Fan Yun (poète)

Fan Yun (poète)
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
(à 52 ans)
Nom dans la langue maternelle
范云 (Fan Yun)
Nom de naissance
范雲 (Fan Yun)
Autres noms
prénom de courtoisie : Yanlong 彦龙); marquis de Xiaocheng
Nationalité
Activités
Autres activités
Mouvement
poésie Yonming ti (style poétique Yongming)
Distinction
posthumes :
*chambellan du Palais
* général de la Garde
* nom : Wen (文)

Fan Yun (chinois : 范云 ; chinois traditionnel : 范雲 ; pinyin : Fàn Yún ; Wade : Fan Yün) (451-503), également connu sous le prénom de courtoisie de Yanlong (彦龙) [2], est un haut fonctionnaire, un écrivain et un poète chinois célèbre actif pendant les dynasties Qi du Sud et Liang. Originaire de Wuyin dans la commanderie de Nanxiang (aujourd’hui au nord-ouest du comté de Biyang, province du Henan), il vit sous les dynasties dynastie Liu Song, Qi du Sud et Liang. Il est renommé pour sa grande érudition. Il est un ami personnel de l’empereur Wu, fondateur de la dynastie Liang, et exerce une autorité de chancelier sous son règne. Il meurt en 503[1]. Il est l’un des « Huit Amis de Jingling »[note 1],[2],[3] p.36.

Biographie

Fan Yun appartient à la puissante et prestigieuse famille Fan (en) : il est le descendant de sixième génération du général de pacification du Nord Fan Wang (范汪) sous les Jin et sa famille a une longue tradition bureaucratique[note 2],[4]

La première chanson du Classique des vers (Shijing), calligraphiée par l’empereur Qianlong au xviiie siècle.

À six ans, Fan Yun étudie le Classique des vers[note 3] auprès de son oncle par alliance Yuan Shuming et il récite neuf feuilles par jour[4]. Il possède une vive intelligence et dès l’âge de huit ans, il apprend à composer des poèmes. En grandissant, Fan Yun devient habile en composition[2],[5].

Il commence sa carrière comme secrétaire adjoint du bureau occidental de la commanderie de Yingzhou, puis est transféré comme conseiller adjoint itinérant aux affaires judiciaires militaires[6].

En 479, quand le prince de Jingling, Xiao Ziliang (460-494) des Qi du Sud devient gouverneur de Kuaiji, Fan Yun est nommé secrétaire principal de son administration, mais il est encore inconnu du prince. À partir de ce moment, il devient le favori principal de toute la cour du prince. Lorsque ce dernier devient administrateur de Danyang, Fan Yun redevient secrétaire principal et reçoit une grande confiance. Fan Yun, en relations amicales avec les poètes Shen Yue, Wang Rong et Xie Tiao, devient l’un des « Huit Amis de Jingling »[5]. Quand le prince Xiao Ziliang est nommé gouverneur de Nanzhu et de Nanyan, Fan Yun le suit dans tous ses déplacements administratifs. Puis, Fan reçoit d’autres nominations et avant d’être nommé officier du Secrétariat impérial, section du palais[2].

En 492, Fan Yun part en mission chez les Wei du Nord avec le poète Xiao Chen et reçoit les éloges de l’empereur Xiaowen des Wei[4],[2]. De retour de mission, il est de nouveau promu secrétaire intérieur de Lingling où il se conduit avec intégrité, réduit les charges excessives, supprime les dépenses inutiles, et le peuple vit en paix[5]. Puis il sert à Shixing où il gouverne avec bienveillance et le peuple de la commanderie le considère comme un être quasi divin[2],[4]. L’empereur Mingdi (r. 494-498) le rappelle à la capitale, il occupe plusieurs postes dont celui de gentilhomme titulaire de rang plein. Puis il obtient quelques promotions avant d’être nommé gouverneur de Guangzhou et général de brigade de la pacification du Yue du Sud où il gouverne avec intégrité, acquérant une grande réputation et obtenant des bons résultats administratifs[5],[6]. À la suite d’une affaire, Fan Yun, est rappelé, emprisonné, puis libéré lors d’une amnistie[4]. En 499, lorsque Fan Yun est nommé docteur à la prestigieuse Académie impériale, mais avant de recevoir officiellement la charge, le marquis Donghun, l’empereur Xiao Baojuan, est assassiné en 501[4],[5]. Après la mise à mort de Xiao Baojuan, Fan Yun entre dans le cercle des conseillers proches de Xiao Yan. En 502, Xiao Yan prend le pouvoir, il remplace les Qi du Sud et fonde la dynastie Liang. Fan Yun travaille de concert avec Shen Yue et d’autres pour soutenir le régime[5],[6].

Peu après, Fan est promu à plusieurs postes dont celui de conseiller de cour adjoint attaché à la cour impériale et directeur des affaires judiciaires de sa province[2],[4]. Il atteint les fonctions de vice-directeur de droite du Département des affaires d’État[4],[6],[5]. En récompense de ses mérites dans l’établissement du régime, il est fait marquis de Xiaocheng[6]. Peu après, il est accusé d’avoir contrevenu à un édit impérial dans la nomination des fonctionnaires ; il est démis de toutes ses fonctions, mais conserve son poste de vice-directeur droit[2]. Le 15 juin 503, Fan Yun est toujours en fonction et il meurt de maladie à l’âge de cinquante-deux ans. L’empereur Wudi verse des larmes et se rend immédiatement en personne à ses funérailles[2].

* * *

À titre posthume, Fan Yun reçoit les titres de haut conseiller de la cour impériale, de général de la Garde et son nom posthume est Wen (文)[5],[7].

Poésie

Fan Yun est l’une des figures dirigeantes du milieu littéraire des dynasties Qi du Sud et Liang et il excelle à la fois en poésie et en prose. Il entretient des amitiés avec plusieurs poètes dont Shen Yue, Wang Rong, Xie Tiao et He Xun. Dans le Classement des poètes (诗品) de Zhong Rong il est dit :

« La poésie de Fan est claire, fluide et gracieuse, comme un vent qui tourne et une neige qui revient en tourbillonnant.[note 4] »

Pendant la période Yongming (483-493), de la dynastie Qi du Sud, un nouveau style de poésie devient populaire, le Yongming ti (style poétique Yongming). Fan Yun pratique ce type de poésie qui est particulièrement promu par les Huit amis de Jingling (竟陵八友) qui sont aussi les huit écrivains du prince Xiao Ziliang des Qi du Sud[2],[3] p.36.

Œuvres

Fan Yun a un recueil trente volumes, mais dès le début des Tang il est déjà en grande partie perdu[4], Aujourd’hui, ses textes en prose ont presque entièrement disparu, mais il reste plus de quarante poèmes.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Les « Huit amis de Jingling » sont Xie Tiao (谢朓), Shen Yue (沈約), Wang Rong (王融), Xiao Yan (謝朓), Xiao Chen (萧琛), Fan Yun (范云), Ren Fang (任昉) et Lu Chui (陸倕).
  2. ↑ Son grand-père Fan Qu, durant les Song des dynasties du Sud, occupe le poste de gentilhomme assistant du Secrétariat central (中書 侍郎). Son père Fan Kang est officier militaire au gouvernement de Yingzhou.
  3. ↑ Le Classique des vers (Shījīng) ou Livre des Odes (毛詩) est un recueil d’environ trois cents chansons chinoises antiques dont la date de composition pourrait s’étaler des Zhou occidentaux au milieu des Printemps et des Automnes.
  4. ↑ Traduction libre de : « 范诗清便宛转,如流风回雪. »[2]

Références

  1. ↑ Plusieurs auteurs sous la direction de Rémi Mathieu, Anthologie de la poésie chinoise, Lonrai, Gallimard, coll. « La Pléiade », , 1547 p., p. 1264
  2. (zh) « 范云 (范雲) (Fan Yun) », sur Baike.baidu, Pékin,‎ (consulté le )
  3. (zh) Zornica Kirkova, Roaming into the Beyond: Representations of Xian Immortality in Early Medieval Chinese, vol. 129, Boston, Leiden, (lire en ligne)
  4. (zh) 李延寿 (李延壽) Li Yanshou (?—687), dynastie Tang, 南史 (Histoire des dynasties du Sud) ; biographie de Fan Yun, vol. bio 47, 内府刊本 (édité par la Bibliothèque impériale),‎ 7e siècle (compilation)
  5. (zh) source : Une tenture de lune pâle éclairant la clôture de paille à l’est, « 【收藏】范云诗全集 ([Collection] Recueil complet des poèmes de Fan Yun », sur Sohu.com, Hebei,‎ (consulté le )
  6. (zh) « 范云 (范雲) (Fan Yun) », sur Baike.baidu, Pékin,‎ (consulté le )
  7. ↑ (zh) 姚思廉 (Yao Silian), dynastie Tang, 梁書 (Livre des Liang), vol. 30, biographie de Fan Yun,‎ terminé en 635 (lire en ligne)
  • icône décorative Portail de la poésie
  • icône décorative Portail de la Chine
  • icône décorative Portail de l’Asie