Soudjârê Montouhotep

Soudjârê Montouhotep V ou VI
Image illustrative de l’article Soudjârê Montouhotep
Fragment montrant les cartouches de Soudjârê Montouhotep et provenant du temple funéraire de Montouhotep II[1].
Période Deuxième Période intermédiaire
Fonction principale roi
Famille
Conjoint Satmout ?
Enfant(s) ♂ Herounefer ?

Soudjârê Montouhotep V ou VI est un souverain égyptien de la Deuxième Période intermédiaire.

Attestations

Attestations contemporaines

Le roi n'est connu avec certitude que par un bloc fragmentaire décoré d'un relief montrant ses cartouches et découvert à Deir el-Bahari, dans les ruines du temple mortuaire de Montouhotep II lors des fouilles d'Édouard Naville au début du XXe siècle[1] ; ce bloc est aujourd'hui conservé au Musée égyptien du Caire[2],[3],[4].

Une autre attestation possible du roi est donnée par un fragment de sarcophage en bois, aujourd'hui au British Museum sous le numéro de catalogue BM EA 29997[5]. Le cercueil porte le texte suivant : « Le Patricien, Représentant royal, Fils aîné du Roi, le Commandant en chef Herounefer, Juste des voix, qui a été engendré par le roi Montouhotep, Juste des voix, et porté par la Grande épouse royale Satmout, Juste des voix[6] ».

Le nom de Nesout-bity du roi Montouhotep a disparu et l'identification de ce Montouhotep reste problématique. Kim Ryholt note cependant que le sarcophage porte également une version antérieure de passages du Livre des morts, qui est l'une des deux seules inscriptions pré-Nouvel Empire de ce texte. Ainsi, Ryholt soutient que ce Montouhotep doit avoir régné à la fin de la Deuxième Période intermédiaire. Ainsi, deux rois pourraient être mentionnés sur le sarcophage : Soudjârê Montouhotep et Merânkhrê Montouhotep. Pour trancher entre ces deux rois, Ryholt note que l'autre version pré-Nouvel Empire du Livre des morts se trouve sur le sarcophage de la reine Montouhotep, épouse de Sekhemrê-Sementaouy Djehouty, roi de la XVIe dynastie. Dans ce cas, le texte est presque identique à celui trouvé sur le sarcophage de Herounefer, ce qui plaide en faveur d'une proximité temporelle entre les deux. Alors que Soudjârê Montouhotep a régné environ dix ans avant Sekhemrê-Sementaouy Djehouty, Merânkhrê Montouhotep aurait régné soixante ans après lui. Ryholt conclut donc que Soudjârê Montouhotep est le Montouhotep du sarcophage, Satmout sa reine et Herounefer son fils[7]. Si Julien Siesse est d'accord sur le fait que les textes funéraires trouvent leurs plus proches parallèles avec ceux de la reine Montouhotep, ainsi que ceux des époux Senebni et Khsou-Mérès de l'époque du règne de Souahenrê Senebmiou qu'il place à la XVIe dynastie, il privilégie quant à lui Merânkhrê Montouhotep - qu'il place à la XIIIe dynastie, Soudjârê Montouhotep étant placé à la XVIe dynastie - car le titre du prince « Fils aîné du Roi » n'est recensé par ailleurs pour les périodes pré-Nouvel Empire que pour le prince Bébi, fils du roi Merkaourê Sobekhotep[8]. Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton ont plutôt daté le sarcophage de la fin de la XVIe dynastie ; or ils suivent la chronologie de Ryholt (Soudjârê Montouhotep placé à la fin de la XIIIe dynastie et Merânkhrê Montouhotep à la fin de la XVIe dynastie) et privilégie donc Merânkhrê Montouhotep[9].

Attestations ultérieures

Le Canon royal de Turin est gravement endommagé après la ligne de Merkaourê Sobekhotep (position 8.8) et il est impossible de déterminer l'identité et l'ordre chronologique des derniers rois de la XIIIe dynastie à partir de ce document[10],[11]. Cependant, selon Nobert Dautzenberg[12], suivi de Jürgen von Beckerath[13], Claude Vandersleyen[14], Kim Ryholt[15] et Detlef Franke[16], le nom Soudjârê de Montouhotep serait néanmoins partiellement conservé sur la colonne 8, ligne 20 du papyrus, où l'on peut lire [...]dj[arê]. Julien Siesse ne conserve cependant pas cette identification, plaçant le roi dans la XVIe dynastie[17].

Nom du roi

Les cartouches du roi ne sont préservés que de manière fragmentaire. Si le nom de Sa-Rê est certain malgré la cassure et se lit Montouhotep, l'autre nom fait l'objet d'un débat : la lecture traditionnelle est Séoudjârê[12],[13],[14],[15],[16] ; cependant, Julien Siesse soutient que le nom doit se lire Séoudjâenrê, car l'unilitère n est celon lui encore lisible en bas du cartouche[18].

Position chronologique

Sur la base de l'identification du nom [...]dj[arê] au roi, Dautzenberg, von Beckerath, Vandersleyen, Ryholt et Franke voient en Soudjârê Montouhotep un roi de la XIIIe dynastie, proche successeur de Merkarê, et le nomme Montouhotep V[19] (Merânkhrê Montouhotep, placé dans la XVIe dynastie, étant numéroté Montouhotep VI)[12],[13],[14],[15],[16].

Siesse voit en lui un roi de la XVIe dynastie, le nommant Montouhotep VI (Merânkhrê Montouhotep, placé dans la XIIIe dynastie, étant numéroté Montouhotep V) ; il base son analyse sur le fait qu'aucun roi de la XIIIe dynastie, à l'exception du premier d'entre eux, n'est attesté à Deir el-Bahari : seuls des rois de la XVIe dynastie et certains rois non classés (Ousermontou, Sékhâenrê, Souahenrê Senebmiou, Djedneferrê Dedoumes et Soudjârê Montouhotep) y sont attestés, faisant ainsi de ces derniers des rois de la XVIe dynastie[20].

Titulature

Notes et références

  1. Naville 1907, Pl. XII [i], p. 68.
  2. ↑ Ryholt 1997, p. 357.
  3. ↑ Baker 2008, p. 231-232.
  4. ↑ Siesse 2019, p. 93 et 102.
  5. ↑ (en) « EA 29997 (British Museum) »
  6. ↑ Ryholt 1997, p. 236.
  7. ↑ Ryholt 1997, p. 236-237.
  8. ↑ Siesse 2019, p. 149-150.
  9. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 117-120.
  10. ↑ Ryholt 1997, p. 73.
  11. ↑ Siesse 2019, p. 28.
  12. Dautzenberg 1992, p. 17-19.
  13. von Beckerath 1999, p. 104-105.
  14. Vandersleyen 1995, p. 661.
  15. Ryholt 1997, p. 72 et 202.
  16. Franke 2008, p. 286.
  17. ↑ Siesse 2019, p. 107.
  18. ↑ Siesse 2019, p. 102 n. 507.
  19. ↑ Ryholt 1997, p. 197.
  20. ↑ Siesse 2019, p. 93-94 et 107.

Bibliographie

  • (en) Édouard Naville, The XIe Dynasty Temple at Deir el-Bahri, Part I, Londres, (lire en ligne) ;
  • (de) Norbert Dautzenberg, « Plazierungvorshläge zu zwei Königen der 13. Dynastie », Göttinger Miszellen, no 127,‎ , p. 17-19
  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
  • (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, no 1 (2),‎ , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
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