement s’étend brièvement au Pays de Liège avant de s’éteindre. Face à la misère croissante, le conseil communal organise une tombola de secours et lance des travaux de voirie pour fournir du travail. Une pétition demande également la démolition de la forteresse séparant Charleroi de la Neuville et la construction de casernes. En 1879, les ouvriers de plusieurs charbonnages (Trieu-Kaisin, Bonne-Espérance, Saint-André, Moulin de la Réunion) se mettent en grève pour obtenir une augmentation des salaires, jugés insuffisants au point que certains travailleurs « mangent des betteraves », selon un rapport officiel. Le bourgmestre Piérard souligne la gravité de la crise et préconise : l’instruction des travailleurs, l’achèvement des casernes, la création d’un conseil de prud’hommes et l’interdiction du travail des femmes dans les mines. Des incidents ponctuels surviennent : plusieurs mineurs (Polomé, Feron, Gérard Sylvain, Eugène) sont condamnés pour entrave à la liberté du travail[72].

L’éclairage public de la commune ne se développe réellement qu’à partir de la fin du XIXe siècle. Avant 1870, il n’existe pratiquement aucun dispositif, hormis quelques droits de chausséage sur les routes. En 1871, une première concession exclusive pour l’éclairage au gaz est accordée à la Compagnie Générale pour l’Éclairage et le Chauffage par le Gaz (Bruxelles), mais la commune ne s’engage pas à installer des réverbères et le projet reste sans suite. En 1877, Montigny est la seule commune du bassin de Charleroi dépourvue d’éclairage au gaz. Une nouvelle concession est alors confiée à l’ingénieur Groechen, mais les travaux accumulent retards et manquements. Après une action en justice, la concession est révoquée en 1881[73].

La même année, la commune confie l’éclairage à Lesage, qui installe environ 300 lanternes, mises en service dès 1882. Une extension devient nécessaire en 1892 : 77 lampes à pétrole sont ajoutées, exploitées par adjudication. Les plaintes pour défaut d’éclairage se multiplient dans les années 1890, notamment dans les hameaux. L’éclairage électrique n’est introduit qu’au début du XXe siècle. En 1914, son coût reste élevé et peu de foyers sont raccordés. La Première Guerre mondiale accélère toutefois son adoption : la pénurie de pétrole entraîne une multiplication des raccordements forfaitaires, favorisant la généralisation de l’électricité dans la commune[74]. En 1874, Gilles et Gonzée obtiennent la concession d’un tramway à traction animale reliant la place du Village à Charleroi. La redevance due à la ville augmente progressivement, passant de 100 à 500 francs par kilomètre entre la 3e et la 35e année. Le tram circule aussi vers Warmonceau. En 1884, la Société des Chemins de Fer Vicinaux Belges demande à remplacer la traction animale par la traction mécanique, mais la demande est refusée. En 1892, la même requête est acceptée provisoirement pour la ligne des Jésuites. Les tramways à vapeur fonctionnent jusqu’en 1902 : lents, poussiéreux et fumants, ils disparaissent sans regret, d’autant que les tarifs deviennent plus avantageux[75].

La châsse de saint Valentin de Terni. Cette œuvre en laiton est de style néogothique. Elle mesure 160 cm de haut, 90 cm de large et 60 cm de profondeur.

En 1874, sous le ministère du curé Chapuis, la paroisse de Montignies-sur-Sambre reçut du pape Pie IX les reliques de saint Valentin, martyr des catacombes. Ce don récompensait le renouveau religieux observé dans cette communauté industrielle. La translation du corps eut lieu le et donna lieu à d’importantes célébrations publiques, malgré un temps pluvieux. La commune fut décorée pour l’occasion, un arc de triomphe fut érigé près d’une usine, et une grand-messe rassembla une foule considérable. Des pèlerins affluèrent de tout le bassin de Charleroi et du Hainaut ; on dénombra environ 250 groupes, dont un contingent notable de Soignies comptant près de 600 participants[76].

Le , plusieurs centaines d’habitants de la Neuville adressèrent une requête au Ministre de l’Intérieur afin d’être détachés du Centre. Pour défendre leur position, ils avancèrent plusieurs arguments qu’ils estimaient décisifs. Ils soulignaient d’abord la situation topographique particulière du hameau, son importance croissante, ainsi que le peu de liens qu’il entretenait avec le reste de la commune. Ils évoquaient aussi l’absence de véritable entente pour ne pas dire davantage entre les habitants des deux parties de Montigny. Selon eux, même la langue et le caractère différaient sensiblement, autant d’éléments qui plaidaient pour une séparation que, affirmaient ils, « la nature elle-même avait tracée ». La Neuville, installée sur une vaste colline, formait alors un ensemble de près de douze cents maisons. Les bureaux de l’administration communale, tout comme l’église, se trouvaient à l’extrémité du village proprement dit, à une distance variant entre trois kilomètres et demi et quatre kilomètres de la Neuville[77].

Le Monument au travail par Georges Wasterlain (1930). Parti subsistante. La sculpture était placée sur un socle avec la dédicace.

Le , la grève générale qui touche le Pays Noir atteint son paroxysme. Dès la veille, une grande partie des charbonnages dont Trieu-Kaisin, Sébastopol, le Gouffre à Châtelineau, Noël Sart-Culpart à Gilly, Bois Communal à Fleurus, Fiestaux à Couillet ou encore les puits du Poirier et de la Duchère à Montignies sont à l’arrêt total ou partiel. Les usines métallurgiques et plusieurs verreries demeurent les seules activités encore en fonctionnement. Face à l’extension du mouvement, d’importants dispositifs militaires sont déployés à Charleroi et dans les communes voisines : chasseurs, artilleurs, gendarmes et renforts annoncés depuis Tournai et Anvers. Malgré cette présence, les cortèges de grévistes se forment dès le matin, notamment aux Quatre-Bras de Gilly, où convergent des groupes armés de gourdins et de haches. Les manifestants imposent l’arrêt du travail dans plusieurs établissements : Gazomètre, ateliers Libotte, chaudronnerie Frère, verrerie Brasseur, puis les charbonnages du Mambourg et du Grand Mambourg. Une seconde bande agit simultanément à Montignies-sur-Sambre, où le charbonnage de l’Épine est envahi, pillé et partiellement saboté. Dans d’autres fosses Saint-Charles, Saint-André, Saint-Louis, Sainte-Célénie[Note 6], les mineurs refusent de descendre et réclament des améliorations salariales et horaires. Malgré la présence des forces de l’ordre, les ouvriers rejoignent massivement le mouvement. La tension croissante annonce les affrontements meurtriers qui marqueront cette journée[78].

À Montigny, lors des troubles sociaux, des émeutiers forcèrent successivement les grilles des usines Delloye puis celles du Marais. Dans cette dernière, l’irruption dans le laminoir provoqua la réaction des machinistes, qui libérèrent de la vapeur afin de disperser les intrus. Effrayés, les grévistes se replièrent vers Châtelet. Le , le conseil communal fut réuni d’urgence. Le bourgmestre, Jacques Piérard, y présenta un rapport sur les mesures prises pour maintenir l’ordre : demandes de renforts militaires, organisation de patrouilles nocturnes, fermeture des cabarets et gestion de l’éclairage public. Malgré de nombreux télégrammes adressés aux autorités civiles et militaires, il ne reçut aucune réponse. Le bourgmestre dénonça également l’absence de troupes au début de la grève, laissant isolés plusieurs établissements industriels, dont les laminoirs Delloye et ceux du Marais. Le conseil, après consultation des directeurs d’usines, conclut que la reprise du travail dépendrait du rétablissement complet de la sécurité[79]. Au début du XXe siècle, la commune de Montignies fut lourdement affectée par plusieurs condamnations judiciaires liées aux troubles sociaux de 1886. Le , le conseil communal sollicita l’aide de l’État, estimant que les contribuables locaux avaient dû supporter plus de 250 000 francs de charges, en application de la loi de Vendémiaire, alors que les habitants condamnés n’avaient joué qu’un rôle mineur dans les faits reprochés[80].

Le monument aux mort de la guerre.

Le , le 19e division d'Infanterie de Réserve de l'armée impériale allemande passa par les armes 35 civils et détruisit 103 maisons lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion[81]. Des civils furent utilisés comme boucliers humains. Des personnes furent placées sur le pont de la Sambre pour qu'on ne le fasse pas exploser; d'autres durent progresser devant les troupes allemandes en direction de Nalinnes. L'hôpital Sainte-Thérèse échappa de peu à l'incendie. Le 10 et le , Montignies fut soumis à des bombardements par aéroplanes. Le , les Anglais arrivèrent dans la ville.

Ce jour-là le 22 août, les Allemands entrent à Montignies vers midi. Mais la bataille fait rage à Loverval et les troupes sont bloquées tout le long de la chaussée de Gilly, actuellement avenue du Centenaire. Les habitants viennent voir les soldats. Le stationnement des troupes allemandes se passe bien jusque vers 17 heures lorsque les envahisseurs se mettent à tirer brusquement sur les civils, sans aucune raison apparente[82]. Un habitant parle de cette anecdote, qui a particulièrement changé et bouleversé à jamais la ville de Montignies sur Sambre : C’est ma cousine A.F, la nièce de Mathilde Piérard, qui m’a expliqué la raison de ce changement. L’homme à tout faire de Tante Mathilde était monté au grenier avec des jumelles pour regarder par la tabatière le déroulement de la bataille de Loverval. Là-bas, un officier a vu un éclair dans la tabatière et est redescendu vers Montignies pour dire au Major allemand que des francs-tireurs se trouvaient dans cette maison, il s’agissait en fait du reflet du soleil sur les jumelles ! Le Major a ordonné la fouille de la maison. Ne trouvant aucune arme, il a fait incendier la maison vers 18 heures et l’homme à tout faire a été battu à mort pour avouer. Quant à Mathilde et sa servante, elles ont été amenées devant la gare, pour assister à l’incendie de leur maison. Les otages ont été aussi regroupés depuis la place communale où ils avaient été parqués. Aucune arme trouvées par l'ennemi, les frères sont amenés devant la gare[83]. Furieux, les allemands ont continué à brûler les maisons jusque sur la place communale. Ensuite, les otages, parmi lesquels Tante Mathilde, sa servante et les frères, les hommes ont été amenés sur les ponts de la Sambre et les femmes sur le déversoir, où ils ont passé toute la nuit dans l’humidité (pluie ou brouillard, selon les témoignages). Là, ils ont vu, à l’aller et au retour, le bourgmestre de Charleroi, Émile Devreux, qui se rendait en voiture au château de Parentville pour signer les accords de Couillet[84],[85]. Après la guerre 1914-1918, l'industrie se développe rapidement. La population s'accroît et atteint, selon les chiffres de l'état-civil 26 244 habitants en 1930.

Pendant l'entre deux guerre, de nombreuses grèves ont eu lieu dans la commune notamment la grève de 1925 déclarée dans les usines métallurgiques et dans la construction mécanique. En 1925, les usines de Sambre‑et‑Moselle sont au centre d’un conflit social majeur. Les 3 100 ouvriers cessent le travail, rejoints par l’ensemble du secteur sidérurgique régional. Malgré des collectes de soutien modestes et plusieurs référendums internes, la grève se prolonge : les métallurgistes refusent une baisse salariale alors que l’indexation progresse, tandis que le patronat réclame des réductions allant jusqu’à 12,5 %. Le mouvement devient l’un des plus longs de l’histoire sociale belge, durant près de neuf mois. À son terme, de nombreux ouvriers de Montignies-sur-Sambre doivent émigrer vers la France faute de réemploi local. À Sambre‑et‑Moselle, le conflit se prolonge encore en raison de l’intransigeance du directeur‑gérant, Servais. Pour briser la grève, la direction recrute massivement de la main‑d’œuvre flamande, provoquant l’arrivée d’environ 4 500 travailleurs. Le Broederbond tente alors d’organiser ce groupe afin d’éviter son assimilation au milieu wallon, en créant cercles culturels, services religieux et structures d’entraide. Ces efforts restent toutefois sans effet durable : la crise économique et les contacts quotidiens entraînent une intégration progressive. La grève laisse une profonde amertume parmi les ouvriers. La figure de Servais cristallise le ressentiment, au point qu’en 1931 un chômeur tente de l’assassiner, sans succès[86].

En 1936, la Belgique décide de redevenir neutre. De plus, cette même année, les Allemands annulent le traité qu’ils avaient signé après la guerre 14-18, en amenant des troupes de ce côté-ci du Rhin. La Belgique se défend seule alors que la guerre menace. Il est donc décidé d’augmenter les effectifs de l’Armée. Mais les casernes sont trop petites pour accueillir tous ces soldats. On décide donc, toujours en 1936, d’agrandir la caserne Trésignies de Charleroi. Mais les soldats affluent et l’extension est seulement en travaux. Les miliciens devront donc faire leur service militaire à la caserne de Montignies-Neuville. L’ancienne verrerie Fourcault est aménagée à la hâte et dès , les premiers miliciens y sont casernés. Parmi eux, le futur Premier Ministre Edmond Leburton, qui fera son service militaire jusqu'au . Les nouveaux bâtiments de la caserne Trésignies seront inaugurés par les Allemands. Quant à la caserne de Montignies, elle servira de dépôt à l’armée allemande. Puis, après des fortunes diverses, elle servira de dépôt à Courthéoux, puis à Delfood. C’est là qu’ont été amenées toutes les cloches d’églises réquisitionnées pour en faire des canons. Ensuite, elles ont été chargées sur un train qui a passé la nuit à la gare de Montignies (actuel Carrefour). Là, les résistants ont creusé des tranchées de chaque côté du train et y ont caché les cloches. Après la guerre, toutes les cloches ont retrouvé leur clocher, sauf celle de Gilly-Haies qui s’est cassée dans la manœuvre[87].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune de Montignies-sur-Sambre perdit l'autonomie et incorporée dans la nouvelle entité du « Grand Charleroi », de 1942 à 1944. La commune fut alors partie du District I aussi appelé District de Charleroi[88].

Montignies fut l’une des communes de la région les plus touchées par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ces attaques, qui s’inscrivaient dans une stratégie militaire de long terme encore mal documentée, provoquèrent d’importantes pertes humaines et matérielles. Elles accentuèrent également le déclin démographique amorcé depuis les années 1930, ramenant la population à un niveau proche de celui de 1914. Les premières bombes tombèrent à la mi‑mai 1940. Probablement larguées par des appareils alliés confrontés à des problèmes techniques, elles frappèrent sans objectif militaire précis. Des explosions eurent lieu près de la place Piret, causant plusieurs blessés et la mort d’une femme, ainsi qu’au carrefour des rues Jean Jaurès et des Trieux. Les dégâts restèrent limités, mais un atelier de menuiserie situé rue Saint‑Charles fut entièrement détruit par un incendie consécutif au bombardement[89].

En 1944, les forces aériennes alliées bombardèrent la gare de triage et le pont de Sambre, entraînant malheureusement d'importants dégâts collatéraux entre le 2 avril et le 31 mai. Plus de 200 personnes perdirent la vie, plus de 400 maisons furent détruites, et l'église Saint-Rémy subit de lourds dommages. Le 23 décembre, une bombe V1 explosa dans la rue de la Pensée[90].

Montignies fut libéré le . La commune, située hors des axes stratégiques majeurs, ne connut que des opérations militaires limitées lors de la retraite allemande. Les groupes de résistance locaux, faiblement armés et organisés, jouèrent néanmoins un rôle actif dans la sécurisation du territoire. Plusieurs unités patriotiques se mobilisèrent pour empêcher la fuite des collaborateurs, protéger les dépôts stratégiques (notamment sucre et carburant) et établir des liaisons avec les forces alliées. Le groupe de la Neuville mena l’une des premières actions en s’emparant d’armes à la caserne de gendarmerie et en affrontant des blindés allemands, parvenant à en neutraliser un et à capturer plusieurs soldats. D’autres engagements eurent lieu sur la route de Châtelet, à Farciennes et au pont du Vieux Campinaire, où les résistants participèrent à des combats contre les arrière-gardes allemandes, causant plusieurs pertes à l’ennemi malgré leur équipement limité. Plusieurs volontaires furent blessés, dont Léopold Ferbert, grièvement atteint. L’arrivée des troupes américaines mit fin aux derniers affrontements dans le quartier de la Neuville et confirma la libération définitive de Montignies[91].

En 1959, un centre de Traumatologie est inauguré à la rue du Centenaire[92] qui deviendra l'hôpital Reine Fabiola jusqu'en 2024. Quant à l'hôpital Sainte-Thérèse, il fut crée en 1903 par l'abbé Cyrille De Becker qui déplorait l'absence d'un hôpital dans sa paroisse. Il fit appel à des congrégations religieuses dont les Sœurs de Saint-François Régis de Paris et à la Congrégation des Filles de la Sagesse sous les conseilles de la Comtesse de Mérode. L'institut Sainte-Thérèse se voit confier par le Charbonnage du Poirier le soin de ses blessés. En 1933, une propriété est acquis et deviendra l'Hospice des Vieillards dénommé « La Providence »[Note 7] dont les pensionnaires y sont installés l'année suivante[93]. L'hôpital continua de fonctionné jusqu'en 2024 à la suite de l'ouverture du nouvel hôpital des Viviers à Gilly.

À la fin des années 1950, la concurrence des charbons étrangers et des autres formes d'énergie (pétrole, gaz naturel) amène la fermeture des charbonnages : Saint-André en 1957, Saint-Charles en 1958, la Duchère en 1965. Dix ans plus tard, c'est l'industrie sidérurgique qui est frappée. Le , en raison de la loi sur la fusion des communes, Montignies-sur-Sambre est intégrée dans la Ville de Charleroi dont le dernier bourgmestre été André Poffé.

Armoiries

Blason de Montignies-sur-Sambre. Ce sont les armes de la famille t'Serclaes de Tilly[94].
Blasonnement : De gueules au lion d'argent armé, lampassé et couronné d'or, à la queue fourchue, chargé sur l'épaule gauche d'un écusson d'or au chef échiqueté d'argent et de sable de deux tires qui est Bygaerden[95].



Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Liste des bourgmestres de Montignies-sur-Sambre de l'indépendance belge à 1866[96]:

  • Dominique Vissoul, de 1830 à 1836 (unioniste).
  • Dr Jean-Pierre Lefèvre, de 1836 à 1858 (tendance catholique).
  • Ferdinand Andris-Drion, de 1858 à 1866 (tendance catholique).

Liste des bourgmestres de Montignies-sur-Sambre de 1866 jusqu’à la fusion de la commune à Charleroi en 1976[Note 8] :

  • Jacques Piérard, de 1866 à 1889 (Parti libéral).
  • Dr Lambert Piret, de 1890 à 1891 (Parti libéral).
  • Alfred Magonette, de 1892 à 1895 (Parti libéral).
  • Joseph Marlier, 1896 (Parti libéral).
  • Dr Émile Dutrieux, de 1896 à 1912 (Parti catholique).
  • Dr Camille Hilson, de 1913 à 1920 (Parti libéral).
  • Romain Henry, de 1921 à 1925 (POB).
  • Edmond Yernaux, de 1926 à 1970 (POB-PSB).
  • André Poffé, de 1970 à 1976 (PSB).

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural

La chapelle du Calvaire.
  • La chapelle du Calvaire, place Albert Ier. Le Calvaire de Montigny est l’un des monuments religieux les plus anciens et emblématiques du village. Bien que longtemps daté de 1750, des archives prouvent son existence dès le début du XVIIIe siècle, voire du XVIIe siècle. Il a été construit en deux phases : d’abord la crypte, puis la partie supérieure, ce qui explique son style particulier. Deux légendes entourent son origine : l’une évoque un vœu pieux lié à un miracle, l’autre raconte qu’un habitant revenu de Terre Sainte aurait voulu reproduire le tombeau du Christ. Le Calvaire servait occasionnellement à la célébration de messes, mais uniquement avec l’autorisation de l’évêque. Plus tard, il devint un lieu de passage pour certaines processions locales, notamment celle de Champeaux, instaurée en 1836[34]. Il a été classée en 1952[97].
  • L'église Saint-Remy.
    L'église Saint-Remy, attestée avant le XVe siècle, servait une paroisse longtemps dépendante d’un doyenné voisin. Dès le XVIIe siècle, la communauté se développe : une école et une cour de justice existent en 1650, et un vicaire assiste le curé au début du XVIIIe siècle. L’édifice ancien devient vétuste, entraînant de nombreuses réparations. En 1783, l’accroissement de la population conduit les autorités diocésaines à ordonner la construction d’une nouvelle église sur un autre emplacement, probablement celui de l’édifice actuel. L’église primitive se situait sans doute près de la place du Blot, premier noyau du village. Le projet rencontre l’opposition des seigneurs, encore active en 1788[98][99]. Lors du bombardement de mai 1944, l'église a été sévèrement touchée[100] et en 1963, l'église a été restaurée[101]. À côté se trouvent encore des tombes du premier cimetière qui servit jusqu'en 1845. Elle conserve quelques ossements de saint Valentin. Ceux-ci furent offerts par le pape Pie IX en 1874 en remerciement du soutien des habitants lorsqu'il se trouva confiné au Vatican en 1870[102].
  • L'église Saint-Pierre à la Neuville.
    La maison Charlier située rue Jean Jaurès.
    La maison communale, place Albert Ier. La première Maison Communale fut installée en 1833 dans une maison privée, achetée par la Commune. En 1856, une nouvelle Maison Communale fut construite au bas de la Place, mais elle devint vite trop petite. Vers 1908, un projet de nouvel Hôtel de Ville suscita une forte opposition, certains le jugeant trop grand et coûteux. Malgré cela, les travaux furent lancés en 1910 pour 145 179 francs, confiés aux entrepreneurs Bary et Hans, sur plans de l’architecte Guianotte, dont l’œuvre fut saluée pour sa qualité malgré des moyens financiers limités[103][104].
  • La porte de Waterloo ou de la Belle Alliance, rue Petite Aise no 33. Éléments d'une ancienne porte des fortifications de Charleroi construites par les Hollandais en 1816. Pièces déplacées lors du démantèlement de la forteresse (1869-1872). Monument classé depuis 1985[105],[106].
  • L'église Saint-Pierre. En 1874, les habitants du hameau de la Neuville adressent au conseil communal une pétition réclamant la construction d’une église, invoquant l’éloignement des lieux de culte pour les cérémonies religieuses et les obligations paroissiales. Une commission communale est constituée en 1875 pour étudier la question. Trois projets sont examinés en 1876 : la transformation de l’église des Récollets en paroisse, la construction d’un édifice au Bodat sur terrain communal, et l’acquisition d’un terrain appartenant à Camille Mineur. Malgré son coût élevé, le conseil opte pour cette dernière solution, jugée plus avantageuse à long terme grâce à la revente de parcelles et à l’aménagement d’une place publique. L’autorisation royale de bâtir est finalement délivrée le 23 février 1880, alors que l’église est déjà achevée[107]. Cette église fut construite par Auguste Quinet en 1880 en style néo-roman[108]. Elle se situe place Émile Vandervelde.
  • L'église Notre-Dame de Lourdes, édifiée en 1914 en style néo-gothique par l'architecte Hector Leborgne[109]. Elle se situe à la rue Brigade Piron.
  • La Résidence Champeaux, anciens bureaux de la société Sambre et Moselle transformés en habitations sociales.
    Le couvent des Pères franciscains et l'église Saint-François. Après la Révolution française, les institutions monastiques ayant été détruites, les Franciscains ne purent se réinstaller qu’en 1833. Sur les conseils de l’évêque de Tournai, Labis, ils choisirent de s’établir dans le quartier de La Neuville, au cœur du bassin industriel de Charleroi. Ils y trouvèrent le Château de Bonne-Espérance, anciennement propriété de la famille Drion, puis acquis en 1842 pour y fonder le collège Sainte-Barbe, qui ne dura que trois ans. En 1851, le supérieur provincial franciscain acheta le château. Le , la première messe y fut célébrée, marquant la fondation du couvent Saint-François. La chapelle étant trop petite, la construction d’une grande église fut décidée en 1855, et la première pierre fut posée en 1858 par Labis[110][111]. L'église ne possède pas de clocher comme les autres, il y a un clocheton avec une flèche sur le toit. L'édifice possède un mobilier néo-gothique dans le chœur.[112]
  • Les anciens bureaux de Sambre et Moselle, édifié au 1er quart du XXe siècle[113].
  • Les châteaux d'eau de Montignies-sur-Sambre, construits en 1946 et l'ancien en 1904[111].

Culture

Le folklore

  • Les processions : quatre processions se déroulaient chaque année. Il y avait : la procession de la Fête-Dieu (passait par la chapelle des Trieux), la procession Champeaux (date de 1836, faisait une halte au Calvaire et subsista jusqu'en 1967), la procession du (disparue en 1951), la procession du Roctiau (passait par la ducasse du quartier).
  • La Saint-Éloy : fête des métallurgistes. Fêté le 1er décembre.
  • La Sainte-Barbe : fête des mineurs. Fêtée le avec grandes libations.

Enseignement

Montignies-sur-Sambre abrite l'une des deux implantations de l'UCLouvain Charleroi, un des sites de l'Université catholique de Louvain. Y sont donnés des formations de la Louvain School of Management[114]. Situé rue Trieu Kaisin[115], le campus est partagé avec le site Sainte-Thérèse de l'Institut d'Enseignement secondaire complémentaire catholique (Haute école Louvain en Hainaut). L'école secondaire « Le Soleil Levant », rue Grimard. Institut Saint-Valentin, rue Saint-Valentin.

Ecoles primaires et maternelles

Ecole Saint-Pierre[116], école de la Neuville, école des Cités[117], école de la Solidarité, école de la Duchère, école du Roctiau et école de la Vieille Place.

Lieux publics

Parc

Place Albert 1er. La place fut rénovée en 2023 dans le cadre du « Plan Places » de Charleroi, vise à transformer cet espace en un lieu de détente verdoyant et convivial[118].

Cimetières

Cimetière du centre, créé en 1849[38], rue du Cimetière à proximité de l'église Saint-Rémy[Note 9]. Cimetière de la Neuville, créé en 1879[119], rue du Wé.

Économie

Tissu économique actuel

La zone commerciale qui relie l'avenue du Centenaire à la rue Saint-Valentin avec la future station Centenaire du métro léger de Charleroi en cours de construction en 2026.

Au niveau entreprises, il y a à Montignies-sur-Sambre deux zonings notamment celui installé à l'est à la limite avec Châtelineau comprenant divers entreprises et celui en cours de développement le long de la Sambre à la limite avec Couillet.

Le complexe cinématographique Pathé construit sur Charleroi et Montignies.

Au niveau commerce, ont trouve notamment dans la localité divers commerces de proximités. Outre ces commerce ont trouve aussi de grands surface notamment le magasin de jardinage Tournesols à la limite avec Châtelineau. On note notamment la présence au nord dans le quartier de la Neuville, une zone de grandes surfaces le long de la route de la Basse-Sambre. On note notamment la présence de deux centre commerciaux à la limite de Montignies-sur-Sambre notamment le centre commerciale Ville 2 se trouvent à cheval sur Charleroi dans le quartier du Faubourg et sur Montignies ainsi que le complexe cinématographique Pathé et du côté est le centre commerciale Shopping Cora qui se trouve sur Châtelineau. Un marché hebdomadaire se déroule chaque vendredi matin sur la place Albert 1er[120].

Industries de l'époque à Montignies

Clouteries

La clouterie, avant l’ère industrielle, relevait de l’artisanat domestique. Son développement dans la région de Montigny-sur-Sambre est attesté dès le XVIe siècle, parallèlement à l’usage croissant de la houille. Des transactions importantes de fer sont documentées dès 1547 et 1591, indiquant une activité déjà structurée. Le système reposait sur une relation coutumière entre patrons et ouvriers.

  • Le patron fournissait aux cloutiers des verges de fer de diverses sections, livrées en bottes de 50 livres.
  • L’ouvrier fabriquait les clous à domicile, souvent avec l’aide de sa famille.
  • À la « relivrance », le patron payait un double salaire, dit « fer et façon », tenant compte de la perte de matière due au forgeage.
  • Si l’ouvrier réduisait cette perte en travaillant à plus basse température, il obtenait un « salaire-fer » supplémentaire[121].

L’essor de l’industrie de la clouterie dans la région de Charleroi trouve ses origines dans les mesures économiques adoptées sous le règne de Louis XIV. En 1668, alors que le souverain français est maître de la ville, il accorde aux nouveaux habitants une exemption générale de droits d’entrée et de sortie sur toutes marchandises. Cette politique favorable au commerce ne semble toutefois pas avoir été maintenue après le retour de l’autorité espagnole. La jurisprudence d’Ancien Régime considérait que le fer fourni restait la propriété du patron, l’ouvrier ne pouvant en disposer librement. Des formes de patronat sont attestées dans la région dès le XVe siècle, mais à Montigny, les premiers maîtres cloutiers identifiés datent du XVIIIe siècle. Joseph Thibaut, établi en 1752, puis installé à Charleroi en 1762, devint avec André Joseph Drion l’un des principaux fabricants locaux. Les échanges étaient soumis à des droits d’entrée, notamment pour les clous provenant de Montigny vers Charleroi. Des mesures ponctuelles, comme les octrois accordés en 1774 par Marie‑Thérèse, permettaient toutefois aux cloutiers de plusieurs localités (Fontaine, Courcelles, Gosselies, Souvret, Montigny…) de s’approvisionner en fer à Charleroi sans taxes. Les maîtres cloutiers de Charleroi tentèrent parfois de limiter l’installation de nouveaux ateliers, suscitant des oppositions, notamment de la part des cloutiers du pays de Namur. Les enclaves liégeoises conservaient un avantage pour les petits clous, exemptés de droits, ce qui maintenait leur activité[122].

En 1686, un certain Dorbay obtient un octroi l’autorisant à exporter de Charleroi des verges de fer exemptes de droits vers le pays de Liège, où elles devaient être transformées en clous de diverses dimensions. Ces produits manufacturés pouvaient ensuite être réintroduits librement dans la ville. À partir de 1742, les fers provenant de la Principauté de Liège bénéficient également d’une entrée en franchise[123].

Cette organisation reflète une répartition professionnelle spécifique[123]:

  • les ouvriers soumis à la couronne fabriquent principalement les grands clous,
  • tandis que les artisans liégeois, réputés pour leur habileté, se spécialisent dans les petits clous, dont la fabrication est plus délicate.

La compétence reconnue de la main-d’œuvre liégeoise explique que le pouvoir impérial n’ait jamais imposé une fermeture complète de Charleroi aux travailleurs montagnards[123].

Vers 1760, le Conseil des Finances restreint l’octroi des licences d’exportation des verges et d’importation des clous. Désormais, ces autorisations ne concernent plus que la fabrication de petits clous, à partir du numéro 7 inclus. Les mouvements de marchandises sont alors soumis à un contrôle douanier particulièrement strict. Une enquête menée en 1738 sur ordre de Marie-Élisabeth, gouvernante des Pays-Bas, fournit un aperçu de l’activité cloutière dans la région. À Gilly, on dénombre alors six maîtres-cloutiers employant environ trente ouvriers, rémunérés cinq patards par jour, ainsi qu’une vingtaine d’apprentis dont le salaire varie entre trois et quatre sols. L’industrie et le commerce du clou amorcent un déclin progressif dès le début du XIXe siècle. Dans la commune concernée, cette activité traditionnelle disparaît complètement au cours de la seconde moitié du siècle[124].

Charbonnages

Au XVIIIe siècle, les charbonnages se multiplient et perdureront en se nommant : Trieu-Kaisin, Bonne-Espérance, Mambourg, Poirier. À la fin du siècle, on compte presque deux mille habitants. Au XIXe siècle, les charbonnages se développent jusqu'à 19 puits en activité. Les premières fabriques de charbon en briquettes établies en Belgique sont exploitées à partir de 1851 par les Dehaynin père et fils à Montignies-sur-Sambre, sous la direction d’un Français, Jean-Baptiste Bouriez.

Au lendemain de l’indépendance belge (1830), l’industrie charbonnière connaît une transformation profonde. La disparition des anciennes frontières provinciales ouvre un marché national unifié, facilitant la circulation du charbon et stimulant l’investissement. Cette nouvelle dynamique favorise l’essor de sociétés minières structurées, au détriment des petites exploitations familiales qui dominaient encore le paysage au début du siècle[65]:

  • Les charbonnages commencent à exploiter des veines plus profondes et plus larges ;
  • L’introduction progressive des machines à feu permet une extraction plus efficace et un remontement facilité des houilles ;
  • Les petites veines, moins rentables, sont progressivement abandonnées ;
  • De grandes sociétés minières se constituent et concentrent les puits sous des dénominations communes.

À partir de 1866, plusieurs charbonnages majeurs s’imposent durablement dans la région, marquant un siècle d’activité industrielle intense[65].

Warmonceau

Puits du Moulin, appartenant à la Société de la Réunion et Puits des Combles[125].

Charbonnages de Bonne Espérance (regroupement de plusieurs puits)

Saint-Auguste, Sainte-Zoé, Puits du Pied et Bonne Espérance. Tous situés dans le secteur du Via[65].

Trieu Kaisin

Sainte-Croix et Fosse de l’Épine, Lôdge, fosse située à l’actuelle avenue du Centenaire, puits Saint-Jacques, à la limite de Gilly, 200 m au nord de la Duchère, puits n°6, à 400 m à droite de l’avenue du Centenaire et le puits de Forêt, au Roctiau[126].

Pays de Liège

Grande fosse, Fosse d’en bas, I’viye fosse et le Résolu, également appelé L’Triyanwès, situé à l’emplacement du stade Édouard Yernaux[126].

Le Poirier

Le Tunnel, Saint-André, chaussée de Charleroi, Saint-Charles, rue Saint-Charles, Sainte-Célinie (ou l’Gatte), rue du Poirier, Saint-Louis, rue Grimard et La Sentinelle[126].

La société du Trieu-Kaisin

La Société du Trieu-Kaisin, issue d’une fusion avec la concession de Grand-Forêt avant 1833, exploite progressivement un vaste ensemble de veines houillères situées sur les territoires de Châtelineau, Gilly et Montigny-sur-Sambre. Ses droits miniers incluent notamment les veines Trieu-Kaisin, Grand-Forêt, Au Fort, Petit-Forêt, Grand-Mambourg, Caillette-Piret, Veinette, Cerisier et Poirier, acquises auprès de diverses sociétés voisines[127].

En 1843, l’entreprise s’unit à la Société des Combles pour former la Société charbonnière de Trieu-Kaisin-Deux-Forêts-et-Combles. Elle obtient en 1848 la confirmation de ses concessions, sous réserve de respecter des règles d’aérage et de protection des habitations et des eaux de surface. L’exploitation s’étend alors sur environ 557 bonniers, avec son principal siège à Gilly. Au cours du XIXe siècle, la société développe plusieurs puits majeurs : Duchère (no 6), Saint-Jacques (no 7), Sainte-Croix (no 9), ainsi que les fosses no 1, 2, 4, 8, 8 bis et 10. Les travaux atteignent progressivement des profondeurs supérieures à 900 mètres. Les premières machines à vapeur sont installées entre 1838 et 1854, marquant la modernisation de l’exploitation. Transformée en Société Anonyme en 1886, elle absorbe en 1897 les Viviers-Réunis, portant sa concession à 733 hectares. La production annuelle passe d’environ 300 000 tonnes en 1888 à plus de 500 000 tonnes en 1900, principalement en houilles demi-grasses. Les salaires ouvriers oscillent autour de 4 francs par jour à la fin du siècle, tandis que le prix de vente de la tonne varie entre 9,5 et 12,5 francs selon les années[128].

En 1965, la Société du Trieu‑Kaisin existait encore, bien qu’elle n’exerçât plus aucune activité sur le territoire. Son puits de la Duchère avait en effet été fermé depuis de nombreuses années. L’entreprise poursuivait toutefois, semble‑t‑il, l’exploitation des gisements situés dans sa concession de 864 hectares, dont une large portion s’étendait sous le sol montagnard[129].

La société de Bonne-Espérance

La Société houillère de Bonne‑Espérance, active au XIXe siècle dans la région de Charleroi, était en 1833 une entreprise familiale regroupant quatorze membres de la famille Drion. Sa concession couvrait environ 308 bonniers et comprenait plusieurs veines exploitées en vertu de concessions et baux accordés entre 1723 et 1784, dont les veines de Bonne‑Espérance, des Huit‑Paumes, de la Manette‑Veine, du Grand‑Vivier, ainsi que les veines Sablonnière et Veinette Geneaux. La société fit confirmer ses droits d’exploitation en 1798, 1813 et 1833. Elle exploitait notamment les puits Saint‑Auguste, de l’Épine, du Pied, des Combles et Sainte‑Zoé[130].

À partir de 1831, elle introduisit progressivement la vapeur dans ses installations, équipant successivement ses puits de machines de 24 à 45 HP et de chaudières, ainsi que d’un ventilateur. Bonne‑Espérance développa également un réseau de chemins de fer industriels, dont le plus connu fut la ligne Bonne‑Espérance–Saint‑Jean, dite « chemin de fer Drion ». En 1855, elle obtint l’autorisation de relier les fosses du Pied et de Saint‑Auguste au siège du Rivage, puis à la Sambre. Un arrêté royal de 1857 déclara d’utilité publique la ligne descendant la vallée du Ris de Villers. Le trafic y était cependant dangereux, les wagons mal freinés provoquant de fréquents accidents. La société devait verser une redevance annuelle à la commune pour l’usage de la voirie, mais cessa de payer en 1886‑1887, période durant laquelle elle fut mise en liquidation[131].

La société du Poirier

Le charbonnage du Poirier, actif dès la fin du XVIIIe siècle, constitue l’une des plus anciennes exploitations houillères de Montignies‑sur‑Sambre. Les premières demandes officielles de maintenue de concession datent de l’an VIII (1799‑1800) et de 1807, bien que les titres initiaux demeurent imprécis. Au début du XIXe siècle, la société étend sa concession à près de 192 bonniers. L’exploitation connaît plusieurs interruptions, notamment en raison de difficultés d’indemnisation des propriétaires et de problèmes d’aérage. Avant la concentration sur quatre puits principaux (Saint‑Charles, Saint‑André, Saint‑Louis et Sainte‑Célénie), la société exploite des veines supérieures via divers cayats, dont la Sentinelle et le Rivage[132].

L’enfouissement croissant des gisements conduit à l’installation de machines à vapeur dès 1824. Les premières chaudières, cylindriques et à haute pression, sont équipées de soupapes de sûreté renforcées. De nouvelles machines sont ajoutées entre 1845 et 1854 dans plusieurs fosses. En 1843, l’exploitation de Saint‑André est suspendue en raison d’un excès de grisou. La société participe également à des travaux de voirie locale et clôture progressivement ses installations entre 1852 et 1873. Sous la direction de M. Boisseau, associé à Buttgenbach (inventeur du parachute de sécurité pour cages), le charbonnage adopte un système de guidonnage amélioré. Ce dispositif, destiné à amortir les ruptures de câbles, est ensuite repris par d’autres sociétés[133].

À la fin du XIXe siècle, Saint‑André est considéré comme l’un des puits les plus profonds d’Europe, atteignant près de 1 000 m. L’extraction dépasse 120 000 tonnes annuelles. Malgré une température naturelle avoisinant 35 °C à cette profondeur, un aérage puissant assure des conditions de travail supportables. En 1868, la concession couvre 238 ha, dont 190 ha sur Montignies‑sur‑Sambre. Le gisement, incliné vers le sud‑ouest, est exploité de part et d’autre de la faille du Carabinier. Les quatre puits principaux atteignent des profondeurs de 427 à 950 m. Des découvertes ponctuelles de minerai de cuivre (pyrite, chalcopyrite, malachite) sont signalées dans certaines veines. Le Poirier produit principalement des charbons gras et demi‑gras destinés aux forges, usines, machines et brasseries. Les menus, de qualité médiocre, sont transformés en agglomérés, d’abord vendus aux Briquettes de Houille du Nord, puis traités dans l’usine propre de la société[134].

La société charbonnière du Poirier fut l’entreprise la plus durable parmi les exploitations de Montignies. Alors que les autres concessions locales cessaient progressivement leurs activités, elle célébra en 1938 son centenaire, nourrissant l’espoir de prolonger encore longtemps son exploitation. Sa longévité s’explique en grande partie par une conjoncture favorable que ses dirigeants considéraient alors comme stable. Le Poirier fut en effet le premier charbonnage de Montignies à procéder à l’électrification de ses machines d’extraction, ce qui constitua un avantage technique déterminant. Cette modernisation fut complétée par la construction d’une centrale électrique de grande capacité, destinée non seulement à couvrir les besoins du charbonnage, mais également à assurer l’éclairage public et privé, ainsi qu’à fournir de l’énergie motrice aux petites entreprises locales. Les modalités de cette opération ont été décrites dans d’autres sources[135].

Après la Libération de 1944, l’augmentation rapide de la demande énergétique mit toutefois en évidence les limites de la centrale du Poirier, devenue insuffisante pour répondre aux besoins de la population. L’administration communale conclut alors un accord avec la société Electrobel, ce qui fragilisa davantage la situation financière déjà précaire du charbonnage. Confrontée à des difficultés croissantes, la société du Poirier fut contrainte de fusionner avec la Société des Charbonnages Réunis. Les derniers sièges d’exploitation, Saint-André et Saint-Charles, furent définitivement fermés en 1957 et 1958[135].

La société du Grand Mambourg-Sablonnière (Pays de Liège)

Le charbonnage du Grand Mambourg‑Sablonnière, situé dans le Pays de Liège, est l’un des plus anciens du bassin. Constitué en société civile en 1808, il devient Société Anonyme le . Dès 1835, il intègre notamment le charbonnage de Houppe‑en‑l’Air et la fosse de la Cahoute. Une première fusion intervient en 1798 (26 brumaire an VII), lorsque la Société Sablonnière rejoint la Société du Grand Mambourg, qui autorise alors la Société de Bonne‑Espérance à exploiter certaines veines. Entre 1814 et 1855, plusieurs machines à vapeur sont successivement autorisées et installées dans les fosses du Pays de Liège, du Résolu, de la Grande Machine et du puits d’En‑Haut. Vers 1889, l’entreprise dispose de machines d’extraction modernes présentées à l’Exposition d’hygiène et de sauvetage de Berlin. La concession principale est confirmée par un arrêté de maintenue du , couvrant 130 ha. Des ajustements de limites en 1850 et des extensions en 1870 portent la superficie totale à 153 haa 13 ca[136].

Le gisement est constitué de plateures inclinées vers le sud, interrompues par des failles dressantes. Les principaux puits atteignent des profondeurs de[137]:

  • Pays de Liège, 810 m ;
  • Résolu, 750 m ;
  • Grande Machine ; 540 m.

Les veines, moyennement grisouteuses, fournissent un charbon demi‑gras à maigre, utilisé dans les sucreries, distilleries, brasseries, locomotives et foyers domestiques. La production annuelle est estimée entre 175 000 et 200 000 tonnes, ce qui place le charbonnage parmi les exploitations moyennes du bassin. Malgré une superficie limitée, le gisement présente une grande épaisseur exploitable, proche de la zone de plus grande profondeur du bassin (environ 1 500 m). La veine la plus profonde, dite Léopold, se situerait encore à 600–700 m sous les chantiers alors en activité. L’exploitation profonde montre une amélioration de la régularité géologique, les déformations affectant moins les veines du fond que celles proches de la surface[138].

À la fin du XIXe siècle, le bassin charbonnier local comptait plusieurs sièges majeurs. Le Grand Mambourg Sablonnière exploitait trois puits Pays de Liège (810 m), Vieille Fosse ou Grande Machine (540 m) et le Résolu (750 m) tandis que la société du Poirier ne maintenait plus en activité que Saint-André (970 m) et Saint-Charles (955 m). D’autres exploitants possédaient les puits Sainte‑Zoé (Bonne Espérance) et la fosse de la Duchère (Trieu‑Kaisin)[139].

Dès 1890, le déclin des réserves entraîna la fermeture progressive de plusieurs sièges, dont ceux de la Réunion, de la Remise, de Saint‑Louis et de Sainte‑Célinie. En 1913, les puits du Pays de Liège cessèrent définitivement leur activité, suivis après 1918 par le siège du Tunnel. Ces fermetures n’occasionnèrent pas de crise sociale notable, les mineurs trouvant facilement du travail dans des charbonnages plus prospères. En 1903, le prix de la tonne de charbon oscillait entre 10 et 11 francs, assurant encore un bénéfice modéré aux exploitants. Entre les deux guerres, l’industrie charbonnière locale connut son déclin définitif : vers 1930, le dernier puits du Grand Mambourg, le Résolu, fut fermé, suivi peu après par Sainte‑Zoé[140].

Autres sociétés

Au Warmonceau, dans la cour de la verrerie Hannoteau, un charbonnage appartenant à la société Masse et Droitjet était en activité en 1836. L’exploitation fut rapidement interrompue en raison de l’inondation de la mine, qui ne disposait pas d’une machine à vapeur permettant l’épuisement des eaux. Les administrateurs renoncèrent à poursuivre les travaux, jugeant les investissements nécessaires trop élevés[141].

En 1845, la Société de la Réunion de Gilly entreprit l’exploitation de la fosse du Moulin-à-Vent, située sur le même territoire. Cette fosse avait auparavant appartenu à la société Serre et Margrave, laquelle s’associa à la Réunion le . L’exploitation connut alors une certaine expansion. Elle fut équipée, dès 1845, de plusieurs machines destinées à l’extraction et à l’épuisement des eaux, puis, en 1850, d’installations supplémentaires pour l’aérage. Malgré ces améliorations techniques, la fosse finit par disparaître au cours de la seconde moitié du XIXe siècle[141].

L'industrie des agglomérés de houille

L’industrie des agglomérés de houille en Belgique trouve son origine en 1852, lorsque les industriels Dehaynin, père et fils, fondent à Montigny, près du rivage du Poirier, la première usine belge spécialisée dans la production de briquettes de charbon. Cette implantation marque le début d’une filière nouvelle dans le paysage énergétique et industriel du pays. L’usine de Montigny utilise des machines Middleton, alors considérées comme une innovation technique majeure. Chaque machine est capable de produire entre 15 et 20 tonnes de briquettes de 3 kg sur une période de douze heures. Ces agglomérés, vendus au prix de 9 francs les 100 kg pour la qualité demi-grasse et 11 francs pour la qualité grasse, trouvent principalement leur emploi dans l’alimentation des locomotives, un marché en pleine expansion au milieu du XIXe siècle[142].

En 1856, l’établissement introduit plusieurs améliorations significatives[142]:

  • un procédé de lavage du charbon ;
  • un système de séchage ;
  • ainsi que la production de brais gras, utilisé comme liant dans la fabrication des briquettes.

Ces perfectionnements permettent d’augmenter la qualité et la régularité des produits finis. Dès 1857, les performances des machines Middleton sont accrues, portant la production à 26 tonnes par douze heures, tandis que le poids unitaire des briquettes passe à 5 kg. Malgré ces progrès, la fabrication est brusquement interrompue en 1860. Les entrepreneurs Dehaynin poursuivent toutefois leur expansion industrielle en fondant de nouvelles usines dans plusieurs localités du bassin charbonnier hennuyer : Marcinelle, Gosselies, Lodelinsart et Bouffioulx. Ces implantations contribuent à la diffusion de la technologie des agglomérés de houille dans la région et à la consolidation d’un secteur industriel en pleine mutation[142].

Verreries

Une première verrerie voit le jour vers 1830 et une seconde vers 1870. Après la Première Guerre mondiale, la rue Chet accueillait la S.A. de Verrerie Mécanique de la Neuville. Cette usine avait été fondée pour répondre à la forte demande de verre qui s’était manifestée à cette époque. Toutefois, lorsque l’engouement pour ces produits diminua, le chômage partiel toucha rapidement les ouvriers, et la grande crise économique finit par réduire l’activité de la verrerie jusqu’à l’arrêt complet. Un ou deux ans avant sa fermeture, un vaste incendie ravagea entièrement la section « coupage et magasins ». En 1936, les bâtiments furent réaffectés en casernes. On retiendra d’ailleurs, pour l’anecdote, que le ministre Edmond Leburton y accomplit son service militaire. Après 1945, les locaux connurent divers usages avant d’être transformés en entrepôts de gros pour la firme Courthéoux[143] devenu par la suite Delfood.

Métallurgie

La Société des Forges de Montignies ou Champeaux

L’industrialisation métallurgique de Montigny-sur-Sambre débute en 1835 avec l’installation de Monsieur Champeaux, industriel originaire des Ardennes françaises et établi à Charleroi. Il obtient cette année‑là l’autorisation d’installer deux machines à vapeur destinées à alimenter les hauts‑fourneaux qu’il projette de construire près de la prairie du Ban. Champeaux, lié par mariage à la famille du banquier Chapel, confie la construction du premier haut‑fourneau à l’ingénieur anglais Thomas Bonehill, actif dans la région depuis 1824. L’usine se développe rapidement : un laminoir est dirigé par Bonehill dès 1840, et l’établissement est agrandi en 1848. Par la suite, l’entreprise devient la Société Anonyme des Établissements de Montigny‑sur‑Sambre, qui exploite trois hauts‑fourneaux, un laminoir, neuf chaudières et cinq machines à vapeur en 1867. Champeaux, frappé par des revers financiers, finit par vendre l’usine et se retire à Paris[144].

Le , la société est intégrée dans la Société de Sambre‑et‑Moselle, héritière de plusieurs groupes sidérurgiques mosellans et montagnards. L’usine, occupant environ 50 hectares, connaît une forte expansion : elle emploie près de 2 700 ouvriers en 1911 et dispose alors de trois hauts‑fourneaux modernes, d’une aciérie à quatre convertisseurs et de dix trains de laminoirs. La production annuelle atteint 350 000 à 400 000 tonnes de lingots, dont les deux tiers sont exportés vers l’Amérique du Sud, le Levant, l’Extrême‑Orient et les colonies britanniques. L’essor de cette industrie s’inscrit dans le développement général de la métallurgie belge au XIXe siècle, stimulée par l’introduction des procédés anglais (hauts‑fourneaux au coke, puddlage, étirage). Les conditions de travail restent difficiles : journées de 11 à 12 heures, salaires stagnants et accidents fréquents. Malgré cela, les métallurgistes sont considérés comme une élite ouvrière et s’organisent progressivement en syndicats et sociétés de secours mutuels à la fin du siècle. Autour de l’usine Champeaux se créent également plusieurs ateliers métallurgiques plus modestes, tels que les ateliers de construction et de chaudronnerie Caillaux, Doffiny ou Wédeau[145].

Les sociétés de Sambre-et-Moselle et Hainaut-Sambre
Panorama sur les usines de Sambre-et-Moselle.

La Société Hainaut‑Sambre est créée en 1955 par la fusion des Usines Métallurgiques du Hainaut (Couillet) et de Sambre‑et‑Moselle (Montignies‑sur‑Sambre). Cette dernière trouve son origine en 1898, issue de la fusion de la Montaggesellschaft Lothringen Saar et des Forges de Montignies, fondées en 1836 et dont le premier haut fourneau fut construit en 1835 par Auguste Goffart[146].

Au début du XXe siècle, Sambre‑et‑Moselle connaît une forte expansion : en 1908, le site couvre 50 ha et emploie près de 2 000 ouvriers. Ses installations comprennent alors trois hauts fourneaux, une aciérie à convertisseurs et plusieurs trains de laminoirs, pour une production annuelle de 350 000 à 400 000 tonnes de fonte. L’entreprise absorbe ensuite les Usines du Phénix (1908), les Forges et Laminoirs du Marais (1923) et les Aciéries Brachot Frères avant la Seconde Guerre mondiale[147].

Après 1955, Hainaut‑Sambre devient le deuxième complexe sidérurgique belge, organisé en deux divisions[148]:

  • Couillet, dotée de quatre hauts fourneaux et d’aciéries totalisant une capacité annuelle de près d’un million de tonnes.
  • Montignies‑Châtelineau, comprenant cokeries, hauts fourneaux, aciéries Thomas et L.D., ainsi qu’un vaste ensemble de laminoirs.

Dans les années 1959‑1963, la production d’acier‑lingot dépasse régulièrement le million de tonnes par an[Note 10]. L’entreprise se dote également d’installations auxiliaires modernes, dont un centre de recherche métallurgique et un ordinateur Bell GE 425, premier du genre en Europe industrielle. Au milieu des années 1960, Hainaut‑Sambre occupait 224 hectares, soit environ 40 % du territoire communal, et envisage d’importants projets d’extension, notamment la construction de nouveaux hauts fourneaux et d’une aciérie de tout premier plan européen[149].

La société du Marais

La Société du Marais, officiellement Laminoirs, Forges et Fonderies du Marais J. et S. Piérard frères et Cie, fut fondée après la guerre de 1870 sur d’anciens terrains marécageux. L’usine employait environ deux cents ouvriers, majoritairement Montagnards, et se distinguait par un climat social réputé harmonieux. L’établissement produisait une large gamme de fers marchands et profilés : longrines, cornières, poutrelles, châssis, rails pour mines et tramways, feuillards, plaques et cylindres. Il était spécialisé dans le fer fin grain, le fer à platiner et les fers cavaliers. Bien que travaillant surtout pour le marché intérieur, la firme participa vers 1885 à la construction de voies ferrées en Hollande et en Italie. Le fonctionnement reposait encore sur les métiers traditionnels de la métallurgie chauffeurs, puddleurs, passeurs de loupe progressivement appelés à disparaître avec l’évolution industrielle. Le procédé de fabrication du fer suivait les étapes classiques : fusion de la fonte, ajout de mitrailles, formation de boules par le puddleur, passage au pilon puis au train à loupe, avant laminage[150].

Au XIXe siècle, les conditions de travail restaient exigeantes : peu de jours fériés, salaires versés tous les quinze jours, et introduction ultérieure de jetons de paye, souvent utilisables surtout à la cantine de l’usine. Les ouvriers payés à la semaine devaient garantir un rendement minimal, et les pratiques de travail étaient parfois marquées par une forte fréquentation de la cantine. Dans les petites forges de la région, des systèmes traditionnels subsistaient encore à la même époque, comme l’usage de roues actionnées par des chiens pour mouvoir soufflets, pétrins ou presses[151].

Aciéries Brachot frères

Les Aciéries Brachot Frères constituent l’une des premières entreprises belges spécialisées dans la fabrication de moulages en acier. Fondée en 1874, l’entreprise portait initialement la raison sociale Brachot frères et sœurs et se consacrait à la production de pièces en fonte et en cuivre. En 1884, la firme introduisit en Belgique la technique du moulage d’acier, alors inexistante dans le pays. Cette innovation fut rendue possible grâce à la collaboration d’ouvriers anglais spécialisés. Les premiers aciers furent produits au moyen de petits creusets, avant que l’entreprise n’adopte le procédé Bessemer, utilisant des convertisseurs pour augmenter la capacité et la qualité de production. Afin de diversifier ses activités, la société mit en place un atelier de construction destiné au parachèvement des pièces, notamment pour le montage de trains de roues un système breveté dont elle devint spécialiste pour les charbonnages. Un atelier de modelage fut également créé pour la fabrication de modèles en bois[152].

En 1904, l’entreprise fut transformée en Société Anonyme, dotée d’un capital de 250 000 francs. Les installations industrielles couvraient alors une superficie d’environ un hectare. L’effectif variait entre 100 et 120 ouvriers, répartis en diverses catégories : mouleurs, noyauteurs, fondeurs, burineurs, tourneurs, foreurs, ajusteurs, modeleurs, mécaniciens et manœuvres. Les salaires annuels versés au personnel ouvrier s’élevaient à 150 000 à 180 000 francs. La fabrication de l’acier reposait sur l’utilisation de fonte hématite, de ferro-manganèse, de ferro-silicium et d’aluminium, matières premières importées principalement d’Angleterre et d’Allemagne. Les usines étaient équipées de moteurs à gaz pauvre de 30 à 40 HP, complétés par une machine soufflante de 70 à 80 HP. Plusieurs moteurs électriques répartis dans les différents ateliers actionnaient diverses machines. Avant la Première Guerre mondiale, la production annuelle atteignait 900 à 1 000 tonnes d’acier coulé. Environ 90 % de cette production était destinée au marché intérieur, tandis que 10 % étaient exportés. La valeur totale de la production était estimée à 600 000 francs[152].

Autres industries à Montignies

Au cours de la première moitié du XXe siècle, plusieurs ateliers et petites industries implantés sur le territoire local connurent une activité notable. Parmi les établissements les plus significatifs figurent les Ateliers Wédeau, situés chaussée de Namur, ainsi que les Ateliers G. Frère, installés rue de la Petite Aise. S’y ajoutaient les « Corderies Baudewyns », les Ateliers Caillaux, les Ateliers Doffiny, l’Aciérie Brachot déjà mentionnée dans d’autres sources ainsi que les Boulonneries Lecloux. Divers ateliers de moindre importance complétaient ce tissu industriel. Les Établissements Meurice, encore en activité en 1965, constituaient l’un des derniers témoins de cette dynamique. Ils étaient alors exploités par Clément Caudron[153].

En 1965, la commune de Montignies-sur-Sambre comptait encore deux établissements industriels d’importance. La Câblerie et Fonderie de Montignies-sur-Sambre employait alors 75 ouvriers et employés et disposait d’un parc de 45 moteurs totalisant une puissance installée de 296 kW. Les Ateliers de Construction de Montignies-sur-Sambre exploitaient pour leur part 42 moteurs représentant une puissance de 659 kW et occupaient 33 ouvriers ainsi que 20 employés[143].

Au cours du XIXe siècle, Montigny connut une activité artisanale et industrielle modeste mais diversifiée. Parmi les petites industries locales figuraient notamment les brasseries Renard et Vissoul, cette dernière fondée en 1763 par Dominique Vissoul[154].

La commune comptait plusieurs ateliers liés au travail du métal. Trois forges de serrurier étaient en activité[154]:

  • celle de Lalicu Célestin (1834),
  • celle de Wéry François (1842),
  • celle de Charles-Auguste Bautière (1842).

À celles-ci s’ajoutaient quatre forges de maréchal-ferrant, exploitées respectivement par[154]:

  • Bultot Aimé (1838),
  • Ledent François (1840),
  • Georges Joseph (1841),
  • Lambert Bertinchamps.

Parmi les autres métiers artisanaux, Denis Pierre tenait un petit atelier de tonnelier, tandis que Jacques Genart était, en 1825, l’unique boucher de Montigny[154].

Le métier de boulanger demeura longtemps marginal. Jusqu’aux environs de 1850, la majorité des foyers possédaient leur propre four à pain. En 1843, on en recensait 277, contre seulement quatre sous l’Ancien Régime et soixante-quatorze durant la période hollandaise[154].

La commune disposait également de deux moulins notables[154]:

  • le moulin du Roctiau,
  • le moulin de Pierre Joseph Evrard, situé aux Trieux, qui fut actionné par la vapeur à partir de mars 1842, témoignant d’une modernisation progressive des installations.

En 1839, Louis Bernus établit le long de la chaussée de Namur une usine spécialisée dans l’émaillage des poteries en fonte et en fer battu, illustrant l’essor d’activités industrielles plus techniques au sein de la localité[154].

L’entreprise Air Liquide exploitait autrefois une installation sur le territoire de la commune de Couillet. À la suite de l’extension des usines Hainaut‑Sambre et, vraisemblablement, en raison de l’impossibilité d’implanter de nouvelles infrastructures sur son ancien site, la société sollicita en 1960 l’autorisation de la commune de Montignies-sur-Sambre afin d’établir ses activités à la rue de la Corderie. L’usine produisait de l’oxygène et assurait le stockage d’oxygène liquide. Elle gérait également un dépôt de récipients contenant des gaz comprimés, liquéfiés ou dissous. Sa capacité de production atteignait 200 tonnes d’oxygène liquide par jour. Le dépôt de propane pouvait contenir jusqu’à 20 000 litres, tandis que ceux d’ammoniac anhydre et de protoxyde d’azote liquéfié avaient une capacité de 2 500 litres chacun. L’établissement employait 49 ouvriers et 10 employés sur le territoire communal. Il disposait de 51 moteurs, représentant une puissance totale de 4 011 kW[146].

Corderie Baudewyns

Vers 1869, Joseph Baudewyns, spécialisé dans la fabrication de cordes et de câbles, établit un premier atelier au hameau des Trieux, où il exploite un brevet portant sur la production de câbles mixtes associant fils métalliques et fibres textiles. Cet atelier artisanal, situé près de la chaussée de Charleroi, demeure longtemps familier aux habitants du quartier[155].

En 1879, Baudewyns transfère ses installations au rivage Sainte-Barbe, rue de la Corderie, sur une superficie initiale de 230 m2. L’entreprise emploie alors huit ouvriers et fonctionne entièrement à la main. L’introduction du travail mécanique intervient en 1882, grâce à un manège actionné par deux chevaux, en collaboration avec son fils Désiré. En 1885, l’atelier adopte la machine à vapeur et compte 18 ouvriers. Grâce à une modernisation continue de son outillage et à des équipements conçus spécifiquement pour l’entreprise, la corderie Baudewyns connaît une croissance régulière et devient progressivement l’un des établissements les plus importants de Belgique dans son domaine[155]. En 1900, l’ingénieur M. J-B. Baudewyns rejoignit son père et son frère, et ensemble ils firent prospérer leur entreprise, qui devint très réputée pour ses câbles utilisés dans les charbonnages et la marine[154][Note 11].

Santé

Hôpitaux

Suite à l'ouverture du nouvel hôpital des Viviers à Gilly qui fait partie du réseau hospitalier du Grand Hôpital de Charleroi en 2024, Montignies avais deux hôpitaux implantés dont l'hôpital Reine Fabiola qui se trouvait avenue du Centenaire et l'hôpital Sainte-Thérèse qui était situé rue Saint-Valentin.

Maisons de repos

Home Saint-Joseph[156], chaussée de Namur, Résidence Aurore, maison de repos et de soins[157], rue des Comparçonniers et Résidence et centre de séjour Raoul Hicguet[158], faisant partie du CPAS de Charleroi, rue du Poirier.

Transports et communications

Bus et métro

La localité est traversée par les lignes des TEC Charleroi : 1, 3, 12, 12B, 25, 35, 154, 156 et 158.

Montignies-sur-Sambre sera desservie par la ligne M5 du métro de Charleroi en 2026, il dessévera le nouvel hôpital des Viviers et la station Corbeau[159],[160]. Parmi les stations de cette ligne ont trouve les stations de Neuville, Yernaux, Pensée, Centenaire, Champeau et Roctiau.

Chemin de fer

Montignies-sur-Sambre, localité importante de la province de Hainaut, se distingue par l’absence de gare destinée au transport de voyageurs, malgré son poids démographique et économique. La commune n’est traversée que par une unique voie ferrée, aujourd’hui réservée au trafic de marchandises et utilisée de manière occasionnelle. Cette particularité trouve son origine dans l’histoire administrative du territoire : sous l’Ancien Régime, Montignies constituait une enclave de la Principauté de Liège au sein du Pays de Namur, situation qui a durablement influencé l’organisation de ses voies de communication, tant routières que ferroviaires[161].

La ligne traversant Montignies-sur-Sambre est issue d’anciennes compagnies ferroviaires[Note 12] et relie Lodelinsart à Châtelineau. Avant la Première Guerre mondiale, elle accueillait plusieurs trains de voyageurs et comportait un point d’arrêt situé à la Neuville, rue du Grand Central (actuellement rue du Garde Barrière). La première gare, construite en bois, possédait des dépendances édifiées à partir de billes de chemin de fer. Durant la guerre de 1914-1918, le trafic fut interrompu. La pénurie de combustible et la précarité générale conduisirent certains habitants à démonter progressivement les bâtiments désaffectés afin d’en récupérer le bois. À l’armistice, la gare de la Neuville avait entièrement disparu[162].

Le point d’arrêt fut rétabli vers 1921, mais l’exploitation se révéla rapidement déficitaire. La ligne ne fut maintenue que quelques années, jusqu’au milieu des années 1920, période marquée par la crise du franc. Les trains de voyageurs, de style « belle époque », disparurent sans susciter d’opposition notable. La voie ferrée, en revanche, fut conservée. Bien que parfois présentée comme une infrastructure d’importance stratégique, la ligne n’a jamais été utilisée par les forces belges ou alliées lors des deux conflits mondiaux. L’occupant allemand y recourut de manière limitée, en fonction de ses besoins logistiques. La présence persistante de l’assiette ferroviaire a nourri, au fil du temps, divers projets d’aménagement. Parmi eux figure l’idée de transformer l’emprise de la voie en un boulevard reliant Charleroi à Châtelineau, projet régulièrement évoqué mais jamais concrétisé[163].

La commune est traversée par la ligne 130 qui va de Charleroi à Namur.

La ligne de Charleroi à Châtelineau

Le projet de liaison ferroviaire entre Charleroi et Châtelineau apparaît pour la première fois en 1854, lorsque la Société des Chemins de Fer de Charleroi à Louvain obtient l’autorisation d’établir une voie ferrée traversant le territoire communal. En contrepartie, la société concessionnaire est tenue de verser à la commune une indemnité de 1 000 francs, destinée à couvrir les frais liés au détournement des sentiers affectés par le tracé[164].

Aucune avancée notable n’est ensuite signalée durant plusieurs années. Ce n’est qu’en 1861 que le projet refait surface. Le , une nouvelle concession est accordée, cette fois à la Société Anonyme de l’Est-Belge. Les conditions financières sont alors revues à la hausse : la société doit s’acquitter d’une somme de 6 000 francs, couvrant à la fois les détournements et les traversées de sentiers nécessaires à l’établissement de la ligne[164].

Les chemins de fer des charbonnages

L’industrialisation de Montignies-sur-Sambre s’intensifie dès les débuts de la Belgique indépendante. Entre 1833 et 1889, de nombreuses autorisations sont accordées aux charbonnages et aux entreprises locales pour installer des machines à vapeur, développer des fours à coke ou établir des voies ferrées industrielles. Les premières autorisations concernent l’installation d’usines et de machines à vapeur : scierie de marbre Delwart (1833), usine Champeaux (1835), machines à vapeur pour les charbonnages de Bonne‑Espérance (1836), du Trieu‑Kaisin (1838), du Poirier (1839), de Grand Forêt (1841) et du Pays de Liège (1842). Les charbonnages multiplient également les fours à coke (1842) et les installations annexes[165].

Dès 1848, la commune réclame des compensations financières pour l’usage des chemins publics. En 1851, elle autorise le remblaiement du Ri de Villers contre redevance. En 1888, le Pays de Liège acquiert des terrains pour y établir un terril, avec obligation de construire un aqueduc. À partir de 1852, les charbonnages développent un réseau de chemins de fer à voie étroite pour relier leurs puits aux quais de la Sambre[166]:

  • Le Poirier ouvre une ligne reliant Sainte‑Célinie et Saint‑Louis au rivage ;
  • En 1857, Bonne‑Espérance obtient l’autorisation d’une ligne descendant la vallée du Ri de Villers, nécessitant ponts et viaducs ;
  • Le Pays de Liège, d’abord refusé en 1861, obtient en 1888 l’autorisation d’un chemin de fer reliant ses puits de la Neuville à un terril ;
  • D’autres lignes relient les sièges d’exploitation aux gares locales (Ville‑Haute, Est belge) ;
  • En 1869, la Réunion installe un decauville traversant plusieurs chemins ;
  • En 1872, le Pays de Liège crée une ligne destinée au déversement des schistes dans les anciens fossés des fortifications.

En 1886, le pont promis au fond Pitot n’est toujours pas construit. La commune engage une action judiciaire pour non‑respect des engagements et réclame des indemnités. La Société du Pays de Liège, en difficulté financière, cesse de payer ses redevances et est déclarée en faillite en 1888[167].

Sports et vie associative

Sports

Clubs et disciplines

Parmi les clubs et disciplines présents à Montignies-sur-Sambre, on note notamment :

  • Football : Royal Olympic Club de Charleroi et SC Montignies[168];
  • Gymnastique : Olympic Gymnastique Montignies[169];
  • Tennis : Gallins Montagnards[170] et Tennis Montagnard ;
  • Hockey sur glace : Red Roosters Hockey Charleroi dont ils évoluent à la patinoire de Charleroi ;
  • Taekwondo : Tollyo Academy[171];
  • Boxe : Garcia's Boxing Gym.

Infrastructures

Parmi les infrastructures sportives dans la localité de Montignies-sur-Sambre, on note notamment :

  • Le stade et complexe sportif Edmond Yernaux, construit en 1939 en l'honneur du sénateur-bourgmestre de Montignies-sur-Sambre[172];
  • Le stade de l'Olympique de Charleroi, rue Paul Janson ;
  • La patinoire de Charleroi anciennement Patinoire de l'Olympique[173], rue Neuve ;
  • Les courts de tennis du Tennis Montagnard, rue Grimard.

Vie associative

Jumelages

Jumelages et partenariats de Montignies-sur-Sambre.
VillePaysPériode
FollonicaItaliedepuis
SélestatFrancedepuis
WaldkirchAllemagne

Personnalités liées à Montignies-sur-Sambre

  • Paula Évrard, née à Montignies (1878-1927), artiste peintre et aquarelliste.
  • Dominique Wilms, née à Montignies en 1930, comédienne et peintre.
  • Dupa, né à Montignies en 1945, dessinateur de bandes dessinées.
  • Johan Muyle, né à Montignies en 1956, sculpteur.
  • Joëlle Milquet, née à Montignies en 1961, femme politique.
  • Gilberte Dumont (1910-1989), née à Montignies, artiste peintre.
  • Raphaël Bauduin (1870-1943), né à Montignies, artiste peintre.

Notes et références

Notes

  1. La cité a été nommée en l'honneur de la commune jumelée.
  2. Fusion de communes en Belgique.
  3. Démolis vers 1946 pour la modernisation de la Sambre (Yernaux 1963).
  4. Rapport et dénombrement préparé et présenté par J. Puissant, fils, en tant que bailli et receveur d’Elisabeth Pauline de Gand, comtesse de Gilliers (1770) (Yernaux 1963, p. 41).
  5. On l’appelait toujours la chapelle Dormal. (Yernaux 1963, p. 149).
  6. Dans le langage populaire local, ce puits est dénommé « L'gatte » (Yernaux 1963, p. 233).
  7. Aujourd'hui le home Saint-Joseph, il est située rue de Namur.
  8. D'après un cadre situé à l’Hôtel de Ville de Montignies-sur-Sambre.
  9. Jusqu'en 1845, il y a pas d'autre cimetière que celui qui entour la vieille église du village (Yernaux 1963).
  10. En août 1965, la production d’acier-lingots a atteint 125 178 tonnes, soit une augmentation de 14,34 % par rapport au même mois de l’année précédente. Sur les neuf premiers mois de 1965, elle s’est élevée à 1 005 580 tonnes, contre 950 290 tonnes pour la même période en 1964 (Yernaux 1966, p. 132).
  11. Le père Baudewyns est décédé en 1916. Plus tard, les établissements furent transférés à Gilly, car l’affaissement des terrains provoquait de fréquentes inondations des usines par les eaux de la Sambre (Yernaux 1963, p. 202).
  12. La Société des Chemins de fer de Charleroi à Louvain créé en 1854, la Société de l'Est-Belge créée en 1861 et la Société du Grand Central (Yernaux 1966, p. 123).

Références

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  5. Yernaux 1963, p. 108-109.
  6. Yernaux 1963, p. 109-110.
  7. Yernaux 1963, p. 113.
  8. Yernaux 1963, p. 112-113.
  9. Yernaux 1963, p. 112.
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  14. Yernaux 1963, p. 11-12.
  15. Yernaux 1963, p. 12-13.
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Voir aussi

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Liens externes

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