Châtelet (en wallonTcheslet) est une ville de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Depuis la fusion des communes de 1977, la ville de Châtelet regroupe Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau. Toutefois, les identités propres à ces trois communes sont restées importantes. Il est donc fréquent d'entendre les gentilés respectifs : Bouffaloniens (ou Buffaloniens), Châtelettain et Castelinois.
Châtelet fait partie du Pays Noir, ancien nom de l'agglomération commune avec Charleroi, sur la Sambre, marqué par l'exploitation minière du bassin houiller. La localité reste encore un pôle sidérurgique important en Belgique et en Europe avec la présence du groupe industriel Aperam, spécialisé dans la production d'acier inoxydable.
Toponymie
L'origine et la signification du nom Châtelet proviendrait de Châtelin (petit château), diminutif de Châtelineau qui s'écrivait en latin Castellinellum. Comme de nombreuses villes, son nom a varié au sein des textes, au fil des siècles et au gré des langues. Les formes les plus anciennes (1219 à 1232) sont des variantes de Chesteling et Chasteling. Mais on a également parlé de Châtelet-sur-Sambre ou encore de Chasselet jusqu'au XVIIIe siècle. Pourtant, l'orthographe Châtelet existe depuis 1588[2].
Géographie
Topographie
La ville comprend une partie basse et une partie haute, appelée le Faubourg. Le paysage est marqué par plusieurs collines au sud et à l’ouest, généralement peu élevées, sauf près de la Sambre et en direction de Bouffioulx, où les pentes sont plus raides. L’altitude est de 110 mètres 20 devant l'hôtel de ville et atteint 121 mètres 68 à la rue d’Aiseau, à l’intersection avec le chemin de Warichat[3] actuellement rue des Lorrains.
Géologie
Le sol est très varié : par endroits, on trouve de l’argile et des pierres, ailleurs, c’est la marne ou le sable qui prédomine. Les zones basses sont très humides, tandis que les hauteurs sont particulièrement sèches. Le calcaire est le plus souvent recouvert de terre meuble. Parmi les terres cultivables, les plus fertiles sont composées d’une argile douce et légère, profonde de dix à onze pouces. On trouve aussi des sols grisâtres, mêlés de pierres calcaires[4].
La majorité des documents et archives retrouvés ne datent que du milieu du XVIe siècle, copiés par un greffier nommé Jean Josneal ou Jonneau. Cependant, beaucoup d'écrits ont disparu à cause de conflits ou d'incendies. De plus, les documents sont rares durant la période révolutionnaire française et inexistants à l'époque du royaume uni des Pays-Bas. En 1874, Olivier Gilles, un écrivain et historien de Châtelet, proposera de classer et inventorier ces archives. Son décès interrompra son travail que la Société Paléontologique et Archéologique de Charleroi reprendra vingt ans plus tard. Ces travaux de préservations sont désormais à la charge de la Société Royale d'Histoire « Le Vieux Châtelet ».
Préhistoire et antiquité
Du silex aux Nerviens
Avec un sol riche en silex, de nombreux cours d'eau et des étendues boisées, la région qui entoure Châtelet était propice à l'installation de tribus du Néolithique. Des traces remontant à 8 000 ans ont notamment été retrouvées dans la grotte de Montrou (Bouffioulx) et dans la grotte de Presles (Aiseau-Presles). C'est dans cette dernière qu'une douzaine de squelettes et de nombreuses lames de silex ont été retrouvées. Sur le territoire de Châtelet, plus précisément sur le plateau de la Blanche-Borne, des fouilles ont mis au jour ce qui devait être des ateliers de taille de silex.
Les populations celtes se sont également établies sur ce plateau, en rapport direct avec Presles. On a d'ailleurs longtemps supposé que la région avait accueilli la bataille du Sabis, considérant qu'il s'agissait de la Sambre, lieu de victoire de César sur les Nerviens. Mais de nombreux arguments favorisent désormais la Selle[11].
En avril 1880, lors de travaux pour installer des égouts dans la rue du Collège à Châtelet, on découvrit de la poterie de diverses qualités. M. O. Gilles recueillit quelques morceaux et offrit au musée archéologique de Charleroi un fragment d’un grand bol samien richement orné en relief, ainsi que le fond d’un gobelet imitant la céramique samienne et portant le sigle TARVF[12].
Notons, toujours pour l'Âge du Fer, que le bois du Boubier, à la limite avec Couillet, a livré une fortification datée de la transition entre le premier et le deuxième Âge du Fer (soit aux alentours de -400)[13].
Dans le bassin de Bouffioulx, aux abords de la Biesme, la présence d'un ensemble mégalithique indique également une présence ancienne de l'Homme. Malheureusement, l'ensemble et son dolmen furent détruits vers le milieu du XIXe siècle[14].
Un four à poterie et des ateliers du fer gallo-romains
Après la conquête romaine[15], le plateau de la Blanche-borne fut délaissé pour la vallée de la Sambre sur l'actuelle Place du Marché. Des fouilles archéologiques, débutées en 1985, ont couvert 3 200 m2 de parcelles à la rue des Gravelles et à la cour Pinette. On y découvrit de nombreux vestiges médiévaux, mais aussi un four de potier datant du Ier siècle[16].
Moyen Âge
La Charte d'Ekkard
L'Histoire médiévale de Châtelet est liée à celle de Pont-de-Loup dont la première mention remonte à l'année 840, cédée par l'empereur Louis le Pieux à son fidèle Ekkard[17]. En effet, tout comme Marcinelle et Presles, Châtelet est une ancienne villae carolingienne. Cette charte est un acte de concession qui énumère tout ce qui se trouvait dans la villae d'époque : champs, prés, forêts, bâtiments, moulins et serfs. Pour la petite histoire, Ekkard ne jouit pas longtemps de cette donation et mourut quatre ans plus tard près d'Angoulême.
« quasdam res nostre proprietatis que sunt in pago Goniense super fluvium Samera (la Sambre), hoc est villas duas que vocantur Funderlo (Pont-de-Loup) et Marcinas (Marcinelle). »[18]
Rapports anciens entre Châtelet et Pont-de-Loup
Pendant longtemps, l’Église de Châtelet dépendait de celle de Pont-de-Loup, dont elle était issue. À l’époque, une seule Cour de justice servait à la fois Châtelet et Pont-de-Loup. En 1385, Jehan de Tamines occupait les fonctions de maïeur et d’échevin pour Chasteling et Pondrelouz ; en 1396, c’était Johans Spourons, puis en 1408 Jehan Delcour, et en 1411 Pirar Noël Dorèche, parmi d’autres[19].
Les affaires concernant Pont-de-Loup se réglaient à Châtelet. Parmi des centaines d'actes, on peut citer, par exemple, le bail de 12 ans signé en 1447 pour les trois viviers de Pont-de-Loup. L'administration suivait la même logique : les lois et édits en vigueur à Châtelet s'appliquaient aussi à Pont-de-Loup. Chaque année, l’huissier de Châtelet s’y rendait pour publier les ordonnances renouvelées. C’est également à Châtelet que les habitants de Pont-de-Loup tenaient les plaids généraux, où ils élisaient notamment leurs administrateurs[19].
Cette coutume perdurait encore en 1686. Les mambours des Pauvres de Pont-de-Loup présentaient leurs comptes au curé et au magistrat de Châtelet. Depuis Pont-de-Loup, on venait brasser à Châtelet. Il n’était pas rare que des habitants de Châtelet fassent des dons à l’église voisine. Les biens communs servant de vaine pâture étaient librement partagés entre les habitants des deux villages[19].
Châtelet mentionné au XIIe siècle
C’est à cette époque que le nom de Châtelet apparaît. Le cartulaire de l’abbaye d’Aulne, près de Thuin, cite en 1168 Walterus de Castelin et, en 1174, Alardus de Castelin. On y trouvait aussi la mention d’une donation, faite avec l’accord et par la main du prévôt de la cathédrale de Liège à l’abbaye d’Aulne, concernant les biens que Gérard de Castelin et son épouse Gerberge possédaient à Castelin[20].
La date, bien que non précisée, semble encore plus ancienne que celle de l’acte précédent. Selon la tradition et l’étymologie du nom, Châtelet aurait d’abord été une forteresse construite par un prince-évêque. Mais lequel ? Ce supposé fondateur n’est certainement pas l’évêque Henri II, car si l’historien liégeois Chapeauville affirme que celui-ci renforça largement la manse épiscopale en acquérant le castrum (château fort) de Fontaines et en reconstruisant ceux de Couvin et de Fosses, il ne mentionne jamais Châtelet[20].
Le diplôme de l’empereur Frédéric, daté de 1155 et confirmant à l’Église de Liège la possession de ses biens, ne cite pas la localité ; on y trouve toutefois, parmi d’autres, Fontaines « cum omnibus utilitatibus », avec tous ses avantages. En revanche, la bulle du pape Adrien sur le même sujet mentionne d’autres lieux, dont Casselin, qui désigne clairement Châtelet[20].
On pourrait supposer que Châtelet est aussi ancien et, dès le départ, plus important que Châtelineau, cité en 1079. Châtelineau (Chestelincal) signifie « petit château-fort ». Il paraît logique de penser que ce nom venait de la comparaison avec le chasteling ou château-fort situé sur l’autre rive[21].
La charte des libertés de 1220
Extrait de la traduction "(…) Moi, Wautier, seigneur de Fontaine, je fais connaître que j'ai vendu à la Cathédrale de Liège, l'avouerie de Ponderlues et de Chastelin, (…) je ne me suis réservé dans ces dites villae, aucun droit, aucune juridiction, aucun pouvoir, mais j'ai tout abandonné (…)".
Au début du XIIIe siècle, l'avouerie de Châtelet appartient au lignage de Fontaine-l'Évêque, représenté par un certain Walter (Walterus de Castelin ou de Châtelet). Celui-ci est soit seigneur de Fontaines, soit avoué de Châtelet. Châtelet formerait, à l'époque, le cœur de son avouerie. Une hypothèse indique que le personnage aurait soit usurpé ce titre au chapitre de Saint-Lambert, soit commis des excès sur les gens de Châtelet. Le chapitre le forçant par sentence du Tribunal de la Paix à délivrer une charte de liberté aux villes de Châtelet et de Pont-de-Loup[24].
Le , la charte des libertés octroie des privilèges à Châtelet et Pont-de-Loup, abolissant les actes de basse justice, de mainmorte et renforçant le pouvoir des deux villes. C'est dans un acte de vente de 1229 que l'on parlera officiellement de l'avouerie de Châtelet et Pont-de-Loup, revenant de nouveau aux mains du chapitre de Saint-Lambert. Toutefois, il faut remarquer que dans cet acte, ni Bouffioulx, ni Châtelineau n'appartiennent à la seigneurie. Les effets de la charte ne s'y appliquent donc pas et le servage s'y perpétuera encore[25].
Les châteaux de Montrou et Montchevreuil
« Seigneur de Montrou et gouverneur de Montchevreuil ». Médaillon en grès de Bouffioulx, qui a été réalisé au XVIe siècle[26].
La topographie de Bouffioulx, au Moyen Âge était très différente d'aujourd'hui car l'exploitation calcaire a transformé le paysage au XIXe siècle[27]. Le village se trouvait de part et d'autre de la Biesme, coincé entre deux « montagnes » de roche : Montrou et Montchevreuil. Deux châteaux s'y sont construits dès le Xe siècle, surplombant l'accès au village.
Le château de Montrou se trouvait sur le flanc rocheux où culmine l'actuel quartier Saint-Blaise ou Montrou. En contrebas se trouve la grotte de Montrou dont les galeries souterraines (désormais obstruées) menaient jusqu'à l'abbaye de Salzinnes[14]. Un médaillon du XVIe siècle témoigne de festivités qui s'y déroulaient le lundi de Pâques, cette tradition disparaitra au XIXe siècle avec les dernières ruines.
Les ruines du château de Montchevreuil ont également disparu sous les lignes de chemin de fer, aux abords de l'actuelle rue de Montchevreuil. On donna l'ordre de le démolir en 1862, ce qui fait que nous pouvons encore retrouver le dessin des murailles du vieux-château sur un plan cadastral de 1830-1834.
Toutefois, l'esprit de la Seigneurie de Montrou n'a pas disparu, une compagnie de reconstitution médiévale - la Mesnie di Matra - préserve les légendes qui entourent ces lieux.
Enseignement
Depuis toujours, l’instruction publique, qui devrait être la priorité d’une administration communale, a été valorisée à Châtelet. On y trouvait des écoles déjà organisées au début du XVe siècle : en 1438, dans un relevé des rentes dues à l’église cette année-là, Colar Dewez était mentionné comme instituteur. En 1422, on parle de Jean le maître et, en 1441, de maître Jean le Barbieux. Comme Colar Dewez est mentionné entre ces deux dates, on peut supposer qu’il existait déjà à l’époque deux instituteurs, l’un indépendant et l’autre communal, permettant aux enfants pauvres d’aller dans l’une ou l’autre école. Il faut cependant noter que ce Jean Barbieux n’est jamais désigné comme maître d’école[28].
Temps modernes
Édifices religieux
La ville de Châtelet jouit d'une prospérité commerciale durant cette période, ce qui permet la construction de nombreux édifices religieux ainsi que des institutions. Dès 1472, il existait une table des communs pauvres sous l'égide de l'Église[29]. Cette institution de charité venait en aide aux veuves chargées d'enfants, des étudiants pauvres et les orphelins.
En octroyant plus de pouvoirs aux magistrats locaux en 1220, Châtelet se dota rapidement d'une Haute Cour de Justice bien que la première mention remonte à 1335. Elle se tenait au cœur de la Halle qui était également un haut-lieu de commerce. Le rayonnement administratif de la cour s'étalait jusqu'à Bouffioulx. Au XIVe siècle, on élisait le Bourgmestre et les Echevins parmi les bourgeois. Après approbation des Seigneurs, ils prêtaient serment devant la Cour de Justice.
« Je jure que je professe la religion catholique, apostolique et romaine ; Que je serai fidèle et obéissant à Messeigneurs du très illustre Chapitre Cathédrale [sic] ; Que j'administrerai les deniers publics en bon père de famille et comme le mien propre et que je procurerai de tout mon pouvoir le bien et l'avantage de la ville et surceans d'icelle.» - Serment prononcé devant la Cour de Justice.
Toutefois, le rôle administratif de Châtelet, dans la seigneurie, résidait essentiellement sur les épaules du bailli. Le premier d'entre eux, Ernoul de Marbais, a été nommé en 1455[38]. D'après les registres des procès, la Haute Cour de Justice était très active dans l'entité, mais également au sein de la principauté de Liège. Elle fut dissoute en 1796, ses pouvoirs et ses attributions partagées entre l'administration communale, les notaires, les juges de paix et les tribunaux.
En 1543 ou 1544, on parle déjà de reconstruire le Perron. Symbole de liberté, il se dressait à Liège et dans les localités relevant de l’Empire germanique. C’est là qu’étaient proclamées toutes les ordonnances et transmises diverses annonces aux habitants. De là partait aussi le « cri du Perron », en présence de membres de la Cour de justice et parfois du Chapitre[39].
Historique des hôtels de villes de Châtelet
Le siège de l’administration communale se trouvait à la Halle[Note 1], un bâtiment d’abord orné d’un aigle puis plus tard d’une banderole. Il était accompagné d’une tour servant de prison. En 1703, un incendie s’y déclara mais fut rapidement maîtrisé par les dragons. En 1766, le Conseil, constatant que la maison de ville était totalement délabrée, menaçait de s’effondrer et nécessiterait des sommes énormes pour être réparée, remarqua aussi que le rez-de-chaussée servait de repaire aux libertins et défigurait la place. Pour ces raisons et d’autres encore, il fut décidé de réunir les chambres afin de proposer la démolition et d’envoyer des députés demander au très Illustre chapitre l’autorisation de raser la maison ainsi que la tour servant de prison. La proposition fut acceptée par les députés des chambres. Ce n’est qu’en 1801 que le préfet du département de Jemmappes autorisa la démolition de ce vieux bâtiment délabré, dangereux pour les passants. Pendant un certain temps, on utilisa alors un autre bâtiment situé près du cimetière[Note 2], où se trouvait aussi l’école[40] sur la place du Trigeon[41] (place de l'hôtel de ville).
L'actuel hôtel de ville en 2006.
En 1843, l’état vétuste des locaux ne permettant plus aucune réparation ni amélioration, la ville envisage sérieusement de construire un nouvel hôtel de ville[41]. Le , il fut décidé d’acheter à Evrard, père d’un ancien bourgmestre, le Grand Café pour le transformer en hôtel de ville avec salle de classe, et, si besoin, en logements pour les vicaires ainsi qu’en remise pour les pompes. Le tout comprenait un bâtiment avec cour, jardin, écuries et remise, pour 45 000 francs. En 1848, l’aile gauche fut aménagée pour accueillir l’administration, suivie par d’autres travaux par la suite[42]. Pour faire face à l’augmentation de la population de la ville, passée de 3 000 habitants en 1845 à 15 000 en 1928[41].
En 1923, le bâtiment communal a subi d’importantes transformations, avec l’ajout d’une nouvelle façade décorée de bas-reliefs en terre cuite, œuvres du sculpteur et céramiste Eugène Paulus. Entre 1981 et 1988, il a été rénové et restauré, mettant clairement en valeur l’architecture intérieure ancienne ainsi que l’édifice dans son ensemble[41].
L'ancien hôpital d'Outre-Biesme
L’hôpital de Châtelet, attesté dès 1478[Note 3], fonctionnait de manière indépendante et ne relevait pas de la Table des Pauvres. Il lui versait néanmoins une rente de trois setiers d’épeautre, preuve que leurs patrimoines étaient distincts. Jusqu’au compte de 1556‑1557, l’établissement n’apparaît que par de modestes dons destinés aux malheureux qui y séjournaient, principalement des malades. Le premier registre du Bureau de Bienfaisance, auquel fut annexé celui de l’hôpital, date de 1575‑1576 (pièce no 498). Cette nouveauté s’inscrit dans un intervalle marqué par une lacune documentaire entre 1557 et 1575. Avant cette dernière date, aucun mambour de l’Hôtel‑Dieu n’est mentionné. Une pièce qui porte le numéro 398 révèle qu’en 1574 encore, l’hôpital était affermé à un hospitalier qui percevait les rentes pour son propre compte, sous conditions fixées par la Cour de Justice, à laquelle il devait rendre des comptes. Au milieu du XVIe siècle, plusieurs inventaires décrivent l’immeuble situé au‑delà du pont de Biesme : il comportait une chambre haute, une chambre pour les prédicateurs, une chambre basse et une « gayoul » (cage). Le mobilier était sommaire : six ou sept lits, sept paires de draps et deux oreillers en « ticquelois »[43].
Le , la Cour nomma à vie Giele Innocens et son épouse comme hospitaliers. Ils s’engagèrent à ne pas louer les places réservées aux pauvres, à entretenir cinq lits (quatre pour les indigents et un pour les prédicateurs), et à fournir chaque jour aux pensionnaires une écuelle de pois ou un potage équivalent. Lorsque l’hôpital eut un mambour chargé de ses intérêts, celui‑ci fut commun avec la Table des Pauvres. Les comptes étaient consignés dans un même cahier, mais restaient distincts[43].
En 1566, les rentes de l’hôpital atteignaient environ huit muids d’épeautre et neuf florins. Elles augmentèrent sensiblement en 1575, avec un total de 141 florins et 10 patards, mais chutèrent en 1581‑1582 à 79 florins et 7 ½ patards. En 1626, les revenus des Pauvres s’élevaient à 600‑700 florins[44].
Le , une enquête ordonnée par l’Official de Liège, à la demande du curé et du mambour des Pauvres, visait à obtenir l’autorisation de vendre l’ancien hôpital, menacé de ruine et fréquemment inondé. La reconstruction fut réalisée en 1574, mais les finitions (plafonnage, caves, menuiseries) restèrent à la charge de l’hôpital. Le nouvel édifice, situé au Fonteny, possédait un jardin ou « courtineau ». On y mentionne encore une tour au siècle dernier. Une rue reliait le Trieu à l’hôpital. Jean Henry obtint la place de l’ancien bâtiment « à proclamation », moyennant une rente de 10 patards à l’hôpital et de 6 patards à la Table des Pauvres. Dans les comptes, les hôtes de l’hôpital ne recevaient qu’un potage de pois, cuit à l’eau et au sel, sans beurre ni graisse. En réalité, on leur distribuait de petites sommes d’argent afin qu’ils puissent subvenir eux‑mêmes à leurs besoins[45].
Le titre de Bonne Ville en 1651
En 1316, la principauté de Liège octroie des privilèges supplémentaires aux communes par la Paix de Fexhe. Châtelet n'en fait pas encore partie, mais son rayonnement administratif englobe Pont-de-Loup, Pironchamps et Bouffioulx. Elle profitera d'une prospérité économique et industrielle, notamment grâce aux grès de Bouffioulx. Sur le plan religieux, Châtelet devient un doyenné en 1559. Certains artistes de la ville se feront connaître, tel que Jean Guyot, maître de chapelle de l'empereur Ferdinand Ier ou encore le peintre Pierre Jouet qui peindra pour les abbayes de Soleilmont et d'Aulnes. C'est finalement en 1651 que les titres des Bonnes Villes de Liège sont définitivement fixée et Châtelet en fait cette fois partie.
Enseignement
Au XVIe siècle, l’enseignement à Châtelet se limitait à la lecture, l’écriture, le calcul et le chant. Dès 1547, un maître d’école, Damien, enseignait aussi le latin, suivi par d’autres maîtres et les récollets de Saint-François, qui ouvrirent des classes en 1615[46].
Au XVIIe siècle, plusieurs tentatives furent faites pour établir des écoles latines, mais les débats au sein du Conseil et le refus du Chapitre de Liège retardèrent leur création. Ce n’est qu’en 1701 que des récollets furent officiellement chargés d’enseigner, avec le soutien matériel de la ville. Les élèves y jouaient même des comédies. Cependant, les locaux près du cimetière étaient jugés insalubres, et les récollets quittèrent plusieurs fois la ville. Malgré des aides en vivres et en argent, les écoles furent abandonnées en 1724 pour raisons financières. Les bâtiments furent vendus en 1731, mais la population regrettait la disparition du collège et demanda son rétablissement[47].
En 1731, après plusieurs démarches auprès des Jésuites, Augustins et du Père Cogneau, la ville de Châtelet obtint l’autorisation du Prince-Évêque et du Chapitre de Liège pour fonder un collège et une chapelle. On acheta la « grande maison » sur la place du marché, aménagée en trois classes, financées par un impôt sur la bière. Quatre prêtres y enseignaient la rhétorique, la grammaire, la lecture et l’écriture. Les cours étaient gratuits pour les enfants de la ville, tandis que les étrangers et pensionnaires payaient une modeste contribution. Les élèves devaient apporter linge, livres et objets de base, et suivre une discipline stricte excluant jeux et lectures frivoles. Le collège assurait aussi la messe quotidienne, et un professeur présidait à la table en donnant des leçons de civilité et d’histoire[48].
Entre 1739 et 1740, le collège de Châtelet accueillait à peine une trentaine de pensionnaires et sombra rapidement dans le déficit. En 1742, l’enseignement du latin disparut pour la troisième fois, et en 1750 la « grande maison[Note 4] » du marché, qui abritait le collège, fut vendue. Malgré cela, les habitants tentèrent à plusieurs reprises de rétablir un collège : en 1759, une taxe sur la bière et le vin fut proposée pour le financer, et en 1764 une pétition souligna l’importance de cultiver la jeunesse. Les Jésuites furent même sollicités, mais sans succès. Le latin continua toutefois à être enseigné ponctuellement, comme en 1775 par le maître Lanoy. Les demandes répétées au Chapitre de Liège pour rouvrir un collège d’humanités échouèrent, faute de moyens. L’histoire montre pourtant l’attachement des habitants à l’enseignement du latin, présent depuis 1615, même si l’enseignement primaire finit par prendre le relais[49].
En 1626, Anne de Bomael fonda à Châtelet un couvent de Dominicaines, avec l’appui du Magistrat, à condition que les religieuses instruisent gratuitement les enfants pauvres. L’autorisation officielle du Chapitre de Liège arriva en 1628, mais on leur rappela plusieurs fois leur devoir d’enseignement, suscitant plaintes et remontrances. Malgré ces tensions, les sœurs accueillirent jusqu’à 26 pensionnaires et enseignaient aux filles de la ville et des environs. À la Révolution française, leur couvent fut supprimé et vendu, bien que les habitants aient plaidé pour son maintien. Plus tard, les bâtiments furent occupés par les sœurs de Sainte‑Marie. En 1794, la ville supprima les gages du maître d’école, et en 1802, le Conseil décida de conserver une seule école primaire, confiée à l’instituteur Laurent Pochant, avec logement et écolage payé par les familles[50].
Guerres, sièges, pillages, fortifications et ponts
Châtelet n'a pas été épargnée par les conflits. Sa position aux frontières de la principauté de Liège, enclavée entre des possessions fréquemment contestées (comté de Hainaut, duché de Brabant, comté de Namur), ne jouait déjà pas en sa faveur. Cependant la ville se situait à un endroit stratégique pour traverser la Sambre - raison pour laquelle on parlait parfois de Châtelet-sur-Sambre.
La première mention du pont de Sambre date de 1385, mais les découvertes gallo-romaines faites au XIXe siècle laissent supposer qu'on y traversait déjà le gué au Ier siècle. Ce pont fit couler beaucoup d'encre, partagé entre Châtelet (principauté de Liège) et Châtelineau (Comté de Hainaut). Il fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises, si bien qu'on en fit un pont-levis dès le XVIIe siècle[51].
En 1408, la ville connut pillages et incendies, lorsque les Liégeois se révoltèrent contre leur prince-évêque, Jean de Bavière. Assiégé à Maestricht par des habitants de Dinant, Thuin, Châtelet, Fosses et Couvin, il fit appel au duc de Bourgogne ainsi qu’aux comtes d’Artois, de Namur, de Hollande et de Hainaut. Ce dernier, Guillaume, duc de Bavière et comte de Hainaut, également son frère, quitta Mons avec sa suite le . Aux alentours du pays de Liège, les Hennuyers se mirent à tout dévaster. En plus de Châtelet, ils mirent le feu à Fontaine-l’Évêque, Marchienne-au-Pont et Fosses. Les assiégeants durent abandonner Maestricht pour défendre leurs foyers. L’expédition dura huit jours[52].
Vingt-deux ans plus tard, en 1430, Châtelet, déjà assez important, se retrouva mêlé aux conflits entre le comté de Namur et les Liégeois. Walcourt avait été pillé par les habitants de Thuin et les « Sambrisiens ». En représailles, les Namurois, après avoir vaincu les Liégeois à Aiseau, mirent le feu à Châtelet et à Fosses sous la direction d’Antoine de Croy. Dans ces deux villages, ils mirent le feu à l’église, condamnant tragiquement ceux qui s’y étaient abrités. Ils emportèrent les cloches et tout ce qu’ils purent dérober et piller. Pendant cette guerre terrible, plus de trois cents villages ou hameaux des deux pays furent réduits en cendres[53].
En 1497, on signale des soldats dans la région et on monte la garde. La ville est saccagée par des troupes allemandes. Les funestes conséquences de ces guerres, les exactions et les pillages qu’elles entraînent, ainsi que le malaise qu’elles laissent derrière elles, se font vite sentir. Il faut remettre beaucoup de rentes et instaurer de nouvelles gabelles. Lorsqu’un de ces malheurs frappe la ville, les denrées deviennent plus chères et le registre des « faultes » (sommations de payer les arriérés de rentes) parle de lui-même[54].
En 1542, dans sa lutte contre Charles-Quint, François Ier pouvait compter sur un allié de poids : Guillaume de la Marck, duc de Clèves et de Juliers, successeur de Charles d’Egmont. Un ambitieux projet visait à s’emparer du Luxembourg pour relier en un seul bloc les territoires de Guillaume de la Marck à ceux du royaume de France, depuis le Zuiderzee jusqu’à la Méditerranée. Marie de Hongrie fit preuve d’une énergie remarquable. En plus des forces nationales de tous types, de nombreux corps de lansquenets furent levés. Le pays de Liège fut occupé, tout comme les autres parties intégrantes des Pays-Bas. Pendant que Martin van Rossem prenait la tête des troupes de Guillaume de la Marck, le dauphin de France rassemblait une armée à Péronne, Roye et Montdidier. Cette attaque coordonnée ne troubla pas la gouvernante, qui redoubla d’énergie. Le seigneur de Boussu installa son quartier général à Heeze, renforça la garnison de Grave et se prépara à empêcher van Rossem de franchir la Meuse[55].
Dans la mise en œuvre de son plan de campagne, Van Rossem mit toutes les troupes du pays en mouvement pour lui barrer la route. Repoussé de Louvain, il reprit sa marche, laissant Bruxelles sur sa droite, et, incendiant les villages, passa par Wavre et Gembloux, massacrant les défenseurs du château de Corroy. De nombreux corps de cavalerie, lancés à sa poursuite par le seigneur de Boussu, qui avait installé son quartier général à Nivelles puis à Gembloux, harcelaient sans relâche les bandes gueldroises, tandis que les milices namuroises les attendaient à chaque passage et leur infligeaient de lourdes pertes. Les Namurois, sous le commandement de Pierre de Werchin, firent de nombreux prisonniers. Le , De Boussu atteignit l’arrière-garde ennemie et la repoussa vers le corps principal. Ces attaques n’empêchèrent pourtant pas les Gueldrois de franchir la Sambre à Châtelet, où ils rencontrèrent une résistance héroïque. De là, les troupes ennemies allèrent loger à Florennes, qui fut rançonnée, avant de prendre la route par Aubenton pour rejoindre le duc d’Orléans devant Yvoir. Cependant, Châtelet ne sortit pas indemne de ce combat déséquilibré. Il fallut emprunter pour couvrir les frais engendrés par les troupes[56].
En 1552, durant la campagne de l’année, un camp fut installé à Châtelet sur ordre de la régente, Marie de Hongrie, et placé sous le commandement du comte de Boussu. On dépensa encore beaucoup d’argent pour les troupes, et des habitants étaient envoyés dans toutes les directions pour suivre les mouvements des armées, souvent accompagnés de guides. Enfin, on reconstruisit un pont sur la Sambre pour les besoins des soldats[57].
En 1554, un ordre de l’Empereur, daté de Bruxelles le , annonçait l’arrivée à Châtelet du régiment du colonel Zubendi. Les vivres devaient être fournis à un prix raisonnable. Ce fut encore une année désastreuse pour les finances communales : les dépenses s’élevèrent à 328 florins et 8 deniers, tandis que les recettes ne dépassèrent pas 230 florins. Cette année-là, le roi de France Henri II passa également par Châtelet[57].
Vers 1578 et 1579, on commença à fortifier la ville, ce qui était bien nécessaire. Des troupes de toutes nationalités y logeaient ou y passaient constamment. En avril, la ville accueillit l’ambassadeur du roi d’Espagne, le capitaine de Simai (Chimay), des envoyés du Prince de Liège et des Espagnols accompagnés de Son Altesse. Le 24 du même mois, un ingénieur de ce prince examina les alentours depuis le sommet de la tour[58].
En 1579, au début de l’année, le capitaine Jnigne campait à Châtelet et refusait d’en partir. Il y resta treize jours, jusqu’à ce qu’un ordre de Monseigneur de Berlaimont le contraigne à quitter les lieux. Il était arrivé la veille de la prise du château de Châtelineau, survenue vers le . Les habitants fournirent des vivres aux assiégeants. Toute l’année, il fallut loger des soldats et assurer la garde sur la tour et ailleurs, tandis que le tambour battait sans relâche pour appeler les citoyens à leur poste. Un colonel écossais et ses soldats du camp des États séjournaient à Châtelet pour le protéger contre le pillage. La tâche fut ardue, car il fallut leur verser 150 florins pour les retenir. Cette somme fut payée au nom des marchands de clous, qui avaient entreposé une grande quantité de marchandises à la halle, attisant la convoitise des pillards. L’église, quant à elle, a probablement été pillée[59].
En 1638-1639, les Espagnols ravagèrent à nouveau la région de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Châtelet, ainsi que Fosses, Thuin et Couvin, tombèrent sous leurs attaques. Malgré les travaux de défense entrepris dès le , le marquis de Gonzague prit la ville d’assaut le . Les autorités de Châtelet avaient refusé de loger les troupes impériales du marquis, car leurs chefs n’avaient présenté aucun ordre du Chapitre ni du Prince-Évêque, l’Électeur de Cologne, qui avait recommandé de ne pas les accueillir. La ville fut prise sous le feu des canons. Des soldats allemands y furent installés[60].
Les dégâts s’élevèrent à plusieurs centaines de florins, et il fallut même réparer la maison de la cure. Sans y résider en permanence, de Gonzague y avait établi son domicile et revenait à Châtelet de temps en temps, probablement après des expéditions. Durant cette période (janvier à mai), on y vit les capitaines La Chambre, Montfort, le comte de Warfusée et Bodart. Châtelet et les villages alentours versèrent des contributions totalisant 2 379 florins et 15 ½ patacons. Le meunier du moulin municipal versa à lui seul 100 patacons, sans compter les pertes et les vols dont il fut victime[60].
En 1653, Châtelet était cerné par des troupes étrangères. Le , une compagnie et l’état-major du comte de Hollac arrivèrent de Marchiennes. Avec cette charge supplémentaire, Châtelet devait payer 168 rations. L’état-major coûta plus de 900 patacons. La ville, totalement ruinée, devait plus de 100 000 florins, entre dettes et intérêts. Le , le Chapitre ordonna l’expulsion des soldats du comte de Hollac. Le magistrat répondit qu’ils n’étaient pas assez forts pour l’exécuter. En 1639, expliqua-t-il, ils avaient tenté de résister, mais le canon avait rapidement écrasé toute opposition. Ils ne voulaient plus renouveler l’expérience. Trois jours plus tard, le comte de Hollac, absent lors de la sortie de ses hommes, écrivit pour se plaindre de la supposée trahison des Châtelettains. On lui répondit dès le lendemain que la ville était soumise à l’autorité du Chapitre et que les ordres de son prince et de ses seigneurs primaient sur les siens ; qu’en outre, ils avaient jusque-là accepté bien trop facilement les logements et contributions sans rapport avec leurs moyens[61].
En 1672, la guerre reprend entre les Provinces-Unies et la France. Vers la fin de l’année, les Hollandais viennent assiéger Charleroi, mais l’hiver interrompt l’opération. À Châtelet, une partie des troupes du prince d’Orange passe et y installe une sauvegarde, recevant en échange des présents. Lavergne, major du régiment des Gardes du prince d’Orange, arrive vers le pour loger au Faubourg avec quatre compagnies, obligeant à racheter le logement et les fourrages pour 930 florins et 15 patards. Le 21, les bagages du prince sont transportés de Châtelet à Gilly. Les dépenses pour guides, passages de soldats et autres frais sont considérables[62].
En 1673, l’Espagne déclara la guerre à la France. Les Espagnols et les Hollandais menacèrent Charleroi. Le , vers 8 h du matin, 42 compagnies de l’armée française traversèrent Châtelet. Il fallut loger Saint-Claz, brigadier de l’armée française, qui resta du au . Cet officier, accompagné de sa famille, occasionna de nombreuses dépenses. Les troupes françaises campaient le long des prairies de Châtelineau et franchissaient la rivière par un pont construit en contrebas du pré Chabot[63].
Le , Châtelet fut pillé sur ordre du marquis de Conflans, sous prétexte que la ville aurait pris les armes pour soutenir les Français. Rien ne fut épargné, pas même les lanternes du corps de garde. La veuve Paul Gilot perdit toutes ses marchandises. Trente-cinq patacons appartenant à la chapelle Notre-Dame furent saisis par les Espagnols dans la maison de Jean Bustin, mambour de cette chapelle. Il fut alors décidé entre le recteur, le curé et les autorités de Châtelet que celui-ci ne serait pas tenu responsable de la perte et que la somme volée serait déduite de ses comptes à venir[64].
Les fortifications
Délimitation des remparts de Châtelet.
Contrairement à Châtelineau et Bouffioulx, Châtelet ne possédait pas de château et fut, comme d'autres villes bourgeoises, la proie de fréquents pillages. Parmi ceux-ci, on peut noter le passage de Charles le Téméraire et de ses troupes en 1466[53].
En 1546, Charles Quint proposa au Prince-Evêque de Liège de renforcer Châtelet afin de fermer cet accès sur la Meuse aux Français[65]. Ponts et fossés existaient déjà en 1544 et ces premiers travaux de fortifications permirent de clôturer la ville en 1563[66]. Un an plus tôt, le , on accordait des privilèges à la ville pour assurer sa défense par la mise en place du serment des arquebusiers[67].
En 1577, les habitants de Châtelet demandèrent au Chapitre d’envoyer quelqu’un pour rétablir l’ordre, relever leurs murailles et les protéger contre les gens de guerre. On leur dépêcha Winand de Wyngarde. C’est à ce moment qu’on construisit la porte et le pont-levis de la grande Strée. Ce dernier était équipé de pentures, serrures, clés, chaînes et verrous. Deux « banneroulles » réalisées par Lambert Lorent, maréchal, furent installées sur les deux bras du pont-levis. Jean de Malines peignit sur ces bannières les armoiries de l’Empire. Pour ériger ce pont, on fit venir à « ocquy » des billardeaux depuis le rivage des Gravelles. Cette année-là et l’année suivante, on entreprit de grands travaux de fortifications. Chaque bourgeois devait y participer un jour par semaine. Les étrangers réfugiés dans la ville payaient une taxe de 30 patards par personne. L’ingénieur chargé de fortifier Châtelet s’appelait maître Nicolas, et les deux maîtres de ville surveillaient les ouvriers. Un receveur spécial, Nicolas de Fleurus, percevait un salaire de 6 patards par jour, alors que les autres gagnaient 8. Entre et , on utilisa des milliers de charretées de gazon pris au Trieu et aux Joncquères, ainsi que du bois, des « closins », des « veloudes » (gros fagots), du sable, de la chaux, etc. Deux énormes chênes furent abattus au Fonteny et au Trieu, fournissant respectivement 500 et 465 pieds d’ouvrage[68].
Les fortifications venaient à peine de débuter lorsqu’un ordre formel de don Juan d’Autriche exigea leur destruction. Au son du tambourin, on ordonna de rapporter les outils sur le Perron. Le capitaine de cavalerie espagnol Gonzague exécuta cet ordre avec sa compagnie. Les Espagnols s’emparèrent ensuite d’objets de valeur que la ville dut racheter. En 1582 et 1583, on voulut renforcer le dispositif défensif en construisant un fort dans la tour, le cimetière et l’église, pour servir de refuge en cas d’attaque. Seuls des fossés et de petits remparts furent finalement autorisés. Le Chapitre hésita quelque temps avant d’accepter cette demande pourtant légitime, craignant qu’une ville fortifiée, si elle tombait aux mains de l’ennemi, ne représente un danger pour les localités voisines[69].
Le compte de la ville pour 1585-1586 mentionne seulement la présence à Châtelet de Bourguignons et de Castillans. Les travaux de fortification se poursuivent pendant six mois, de la muraille du cimetière jusqu’aux tanneries et au pont de la Biesme. On travaille cinq jours sur la muraille et le tourillon de la Tombelle. Les fossés près du cimetière, longs de 72 pieds et larges de 16, sont approfondis et nettoyés. Près des tanneries, on construit un pont-levis[70].
Les véritables fortifications de la ville datent de 1597, année où d'importants travaux de maçonnage furent entrepris. Avant cela, l’enceinte n’était protégée que par des remparts de terre et des « bailles » ou barrières. En 1652, on travailla aux fortifications et à un posty[Note 5] dans la rue de Bouffioulx, relié au cimetière par des remparts. Plus de 1000 florins furent investis dans ces travaux dirigés par Hubert Drapier. On mentionne alors le fort de l’îlot (ou Liloz), la porte de Saint-Géry et le boulevard Nicolas Noyelle. En 1655 apparaît la nouvelle muraille d’Outre-Biesme, et en 1670, on reconstruisit la muraille reliant le boulevard près de la porte aux broquettes au posty de la Tombelle[71].
En 1667, les travaux de fortification allaient bon train. On releva les terres des remparts et installa des palissades ou barrières sur la portion s’étendant de la porte aux Broquettes jusqu’au poste de la Tombelle. On y utilisa 85 billardeaux[72]. En 1693, la garnison espagnole détruira en grande partie les remparts lors de la Guerre de la Ligue d'Ausbourg[73].
En 1676, sur ordre du gouverneur de Charleroi, de Montal, le Conseil de la ville confia au mayeur Ryckman et au bourgmestre Waucky la mission de prendre les mesures nécessaires pour démolir les fortifications. Celles-ci furent détruites en 1693, mais reconstruites dès l’année suivante. Jusqu’à quel point elles furent restaurées, elles ne jouèrent plus un rôle important dans la défense de la ville, qui se trouva ainsi livrée pieds et poings liés aux caprices des chefs d’armée venus camper dans les environs[74].
Les ponts
Le pont sur la Sambre, reliant Châtelet au marché, fut longtemps au cœur de conflits avec Châtelineau, la rivière marquant la frontière entre les deux localités. Mentionné dès 1385, il servait de passage exempté de péage pour les habitants de Châtelet, Pont-de-Loup et Bouffioulx, moyennant une redevance en or. Souvent détruit ou endommagé (notamment en 1622 par les troupes de don Gonzalès), il fut reconstruit à plusieurs reprises. Les barrières marquant la limite entre les deux seigneuries provoquèrent de nombreux procès à Namur, parfois accompagnés d’incidents graves, comme l’exécution d’Adrienne Le Roussiau en 1627 sur la partie contestée du pont[75].
Au XVIIe siècle, les différends portaient sur la répartition des réparations : la partie en pierre appartenait à Châtelet, celle en bois à Châtelineau. On y installa barrière, corps de garde, et même une aubette vendant de l’eau-de-vie. Vers 1750, le pont fut reconstruit après des inondations. À la fin du XVIIe siècle, un pont-levis fut ajouté pour renforcer la défense de la ville. Le pont portait aussi des images religieuses (Notre-Dame et saint Lambert) et pouvait être fermé par une chaîne[76].
Les ponts de Châtelet furent souvent détruits par les guerres et reconstruits. En 1692, le passage d’eau fut mis aux enchères sur le pont de la Sambre et attribué à Hubert Colo, qui percevait des droits de passage. Plusieurs gués et ponts existaient aux alentours : celui de la Biesme (rebâti en pierre en 1575), la Tombelle (démolie en 1547), le Baquet (détruit en 1702), ainsi que de petits ponts au XVIe siècle (Praie, Trieu, Posty). Au XVIIIe siècle, la ville fit construire ou achever divers ponts en bois et en pierre, notamment près du Perron[Note 6] et de Bouffioulx. La défense de la cité reposait sur fossés, remparts, palissades et tours. Certaines, comme celle des Gravelles (1615) ou de l’église, servaient au guet : des sentinelles y surveillaient jour et nuit et signalaient l’approche des troupes par des bannières. D’autres tours furent encore érigées au XVIIe siècle, notamment près de la porte aux Broquettes et dans les jardins de Traux et Bastin Crame[77].
Le commerce et le rayonnement des poteries de Bouffioulx
À Châtelet[78], comme à Bouffioulx, on retrouve une très importante activité dans le commerce des poteries. Les grès de Bouffioulx sont renommées et la technique de salage, propre à l'entité, sera reproduite en Allemagne. Les transactions se faisaient à la Halle dont on retrouve la première mention en 1438[79]. À l’époque, cette halle servait aussi de siège à l’autorité communale et judiciaire, et le bâtiment était coiffé d’un aigle, symbole de la ville[41]. Elle se trouvait au milieu de la place du marché[80] et fut reconstruite en 1545 après un incendie[81]. Elle fut finalement détruite le 27 vendémiaire de l'an IX ()[41].
Les poteries sont les plus anciennes industries de Châtelet et Bouffioulx (un four de potier romain datant du Ier siècle a été retrouvé dans la rue des gravelles). On trouve trace d'activité médiévale au début du XIIIe siècle[82]. Le , les potiers de Bouffioulx, Châtelet et Pont-de-Loup affermissent leur capacité commerciale en fondant une corporation de maîtres-potiers[83], d'ouvriers et d'apprentis. Leur charte définit les droits et obligations tout en se protégeant du commerce extérieur.
Le travail du fer est également répandu dans l'entre-Sambre-et-Meuse. Forges et clouteries ne manquent pas à Châtelet, si bien qu'un document de 1520[84] de la Cour de Justice locale limite le nombre de forges sur la place du Marché. Une verrerie fut fondée à Châtelet en 1634[85]. Celle-ci fabriquait du verre d'Altare[86] (méthode vénitoise) jusqu'en 1656. Elle fut ensuite vendue et se concentra sur une production plus simple jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Châtelet a également préservé son activité féodale principale : l'agriculture. Toutefois, ces champs étaient plus importants sur Châtelineau et Bouffioulx, ainsi que dans les Faubourgs de Châtelet. Les moulins se concentraient aux abords des rives de la Biesme. On peut aujourd'hui observer, sur le parcours de la promenade des Marchaux les restes du moulin Brockmanne où s'était installée une industrie de tuilerie au XIXe siècle. La ville connaît une activité florissantes et d'autres corporations de commerçants existent : des orfèvres, des drapiers, des pelletiers, des cordonniers, des tanneurs, etc.
Époque contemporaine
Révolutions liégeoise et française
Le , les trois corps de l’État appelèrent à l’insurrection les habitants des villes et des campagnes. Le point de rassemblement pour les volontaires de Châtelet et des alentours fut fixé à Mettet, ou « Montigny-le-Tigneux[Note 7] ». Le , la population se réunit à l’hôtel de ville pour accueillir ceux qui souhaitaient se consacrer au service de la patrie. On lut l’adresse des seigneurs des trois États, et avant toute inscription, la foule demanda quelle récompense la ville offrirait aux volontaires. Le Magistrat demanda au peuple de nommer trois délégués par compagnie, pour examiner la question ; la ville fut divisée en trois compagnies. La compagnie du Perron choisit Jean Delire, Pierre Henin et Walter Gille. Celle du Marché délégua Pierre Vigenon, Pierre Alexandre et Pierre Mathelart ; enfin au Trieu, on nomma Pierre Lejeune, Charles Dispot et Jean-Baptiste Demaret, fils. Le , on décide que les volontaires qui voudront faire partie de l'armée patriotique liégeoise, recevront 5 florins brabant pour frais de voyage, plus 10 sols par jour de service[87].
En 1790, les archives communales conservent quelques lettres concernant les volontaires que le comité de guerre, formé pendant les troubles, avait sollicités à Châtelet, comme dans d’autres communes, pour renforcer l’armée patriotique. À Châtelet, où se trouvait alors un dépôt d’armes, on ne fit pas preuve d’un grand enthousiasme dans ces circonstances. Vers la fin de l’année, des troupes belges et autrichiennes empruntèrent le chemin de la Sarte, en cours de restauration. Ce chantier coûta environ 1000 florins[88].
Le , le bailli de Châtelet et de Lannoy, conseiller, tous deux députés du Magistrat, présentèrent des documents concernant leur conduite durant la révolution. Lors de la séance du , les chanoines déclarèrent qu’ils ne pouvaient assez louer la loyauté de ce magistrat et du peuple dans son ensemble, qui, ayant résisté à l’esprit de rébellion touchant la plupart des villes du pays, donnèrent l’exemple d’une fidélité inébranlable envers le Chapitre, leur souverain, et la plus grande preuve de leur attachement à la Constitution. Le quartier général des révolutionnaires se trouvait au Faubourg, dont les habitants ont toujours eu la réputation d’un esprit frondeur. Jean-Baptiste Bastin dirigeait les sans-culottes, tandis que son frère Louis soutenait l’ancien régime. Malgré cette divergence, ils semblaient bien s’entendre, puisqu’ils vivaient sous le même toit. Maîtres-potiers de métier, ils étaient les descendants du bourgmestre Bastin, déjà aperçu en 1730 aux prises avec le Chapitre[88].
En 1792, vers la fin de l’année, on logea des grenadiers et des impériaux, les premiers étant commandés par Muller. Le , il fut convenu de payer deux hommes pour accompagner les voituriers au service de l’armée française. Le , une demande fut faite pour l’armée des Ardennes, depuis la place de Char-sur-Sambre, afin d’obtenir douze voitures attelées. Le , on décida qu’en cas de réquisition de chevaux, on en compterait deux par charrue, et que tous les propriétaires de chevaux seraient soumis à la même ordonnance. Rien que pour les voiturages, la ville dépensa 904 florins en 1793. Cette année-là, les troupes autrichiennes et françaises séjournèrent de nouveau dans la ville, installant leurs campements sur les Trieux. Au fil de leurs passages répétés, le pont de Sambre fut abattu et reconstruit à trois reprises[89]. Le général Valence arriva à Châtelet, accompagné du régiment des Hussards de Berseny, tandis que la garde du régiment Matheise resta sur place pendant 20 jours. En septembre, la ville versa, à raison de 2 florins par jour, la solde de 31 pionniers envoyés au camp près de Thuin, au service de Sa Majesté Impériale et Royale[90].
En 1794, la ville repasse sous le régime français. Les finances étaient au plus mal, et on chercha tous les moyens possibles pour y remédier. Le , il fut décidé de faire payer la taille sur les maisons même à ceux qui en étaient exempts en raison de leurs charges. On autorisa également un prélèvement de 20 tailles sur tous les biens, qu’ils soient censaux, féodaux, allodiaux, ecclésiastiques ou séculiers, ainsi qu’une taxe de 10 sous par personne quittant la ville. On n’oublia pas les chevaux, le bétail, le vin, la bière, l’eau-de-vie, les pots, les carreaux, les écorces, etc. En plus, on mit en pause le salaire de bon nombre de personnes employées par la ville[90].
En mai et , les armées de la République française arrivèrent sur les rives de la Sambre. La ville de Châtelet en fit largement les frais, surtout durant le siège de Charleroi et pour soigner les blessés après la bataille de Fleurus. Les réquisitions furent cependant effectuées de manière régulière : le directeur des fonds pour la comptabilité des subsistances militaires, le directeur en chef des hôpitaux militaires et le caissier de l’armée du Nord versèrent en assignats aux députés de la municipalité de Châtelet : Wilmet, Stanislas Nalinne, Jean-Bernard, Léopold et Bernard-Anselme Dieudonné Lyon qui distribuèrent la somme aux fournisseurs et remirent le reste à la nouvelle municipalité le 14 prairial an III. Celle-ci avait pour maire Charles Nalinne et pour secrétaire Jérôme-Dominique Spineto[91].
Les Autrichiens, surnommés les « Kaiserlichen », firent sauter le pont de la Sambre pour empêcher les Français de traverser la rivière. Le 28 du mois, l’armée française du général Charbonnier vint assiéger Charleroi, après avoir incendié les abbayes d’Aulne, du Jardinet et de Lobbes. L’empereur François II, victorieux face aux troupes françaises, entra peu après dans la ville. Mais lorsque le général Jourdan prit la tête des forces françaises, il regroupa ses hommes à Fleurus et bombarda Charleroi du 18 au , jusqu’à ce que le gouverneur signe la capitulation dans l’après-midi. Le , on demande, pour nourrir les chevaux des charretiers et autres personnes liées à l’ambulance de la ville, un ou plusieurs bonniers de trèfle ou de luzerne, à fournir par les occupants des biens du Chapitre de Saint-Lambert de Liège ainsi que par les propriétaires émigrés[92].
La plaine de Fleurus vit, deux jours plus tard, la fameuse bataille opposant l’armée française du général Jourdan à l’armée autrichienne du prince de Cobourg, venue secourir Charleroi. La ville, alors sous régime républicain, planta l’arbre de la liberté. Les 23 et 25 Messidor an II (11 et ), on procéda à des réquisitions à Libre-sur-Sambre (Charleroi), les premières destinées à l’hôpital de la Victoire, ancien couvent des Capucins. Le 30 Thermidor (), la ville versa 513 florins pour les pionniers[93].
L'administration communale sous le régime français
Le régime français apporta des changements dans le mode d’élection. Le canton de Châtelet, qui regroupait 15 communes[Note 8], devait, selon la loi du 5 fructidor an III, être administré par une municipalité composée des agents municipaux de chaque commune et d’un président. Châtelet était géré plus spécifiquement par un agent et un adjoint, élus par les assemblées communales ainsi que par les assemblées primaires ou cantonales[94].
La constitution consulaire du 22 frimaire an VIII et la loi organique du 28 pluviôse suivant ont marqué de grands changements. Dorénavant, chaque municipalité est dirigée par un maire, un ou plusieurs adjoints, ainsi qu’un conseil municipal qui se réunit une fois par an, le 15 pluviôse, pour une durée maximale de 15 jours. À Châtelet, comme dans les communes de moins de 5 000 habitants, c’est le préfet de Jemmapes qui nommait les administrateurs, le peuple n’intervenant que très indirectement, par l’élection de notables parmi lesquels le gouvernement choisissait les fonctionnaires[94].
XIXe siècle
Le drapeau d'honneur de 1830 de Châtelet exposé dans la salle du conseil communal de l'hôtel de ville.La stèle commémorative des Volontaires de 1830 de la ville de Châtelet se trouve dans l’entrée de l'hôtel de ville.
Entre 1812 et 1813, par décret du , Napoléon régla la dette de la ville. On se rallia alors au régime impérial, et le Conseil, animé de respect, d’amour et d’admiration partagés avec tous ses concitoyens pour l’auguste personne de Sa Majesté l’Empereur et Roi, demanda comme faveur spéciale l’autorisation de lever et d’équiper à ses frais deux cavaliers montés. Entre 1814 et 1815, la ville fut, pendant un certain temps, placée sous l’autorité des Hautes Puissances alliées[95].
Le 25 au pendant la nuit, la révolution belge éclata. Un gouvernement provisoire fut installé à Bruxelles. Victor Pirmez et son frère Jean reçurent l’invitation suivante : Bruxelles, le . « Le Gouvernement Provisoire invite Mrs Pirmez à organiser et diriger sur Bruxelles un Corps de volontaires, le plus tôt possible. Il lui fournira des vivres pour trois jours et toutes les munitions de guerre qu'il pourra se procurer. M. le Bourgmestre est chargé de donner aide et assistance à l'effet que dessus. Il tiendra bonne note des dépenses qu'il fera. (Signé) Alexandre Gendebien, Sylvain Van de Weyer, J. Vanderlinden, Ch. Rogier, Jolly, F. de Coppin. » Victor et Jean Pirmez se dépêchèrent de recruter des volontaires et prirent la tête de la marche vers Bruxelles et Louvain. À leurs côtés se trouvaient M. Léon Wilmart, d’origine luxembourgeoise, grand industriel métallurgiste installé à Châtelineau, ainsi que M. Leclercq, de Le Roux[96].
Victor Pirmez mit vite sur pied à Châtelet une garde bourgeoise pour protéger les habitants, qu’il prit en main lui-même. En parallèle, comme le peuple rejetait désormais le drapeau hollandais et cherchait un signe de ralliement urgent, il demanda à sa femme de confectionner un drapeau à partir de sa robe de mariage en satin blanc. Il y accrocha la cocarde brabançonne et le fit hisser, au son du tocsin, sur le corps de garde[97].
Le , après la bataille de Sedan, les habitants de Châtelet virent passer sur la place du Perron, en provenance de Saint-Gérard et en direction de Charleroi, les restes d’une armée vaincue. Six fourgons des écuries impériales, chacun tiré par six chevaux, formaient un cortège d’environ 25 à 30 hommes et une quarantaine de chevaux. D’autres véhicules avaient été envoyés vers la Prusse via Libramont. Des habitants compatissants leur offrirent, lors d’une courte halte rue de Loverval, des tartines, de la bière, des liqueurs, des cigares, etc. Douze blessés français furent transportés à l’Hôtel-Dieu (actuellement la clinique Léon Neuens) le , à la demande de Alexandre Brichart, alors bourgmestre de Châtelet[98].
L'administration communale sous le régime hollandais et belge
Sous le gouvernement hollandais, la loi du 12 Mai 1817 institua la Régence qui se composait d'un Conseil de régence de 12 à 20 membres, d'un bourguemaître et de 2 à 4 échevins, nommés tous pour 6 ans et se renouvelant par tiers tous les 2 ans, d'un secrétaire et d'un receveur. La Régence et le collège des bourguemaître et échevins portaient le titre de nobles et honorables seigneurs. Dans chaque ville, les habitants payant annuellement de 10 à 30 florins de contributions directes nommaient un certain nombre d'Electeurs, variant de 24 à 42 et choisis uniquement parmi les habitants qui payaient annuellement des contributions directes de 20 à 60 florins[99].
Le , un bulletin de vote fut organisé pour élire 8 membres du collège électoral de la ville, en remplacement du tiers sortant (6 membres) et de 2 membres décédés. Le corps électoral, composé de 18 membres, désignait alors la Régence ou Conseil communal. Les élus ne pouvaient être parents au premier ou au second degré. On comptait 26 personnes répondant aux critères pour devenir Électeurs, sans inclure les douze anciens Électeurs des années précédentes parmi lesquels il était naturellement exclu de choisir[99].
Les bulletins de vote envoyés à domicile aux électeurs primaires étaient collectés le quatrième jour après leur distribution. Chaque votant, après avoir signé son bulletin, le fermait et le cachetait. Ceux qui ne savaient pas signer faisaient remplir leur bulletin et le faisaient valider par un membre de la Régence, confirmant que l’inscription correspondait bien à leur vote. Le Collège électoral ainsi formé se réunissait une fois par an à l’hôtel de ville, durant la première semaine de novembre, pour élire les membres du Conseil de régence. Les bourgmestres et échevins étaient choisis par le roi au sein du Conseil de la ville, à partir d’une liste triple fournie par ce dernier. La loi du institua l’élection directe des conseillers communaux par les habitants, mais le cens resta en vigueur jusqu’à la dernière réforme électorale[100].
À la fin du XIXe siècle, l’opinion libérale dominait toujours à Châtelet. Auparavant, les divisions tenaient surtout à des rivalités personnelles, avec des figures marquantes comme Victor Pirmez, Charles Crame, Antoine Piret, Alexandre Brichart ou Philippe Speileux. Les élections du envoyèrent dix libéraux-socialistes et trois catholiques au Conseil communal. Le gouvernement choisit cependant le bourgmestre dans la minorité : le docteur Alfred Pasquier, nommé par arrêté royal le [101].
La construction d'un hôpital
En 1861, sous le mandat du bourgmestre Alexandre Brichard, il fut décidé de construire un hôpital à Châtelet. Le , sous la présidence de Godefroy Goret, une commission administrative fut mise en place. La ville confia à l’architecte Auguste Cador la réalisation des plans. Les travaux commencèrent en 1866 et s’achevèrent en 1868[102]. En 1957, l’Hôtel-Dieu ou Hôpital Civil fut transformé en Clinique Léon Neuens, sur décision de la Commission d’Assistance Publique. La même année, un nouvel hôpital fut bâti juste à côté de l’ancien, marquant une première extension. Mais les locaux devenant rapidement trop étroits, une seconde extension fut lancée et se concrétisa en 1976 avec la construction d’une aile de six étages, parallèle à la rue de Pitié[103].
Enseignement
Le 27 Nivôse de l'an XI (1803), le préfet valida cette nomination et ce règlement. L’instituteur devait informer chaque mois le maire du nombre d’élèves et de leurs progrès[104]. Au début du XIXe siècle, il existe peu de documents sur l’enseignement primaire à Châtelet. On dispose néanmoins d’une liste d’élèves pour 1799-1800 : 28 garçons et 23 filles, encadrés par l’instituteur Pochant[104].
En 1837, Defroyenne devient sous-maître auprès de Liénard avec un salaire de 600 francs. En 1840, une pension est accordée à Wilmet, instituteur des pauvres depuis 35 ans. Vers 1843, deux écoles accueillent 196 enfants pauvres, bénéficiant d’un subside de 625 francs pour les Sœurs, porté plus tard à 1 850 francs. Despineto, payé 910 francs, est nommé instituteur communal en 1846 mais jugé négligent ; suspendu en 1851, il démissionne en 1853. Les Frères de la Doctrine Chrétienne prennent alors la relève[104].
En 1860, Cornil prend la direction de l’école gratuite pour garçons pauvres, avant d’être remplacé par Peeters en 1867. Peu à peu, la distinction entre écoles pour pauvres et écoles ordinaires s’efface. En 1861, le Conseil réclame la création d’une école moyenne. Le projet présenté par Misonne en 1863, évalué à 60 000 francs, sera finalement refusé par le gouvernement[105].
Cette même année, des discussions eurent lieu entre le Bureau de bienfaisance et la ville pour la vente, au prix de 12 000 francs, d’un bâtiment avec cour situé place du Baquet. Le ministre estima que c’était 4 000 francs en dessous de la valeur. Un arrêté royal du autorisa le Conseil à acquérir, pour 9 292 francs 56 centimes, des jardins appartenant à Louis Désiré Nalinne, de Bruxelles. Cependant, les travaux ne commencèrent pas immédiatement. L’État accorda ensuite, les et , deux subsides de 20 000 francs chacun. Le corps enseignant se composait alors de MM. Loriaux, directeur ; F. Dewert et X. Michaux, régents ; François Detry et Duquesne, instituteurs ; et L. Van Ermingen, professeur de musique[106].
Le , le Conseil communal demanda à l’évêque de Tournai d’assurer les cours de religion dans la nouvelle école moyenne. L’évêque accepta, à condition de nommer un troisième vicaire. Après une longue interruption, les cours reprirent en 1892. Des classes de latin furent ouvertes en 1875, mais rapidement supprimées. En 1881, l’État reprit l’école par arrêté royal, la ville ayant financé 68 % des frais en 1879. L’établissement connut ensuite une période florissante et un personnel stable pendant de nombreuses années[107].
En 1869, une école industrielle et commerciale voit le jour, accueillant près de 1000 élèves en 1895. L’enseignement primaire se développe largement : écoles des Frères, classes des sœurs de Sainte‑Marie (1832), puis plusieurs écoles communales (Faubourg en 1873, Boubier en 1878, école Froebel en 1882, et de nouvelles écoles en 1895). La population scolaire atteint alors environ 2000 enfants. Il y a 35 ans, on dépensait à peine 3000 francs pour l’instruction, mais en 1895, le budget dépasse les 70 000 francs, illustrant une croissance remarquable[108].
XXe siècle
Le vers 19 h, au charbonnage du Carabinier, un coup de grisou d’ampleur catastrophique se produisit à l’étage de 740 mètres. Sous la violence de l’explosion, le maître pilier de la galerie, situé à peu près sous la place de l’hôtel de ville à Châtelet, s’effondra, causant la mort de 16 personnes[109].
Enseignement
Depuis la fin du XIXe siècle, l’enseignement primaire, aujourd’hui appelé enseignement fondamental, était dispensé dans trois établissements : l’École moyenne de l’État, section « préparatoire », l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes, et l’École des Sœurs de Sainte-Marie, ainsi que dans les écoles communales pour garçons et filles. Pour soutenir financièrement ces dernières et surtout les familles modestes incapables de payer les frais de scolarité, une association philanthropique nommée « Le Dernier des Enfants des Écoles communales » avait vu le jour. Dans les années 1920, le peintre Pierre Paulus avait rejoint ce mouvement solidaire en autorisant la publication d’un dessin au profit de cette cause[110].
Première Guerre mondiale
Cette photo plissée, prise le à Châtelet en Belgique, montre un portrait de groupe des instructeurs éducatifs de la First Australian Field Ambulance après la guerre.
Le , les Allemands des 78e et 91e régiments d'infanterie s'emparent du centre de Châtelet presque sans coup férir. Le bourgmestre et le commissaire de police les reçoivent à l'hôtel de ville. En revanche les troupes françaises des 36e régiment d'infanterie et 39e régiment d'infanterie résistent au faubourg ce qui exaspère les Allemands. Invoquant la présence de francs-tireurs dans la population belge, ils incendient une dizaine de maisons. À cela s'ajoute le bombardement de l'artillerie française depuis les hauteurs de Châtelet. Les Allemands subissent des pertes sérieuses mais contournent le terril du charbonnage du Gouffre et prennent de flanc les Français qui sont contraints à la retraite. Châtelet sort meurtri des combats : 42 maisons sont incendiées, 700 pillées par l'envahisseur et 8 habitants tués[111]. 49 ambulances et hôpitaux provisoires sont organisés pour soigner les blessés. Le lendemain des combats, 1 769 soldats français sont conduits à l'Hôtel-Dieu, où ils reçoivent des soins hospitaliers[103].
Du 22 au 27 août, les Allemands contraignent une centaine d'habitants de Châtelet de recueillir les 889 morts français et 94 allemands et à les inhumer[112]. En les registres d'état civils[113] indiquent une très nette augmentation des décès, tant chez les militaires allemands[Note 9] qu'à l'hôpital de la ville pour les civils[Note 10]. Ce fait correspond très probablement au pic de l'épidémie de grippe espagnole. Au lendemain de la Première Guerre mondiale en 1919, la ville a héberger les troupes australiennes en cas si le conflit reprenait[114].
Seconde Guerre mondiale
Châtelet tombe aux mains des Allemands le . De à , la commune de Châtelet est intégrée au District II du Grand Charleroi sous occupation allemande. Le District de Châtelet comprenait les communes de Bouffioulx, Châtelet, Châtelineau, Farciennes, Pironchamps et Pont-de-Loup[115].
En 1944, l’aviation américaine effectuait ses bombardements en plein jour. Dans la région, les principales cibles étaient surtout les gares et les nœuds ferroviaires, comme la gare de Châtelineau et le grill de formation de Montignies (gare de triage et dépôt de locomotives), situé entre les gares de Châtelineau et de Couillet-Montignies. À cause de difficultés d’évaluation lors des visées, les bombardements ont touché les quartiers de Châtelet, Bouffioulx et Châtelineau, causant de nombreuses victimes parmi la population[116].
Ceux des 10 et , du , du et du ont fait 59 morts, détruit complètement 87 bâtiments et endommagé partiellement 384 autres[116]. Le quartier de Boubier a subi plusieurs vagues de bombardements et l’église Notre-Dame de Patience a été partiellement détruite[117]. Le soir du , la ville a été libérée par la 3e division blindée du 7e Corps de la 1re Armée américaine[118].
L'après guerre
Le , après la guerre, a eu lieu l’inauguration de la Croix commémorative, installée au-dessus de l’abri creusé sous le terril et utilisé par les habitants des alentours lors des raids américains du printemps 1944. Elle avait été érigée en mémoire des victimes des bombardements[119]. Cette croix mesurait 17 mètres de haut et a été détruite lors de l’évacuation du terril en 1978[116]. Une nouvelle croix fut élevé dans la prairie située près de l'église Notre-Dame de Patience[120].
À la suite de la loi sur la fusion des communes, Châtelet fusionne avec les anciennes communes de Bouffioulx et de Châtelineau.
Armoiries
Blason originel octroyé en 1858. À nouveau accordé par arrêté royal le 17 octobre 1973 et confirmé après la fusion des communes le 14 février 1978. Les anciennes armoiries montraient le buste de Saint Eloi habillé en abbé. Bien que décrit comme Saint Eloi, il était très probablement Saint Lambert, le saint-patron local. Les nouvelles armoiries sont une combinaison des armoiries de la principauté de Liège à laquelle le village appartenait et de l'aigle des armoiries de Wauthier de Fontaine, le plus ancien seigneur de Châtelet connu. Il avait reçu le village en prêt du prince-évêque de Liège en 1220[121].
Blasonnement :De gueules à un perron surmonté d’une croix, le tout d’or, au chef du même, chargé d’une aigle issante de sable[122],[Note 11]
Châtelet dispose d'une justice de paix, place de l'Hôtel de Ville et la zone de police Châtelet-Aiseau-Presles.
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural et sites monumentaux
Religieux
Églises
L'église Saints-Pierre-et-Paul.
L'église Saints-Pierre-et-Paul. L'ancienne église qui est datée des premières années du XVe siècle a été détruite, le afin de libérer l'espace nécessaire à la construction de la nouvelle église. Une nouvelle église a été bâtie, de 1867 à 1871 sur les plans de l'architecte Eugène Carpentier de Beloeil[33]. Un incendie[Note 13], survenu dans la nuit du 19 au a détruit entièrement l'église, elle a été reconstruite à l'identique par rapport à l'église initiale[125].
L'église de l'Immaculée Conception. Construite grâce à la générosité de Coraly Pirmez en 1878, l'église est de style néo-roman par l'architecte Elie Piérard de Gilly[126]’[127]’[128].
L'église Notre-Dame de Patience. Bâtie en 1906 à 1907, par l'architecte Valentin Vaerwijck en style néo-gothique[129]. L'église est très endommagée à la suite de la deuxième guerre mondiale et reconstruite en 1962 par l'architecte René Alsteen[127].
Chapelles
La chapelle Saint-Roch.
La chapelle du calvaire. Remplacent un oratoire fondé vers 1730, la chapelle est de style néo-classique datant de 1888. Elle est située à l'angle de la rue de la Praye[127].
Le presbytère et la maison vicariale, construites dans la première moitié du XIXe siècle en style néo-classique[130] situé à gauche de l'église Saints-Pierre-et-Paul.
L'école Sainte-Marie, dans l'ancien couvent des Dominicaines. Edifiée à la fin du XVIIIe siècle et deux ailes de style néo-gothique sont ajoutés au XIXe siècle[131]. Elle se situe rue Neuve.
Civils
Le château Pirmez.
L'hôtel de ville, édifié à l'emplacement de l'ancien devenu trop petit[Note 14]. Construit en 1923-1924 en briques rouges avec une tourelle aujourd'hui disparue. La façade est ornée de reliefs en céramiques peint par Eugène Paulus sont représentés divers corps de métiers[132]’[41].
La « maison espagnole », datant du début du XVIIe siècle[133], édifié par Nicolas Ruffin, échevin du Magistrat au XVIIe – XVIIIe siècle[134]. Elle se situe rue de Bouffioulx.
Le château Pirmez, hôtel de maître néo-classique bâti en 1833 par Victor Pirmez[135]. L'immeuble devient orphelinat en 1903 et centre d'accueil et de formation professionnelle en 1997[136].
L'ancien hôtel-Dieu. L'ouverture a eu lieu en 1869, l'initiative fut prise par Alexandre Brichart, banquer et bourgmestre en 1861[137]’[138]. Il se situe à proximité de l'hôpital Léon Neuens.
L'ancienne abbaye de Soleilmont, fondée au XIe siècle et détruite par un incendie en 1963[140] elle était en partie sur le territoire de Châtelineau.
La maison Allard, située place Wilson à Châtelineau, elle de style Art nouveau[141].
L'église Saint-Géry de Bouffioulx, construite au XVIe siècle et en 1774[142].
Monuments et statues
Monuments
Monument aux morts de Châtelet 1914-1918, œuvre d'Eugène Paulus.
Monument Français. Réalisé par le sculpteur Jacques Marin en l'honneur des Français et inauguré en 1921[143].
Monument aux morts. Sculpture en bronze d'Eugène Paulus et socle en pierre bleue de l'architecte Nicolas Pourbaix, inauguré en 1921 sur la place Jean Guyot[144].
Le perron[Note 15]. Il se situe sur la place du même nom[Note 16]. Il fut reconstitué grâce aux documents de la société d'histoire le « Vieux Châtelet » en 2000[145]. Il est installé sur l'emplacement du perron liégeois qui se trouvait au Moyen-Âge[146].
Une stèle dédiée « Au Emigrés Castelterminesis » est érigé sur le rond-point près du Cora à Châtelineau en hommage des mineurs expatriés et pour les dix ans du jumelage de Châtelet avec la ville de Casteltermini en 2019[147],[148]. Une autre stèle similaire a été installée dans la ville de Casteltermini[147].
Sur la place de la Victoire, est installé le buste du peintre le baron Pierre Paulus de Châtelet[149].
Une statue de René Magritte, installée sur un rond-point près de la chapelle Saint-Roch, inaugurée pour les 50 ans de sa mort en 2017[150].
Dans le centre de Châtelet, il y a aussi des sculptures à la mémoire de Magritte[Note 18].
Culture et folklore
Tous les ans depuis 1983[151], un festival d'orgue y est organisé dans l'église Saint-Pierre-et-Paul (orgue du facteur Maurice Delmotte, 1943: III/P, 45[152]). Créé sous l'impulsion de l'organiste et pédagogue Thierry Smets, il est l'un des pionniers du genre en Belgique face à des manifestations comme Les Collégiades à Mons (1993), Ars in Cathedrali ou Bruxelles Ses Orgues (2017).
Bibliothèque
Bibliothèque Henri Matelart, rue du Rempart derrière l'hôtel de ville.
Conservatoire
Conservatoire de musique et des arts parlés Maurice Guillaume, place du Baquet.
Le Vieux Châtelet
Cercle d'histoire de la ville, créé en 1958, et propose des expositions consacrées à la ville et à la région[153].
Musée
Maison de René Magritte, rue des Gravelles. Elle fut construite par le père de l'artiste en 1911, dans le style art nouveau[154].
Folklore
La marche Saint-Roch, créée en 1961, elle se déroule entre l'Ascension et la Pentecôte[155] et la cavalcade de Châtelet se déroule le dimanche des Rameaux. Il y a aussi la marche Notre-Dame de Patience qui se déroule dans le quartier de Boubier, le troisième dimanche de septembre[156].
Enseignement
Écoles primaires
Institut Saint-Joseph section primaire, groupe scolaire Boubier[Note 19], groupe scolaire Grand Chêne[Note 19], école Sainte-Thérèse et athénée royal René Magritte, section maternelle et primaire.
Écoles secondaires
Athénée royal René Magritte, section secondaire, athénée royal Pierre Paulus, institut Saint-Joseph, section secondaire et institut Sainte-Marie.
Académie
Académie des Beaux-Arts dénommée « Académie de dessin et des arts décoratifs Gustave Camus »[157], allée de la Sambre (Châtelineau).
Lieux publics
Parcs et espaces verts
La ville dispose d'un parc communal situé rue des Campagne et d'un espace vert sur la place Jean Guyot où se trouve le monument belge. Châtelet abrite également plusieurs espaces verts, y compris la réserve de Sébastopol, qui contient d'anciennes carrières et une vaste population d'oiseaux, la forêt communale (bois de Châtelet), avec une grotte remplie de chauves-souris, et le parc communal, situé au cœur de la ville.
Cimetière
Le cimetière de Châtelet est situé rue des Chasseurs.
Galerie
Quelques vues de la cité.
Armoirie de Châtelet sur la façade de l'hôtel de ville. Bas-relief en grès salé grand feu par Eugène Paulus[158].
Le parc du château Pirmez avec les flèches de l'église Saints-Pierre-et-Paul.
Panorama de la ville vue depuis les hauteurs, rues d'Ormont et de la Maladerie.
La Sambre.
Économie
Commerce
La rue Neuve, artère commerçante de Châtelet.
Le trafic routier intensifié qui drainait la production d'une vaste région, à la fois agricole et forestier, Châtelet enserré nécessita la construction d'un pont pour faciliter les relations entre les deux rives de la Sambre. L'existence du pont fut favorable au développement de la petite ville qui devint un centre artisanal et commercial de cette région. Dans les textes, au XIIIe siècle, dès l'apparition de Châtelet, la présence de quatre potiers, trois moulins, une brasserie, trois verriers témoignent de l'activité commerciale[159].
Ce commerce important amena la tenue de marchés, de foires et l'édification d'une halle, ces activités se concentrèrent en un lieu proche du pont. Le Chapitre Saint-Lambert de Liège, seigneur de Châtelet, très tôt, pour amplifier l'importance et l'attrait du commerce local, établit le mardi un franc-marché, à un endroit qui reçut le nom de place du Marché : elle était pavée dès 1438[159].
La place du Marché.
La halle, déjà citée en 1438[79], était essentielle au commerce châtelettain. Elle fut jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le reflet de la ville. Cet édifice se dressait sur le Marché, elle servit à la fois de marché, d'entrepôt, de lieu de réunion et de siège de l'administration communale[80]. En 1565, le Chapitre Saint-Lambert de Liège établit trois foires franches, dynamisant ainsi l’activité commerciale de Châtelet[160]. Ces foires étaient fixées à la mi-carême, le 14 mai, le 1er septembre et une quatrième fut établie en 1699, à la demande des habitants le 11 novembre[160].
La région fut envahie par les industries et les charbonnages et la population se multipliera créant des besoins accrus et nouveaux. Á Châtelet, le commerce sut rapidement s'adapter à cette situation nouvelle d'une région influencée par l'activité industrielle et sa clientèle était surtout constituée par la classe ouvrière[160].
La ville a connu un commerce florissant en 1830, les commerçants rivalisent de zèle et d'activité pour satisfaire leur clientèle ; le quartier de la Franche-Chambre[Note 20] qui bénéficie de sa situation devint, elle aussi le siège d'un grand commerce de denrées diverses. En 1935, un grand nombre de magasins de la ville eurent la réputation d'être « mieux fournis que ceux de beaucoup de grandes villes ». Châtelet comptait 585 magasins en 1860, le commerce châtelettain resta longtemps stable malgré la crise qui frappa la région dans l'entre-deux-guerres[160].
Après la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux petits commerces de quartier s'ouvrirent, leur existence fut éphémère. Malgré la création en 1946 d'un échevinat du commerce, dès 1951, cette activité économique avait tendance à s'étioler alors que le quartier des Six-Bras, situé à Châtelineau se développa au détriment du centre-ville[160]. Des manifestations promotionnelles sont organisées par les commerçants de Châtelet et en développant leurs magasins en les adaptant aux règles de l'économie et des techniques commerciales nouvelles[160]. Les commerçants de la ville se réunissent en 1907 au sein d'une « Association des Commerçants Artisans et Petits Industriels », dès lors ils organisent une braderie en 1928 qui fut une des plus prestigieuses de la région[161].
L’asbl « Châtelet Centre-Ville » a été créée le dans le but de dynamiser le centre-ville. Son champ d’action s’étend au Faubourg et à Châtelineau, dans le quartier des « Six-Bras », tout en portant attention au centre de Bouffioulx. Elle reprend également les activités auparavant gérées par les associations de commerçants[162].
Industries de l'époque à Châtelet
L'industrie du grès et de la poterie d'art à Châtelet et à Bouffioulx
Le sous-sol de la ville est particulièrement celui du bois de Châtelet, renferme des gisements d'une « terre à pots », de bonne qualité qui donne après la cuisson à très hautes températures, des grès de « plein feu ». Jusqu'en 1920, l'exploitation des gisements de terre à ciel ouvert ou par galerie s'effectuent. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu quelques tentatives de relancer les argilières ont encore lieu, mais sans succès à la suite de l'épuisement des veines argileuses[163].
Les potiers se procurent leur matière première dans les régions de Hanzinnes, Fraire, Morialmé, Biesme, Saint-Aubin et Florennes. Par la suite, des importations viendront de France, des Pays-Bas et d'Allemagne. En 1940, le prix de la terre varie entre 150 et 400 francs la tonne, atteignant 1 000 francs pour les terres allemandes utilisées dans la fabrication de grès d'art et de céramiques architecturales[163].
Fabrique de tuyaux en grès verni (Poterie J. Warren & Cie).
L’industrie du grès de Bouffioulx a été pendant de nombreux siècles florissante grâce à la bonne qualité de sa matière première, l'argile grésante à forte teneur en silice extraite dans les dépressions karstiques. La propriété de ce type d'argile est de résister à des hautes températures de plus ou moins 1300 °C permettant l'apport de sel marin nécessaire à la vitrification des poteries. Le combustible était au départ fourni par le bois fourni par les forêts environnantes et, à partir du XVIIIe siècle, par le charbon. Au niveau corporatif, le franc-Métier réunissait les maîtres ou patrons, les apprentis ou candidats maîtres et les serviteurs ou ouvriers[164].
Fin du XVIIIe siècle, la production de faïence supplante celle du grès à caractère artistique qui connaît un déclin durable avant que quelques artistes-céramistes passionnés par le grès d'art ne reprennent la tradition peu avant la Première Guerre mondiale.
Quelques ateliers de poterie de grès salé sont en activité et sont mis à l'honneur lors de la fête annuelle de la poterie qui se tient à Bouffioulx en juin-juillet :
poterie Biron ;
poterie Dubois ;
poterie Lardinois.
Autres poteries à Châtelet
Parmi les poteries ont note notamment :
la fabrique de produits réfractaires Vve Depagne-Levents, fondée en 1871 par Emile Depagne ;
la maison Pastor-Bertrand, fondée en 1836, fabriquait des réfractaires. Elle se spécialisait dans les terres réfractaires et les produits destinés aux industries sidérurgiques et verrières. En 1913, elle est reprise par la « SA Terre Plastique de Produits Réfractaires d'Andenne », dont l’origine remonte à 1853. En 1941, la société anonyme adopte une nouvelle dénomination commerciale : « Timsonet, Pastor-Bertrand et Gilles Réunis ». Elle exploitait alors plusieurs divisions, dont trois à Andenne, une à Seilles, une à Châtelet, une à Marpent dans le département du Nord, ainsi qu’une à Provins dans le département de Seine-et-Marne en France. Dans les années cinquante, la succursale de Châtelet met fin à ses activités commerciales ;
la poterie Grégoire frères et sœurs, surnommée « Djesse » ou parfois « Djesse potale », se trouvait rue de la Sablière et était dirigée par Dominique Grégoire. Le permis d’exploitation date du , mais il est probable que la poterie ait existé avant cette date, rue Notre-Dame. La production incluait les tuiles, pannes, faîtières et arêtières, ainsi que les tuyaux de drainage et les boisseaux. En 1958, l’établissement cessa toutes ses activités ;
la poterie-tuilerie Biron, surnommée « Bosante » était située place Saint-Roch, était en activité depuis 1860. Elle produisait principalement des tuiles, ainsi que des pots à conserves et à escavèche[165];
la poterie Marcq, construite au XIXe siècle, et constituée en 1876 sous la dénomination de Marcq-Ficherouille et Cie[166], était située rue de Fleurus. Les produits proposés sont principalement des tuiles (vernies, rouges, grises, faîtières, arêtières), mais aussi des carreaux en grès, des briques et des briques réfractaires. Le , la poterie cesse totalement ses activités[167];
la poterie Gilles, datant de la fin du XVIIIe siècle et spécialisée dans la fabrication de carreaux de pavement rouges, était dirigée par le dernier maître-potier, Albert Gilles. Elle produisait aussi des tuyaux et, dans le domaine artistique, des vases décorés et armoriés, dont une réplique du vase de Soissons, offerte à la municipalité de Soisson[166].
L'industrie métallurgique
La société anonyme des Laminoirs de Châtelet
En 1861, Auguste Gallez, accompagné de plusieurs associés, lance la construction des Laminoirs de la Vieille Sambre, situés au lieu-dit « La Galoperie »[168] à Châtelet. L’arrêté royal du autorise officiellement leur établissement. La société en commandite adopte alors la raison sociale Société Auguste Gallez et Cie et s’installe sur un terrain de deux hectares bordé par la Sambre, le chemin de fer reliant Charleroi à Namur au nord, les laminoirs Dupont à l’ouest et les charbonnages du Trieu-Kaisin à l’est[8].
L’usine compte principalement 22 fours à puddler, 6 fours à réchauffer, 2 presses à cingler, un train de laminoir ébaucheur-dégrossisseur, 2 trains de laminoir à fers marchands et 6 machines à vapeur. Le , elle est mise à sac par des grévistes-émeutiers avant un affrontement avec l’armée près de la fosse de l’Épine à Montigny-sur-Sambre. Les dirigeants des laminoirs Gallez évaluent les dégâts à 229 130 francs. La commune de Châtelineau, reconnue civilement responsable des dommages causés, inscrit au budget de 1868 la somme de 1 500 francs pour indemniser la société, l’entreprise prenant à sa charge le reste dans le cadre d’une transaction financière[169].
Le , la société Auguste Gallez et Cie est mise en liquidation. La même année, à la suite du décès de son directeur, Auguste Gallez, l’entreprise décide de transférer ses installations en nature pour fonder une nouvelle société. Celle-ci est créée le par acte authentique rédigé par Maître L. Delbruyère et signé à l’Hôtel de l’Univers à Charleroi. L’arrêté royal du autorise officiellement la nouvelle entité sous le nom de Société Anonyme des Laminoirs de Châtelet. En 1862, les laminoirs comptaient 292 employés ; en 1895, 300 ; en 1911, 357 ; et en 1926, 410[169].
Les installations cessent leur activité en 1948. Dans les années cinquante, une partie des terrains est achetée par la société anonyme de Sambre et Moselle, qui y installe, après avoir démoli les anciens laminoirs, le train 350, tandis que l’autre partie revient à la société anonyme des charbonnages du Trieu-Kaisin[169]’[170].
Les laminoirs Gillain
Le , Eugène de Dorlodot fils et Lucien Gillain sollicitent auprès des autorités communales de Châtelet l’autorisation de construire deux hauts fourneaux pour fondre le minerai de fer, ainsi que leurs installations annexes. Une fois l’accord obtenu, Jules Dulait érige, entre la Sambre et la route de Couillet à Châtelet, deux hauts fourneaux pour le compte d’Eugène de Dorlodot fils et de Lucien Gillain. L’entreprise adopte alors la raison sociale « L. Gillain et Cie ». En 1857, les hauts fourneaux sont mis en service et les premières coulées de fonte ont lieu[171].
De 1860 à 1867, Jules Dulait assure la direction technique, période durant laquelle l’entreprise emploie 230 ouvriers. En 1878, un troisième haut fourneau est ajouté grâce à une augmentation du capital. La même année, la société « L. Gillain et Cie » devient la « Société des Hauts Fourneaux et Fonderies de Châtelet ». Le , elle fusionne avec l’ancien laminoir « Edouard Bonehill » de Marchienne-au-Pont pour former la « Société Anonyme des Hauts Fourneaux et Laminoirs de Châtelet-Marchienne »[171].
La société est liquidée en 1885, puis les hauts fourneaux sont démolis en 1892. En 1905, Émile Jacquet-Bolle sollicite l’autorisation de construire deux réservoirs à pétrole sur sa propriété, située à l’emplacement des anciens fourneaux Gillains, rue de Couillet[171].
L'industrie du charbon
Au cours du XIXe siècle, les houillères ont connu une évolution rapide. Les cayats ont disparu pour faire place à l’ère des charbonnages. Plusieurs sociétés anonymes, telles que le Carabinier Français, Ormont, Boubier, Pont-de-Loup Sud, le Gouffre[Note 21] et le Trieu Kaisin[Note 21], se sont partagé les richesses souterraines du pays de Châtelet. Progressivement, de nombreux puits d’extraction ont remplacé les anciens cayats qui dominaient jusque-là villes et campagnes[172].
L’exploitation de la houille à Charleroi commença bien après sa découverte à Liège. Dès le XIVe siècle, les chanoines mentionnent déjà un « terragium hullarum » à Châtelet et Pont-de-Loup, signe probable d’une exploitation précoce. Les premiers témoignages datent de 1297 (donation du comte de Namur) et de 1416 (droits de Charnoy). Le retard s’explique par l’épaisseur du terrain recouvrant les veines, exploitées alors à ciel ouvert. Contrairement aux Pays-Bas, où les seigneurs contrôlaient les mines, à Liège et Châtelet elles étaient liées au sol et considérées comme biens mobiliers. Les exploitants, appelés « comparchonniers », travaillaient eux-mêmes et pouvaient céder leurs parts librement. Le Chapitre de Liège, grand propriétaire, percevait des redevances[173].
Dès la fin du XVIe siècle, la houille remplaça progressivement le bois. Les archives communales signalent une fosse en 1571, puis divers octrois et procès au XVIIe et XVIIIe siècles (notamment à Parfondrieu, Pironchamps et Saint-Roch). Les litiges portaient souvent sur les dégâts causés aux fontaines. Au XVIIIe siècle, des exploitations communales virent le jour, comme la fosse dite « la Machine » (1735), employant quelques ouvriers. Malgré les interdictions du Chapitre, de nouvelles fosses furent ouvertes, preuve de l’essor progressif de l’industrie houillère dans la région[174].
En 1773, Charles de Brauwer de Gand et François Georges de Jumet obtiennent la concession des veines de houille près de Châtelet. L’année suivante, ils garantissent un prêt de 9 000 florins par leurs parts dans les houillères de Jumet et Pont-de-Loup. En 1781, Brauwer revend une partie de ses droits à Pollet de Bruges, valorisant l’exploitation à 30 000 florins. La société obtient aussi des concessions sur d’autres terres, mais est rappelée à l’ordre pour ne pas avoir rebouché une fosse. À la fin du XVIIIe siècle et sous la Révolution, de nombreuses petites exploitations apparaissent, souvent rudimentaires, utilisant treuils manuels ou chaînes à chevaux. Les accidents sont fréquents, comme la noyade de huit houilleurs en 1803 dans la fosse du « Carabinier français ». Drapier et ses associés deviennent concessionnaires officiels en 1805 pour trente ans[175].
Au XIXe siècle, les exploitations se développent : en 1823, un nouveau puits est ouvert mais provoque des plaintes pour manque d’eau. La société passe ensuite sous la houlette des Hauts-fourneaux de Couillet. En 1837, Goffart et consorts demandent de nouvelles concessions, et dès 1843, des machines à vapeur sont installées pour l’aérage des fosses. L’extraction du charbon à Charleroi a atteint son apogée dans la première décennie du XXe siècle, avec une production de 8 626 010 tonnes en 1910, contre 7 000 000 tonnes en 1950. Les sociétés charbonnières de la région de Châtelet ont produit 1 267 000 tonnes en 1904 et un chiffre similaire en 1953, avec 1 255 000 tonnes, reflétant une stagnation dans un secteur en récession économique[172].
L’arrivée des combustibles liquides a marqué le début du déclin de cette industrie, autrefois enviée par d’autres pays européens, jusqu’à son extinction définitive dans la seconde moitié du XXe siècle. À Châtelet, Boubier a fermé le , et le dimanche a marqué la fin de l’exploitation du charbon en Wallonie, avec la dernière tonne extraite au siège Sainte-Catherine des Charbonnages Réunis du Roton Farciennes et Oignies-Aiseau[172].
La société anonyme du charbonnage de Boubier
Entre 1800 et 1850, Boubier n'est encore qu'un cayat exploité par Dejean et Bouez, au lieu-dit « La Bergerie ». L'exploitation se modernisera progressivement grâce aux nouvelles technologies minières, mais en 1800, Boubier ne bénéficie pas encore de cette infrastructure avancée. Il faudra attendre quelques années avant que les maîtres de fosses adoptent les techniques d'exploitation basées sur le développement de la machine fixe à vapeur pour la force motrice[120].
Durant la première moitié du XIXe siècle, trois groupes de prospecteurs rivalisent pour obtenir des concessions de houille. Le premier est dirigé par Jean Nicolas Le Becque, le deuxième par Pierre Quinet, et le troisième par Jean-Baptiste Desmaret. En 1839, ces groupes déposent une demande commune pour une concession de 143 hectares, 95 ares et 11 centiares. Parmi leurs membres figurent des notables locaux comme Charles Desmaret, maître tanneur à Châtelet ; Jean-Baptiste Bolle, bourgmestre de Châtelet ; Charles Stanislas Crame, propriétaire à Châtelet ; Henry Dejean, maître tanneur à Châtelet ; Maximilien Alexandre Motte, ingénieur des mines à Châtelineau ; et Léon Wilmar, rentier à Châtelineau[120].
En 1846, Godefroy Goret, considéré comme le fondateur du charbonnage de Boubier, rachète les parts de ses associés. Il crée à Paris, le 15 janvier 1846, avec Louis Joseph Maulaz et Joseph Victor Bernard, la « Compagnie du Charbonnage de Boubier » sous la raison sociale L.-J. Maulaz et Co. Établie sous les lois françaises, la société a son siège à Paris. En 1875, elle devient une société anonyme sous le nom de « Compagnie du Charbonnage de Boubier »[120]. La société Boubier mit définitivement fin à ses activités le [120].
Charbonnage de Boubier, le puits d'extraction no 1.
Parmi les puits exploités, les sièges 1 et 2 se trouvent sur le territoire de la ville, tandis que le no 3, plus récent, était installé sur les hauteurs de Bouffioulx, au lieu-dit « Bois des Minières »[176]:
le puits no 1 était situé rue de Couillet[177]’[178], il était le siège principal de la société. En 1929, l'extraction représentait 230 000 tonnes et 252 000 tonnes à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le charbonnage disposait d’un rivage relié à la gare de Châtelineau-Châtelet. Cette installation permettait d’acheminer les produits houillers par voie fluviale et ferroviaire, assurant ainsi leur évacuation rapide vers les industries ;
le puits no 2, creusé en 1867[179], était relié par une voie ferrée de type Decauville longeant la rue de Couillet, entre les puits 1 et 2, projet envisagé dès 1881. Cette liaison fut abandonnée après la Première Guerre mondiale au profit d’un chemin de fer aérien. Les sièges 1 et 2 furent endommagés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ;
le puits no 3, dont le chantier de forage débute durant l’été 1925, est achevé en mars 1928 mais ne devient opérationnel qu’après 1930. En plus de l’extraction du charbon, il sert aussi à acheminer le matériel technique et les bois de mine destinés à étayer les galeries. Dans les années 1950, il est équipé d’une station de captage de grisou[180] visant à fournir aux industries locales du gaz énergétique[181]’[182]. Le puits arrête toute activité lors de la fermeture de la société en 1966[182].
La société anonyme du charbonnage d'Ormont
Le 29 novembre 1825, devant Maître Jean-Joseph Piret, notaire à Châtelet, onze hommes courageux, attirés par l'aventure industrielle, fondent la société civile charbonnière d'Ormont[183].
Les fondateurs qui apportent chacun, une mise de fonds fixée à 259 florins, 87 centimes sont les suivants :
Jean-Baptiste Baudelet, maître-potier, de Bouffioulx,
T. Bertrand, maître-potier, de Bouffioulx,
Pierre Baily, meunier, de Bouffioulx,
Jean-Baptiste, Jean François et Pierre Crame,
maître-potiers de Bouffioulx,
Hubert Crame, de Bouffioulx,
Jean-Baptiste et Adrien Baily,
propriétaires à Châtelet,
Paul et François Masson, houilleurs de Charleroi[183].
En 1844, la jeune société obtient sa première concession des autorités belges, couvrant 352 hectares à Châtelet et Bouffioulx. Une extension de 547 hectares est demandée en 1870, suivie d’une autre de 278 hectares en 1887. Le , la société civile devient la Société Anonyme du Charbonnage d'Ormont, avec un capital social de 22.640.000 francs[183].
Au début du siècle dernier, l’extraction atteint environ 140 000 tonnes de charbon AV « gras à longue flamme », mais chute à 77 000 tonnes en 1923 pour une concession de 886 hectares. L’usine à briquettes transforme 23.000 tonnes de cette production en boulets et agglomérés. En 1902, la société emploie 800 ouvriers, dont 402 à Bouffioulx[183].
Au printemps 1926, face à de graves difficultés économiques, la société licencie ses derniers mineurs et entre en liquidation le 17 mai, après la fin de l’extraction le . La liquidation prend plusieurs années et la concession est partagée tardivement, en 1952, entre deux autres charbonnages : Boubier Gouffre - Carabinier réunis (Châtelet - Pont-de-Loup). Enfin, le , une assemblée générale extraordinaire décharge les liquidateurs, dont Octave Jadot, ancien directeur gérant, mettant fin à la liquidation et à l’existence de la société[183]’[184].
Les principaux puits de la concession incluent[185]:
Sainte-Barbe était le premier siège de la société, regroupant une machine d'extraction, des bureaux administratifs et un chantier à bois. Il était relié au triage-lavoir central de Bouffioulx par un pont métallique construit vers 1870. À la fin du XIXe siècle, l’exploitation du gisement cesse progressivement, et l’extraction se fait alors par le puits Saint-Xavier ;
Saint-Xavier, le collège communal de Bouffioulx donne son accord pour l’installation d’un nouveau siège. À cette occasion, la société sollicite l’autorisation d’y installer deux machines d’extraction, deux ventilateurs et divers équipements de force motrice. Un traînage par chaîne reliait autrefois le puits au triage-lavoir de Bouffioulx. En 1926, l'exploitation est arrêtée définitivement[186] ;
Carnelle, la construction du puits s’est déroulée en deux étapes. D’abord, un premier forage a été entrepris, mais abandonné en 1909 à cause d’infiltrations d’eau sur le chantier. Plus tard, une station de pompage pour la distribution d’eau a été installée à l’emplacement du puits. Un nouveau percement a ensuite été lancé, toujours à Carnelle, près du faubourg de la ville. Au printemps 1911, ce puits a été équipé de trois chaudières à vapeur. Ce puits fut relié en 1912 par un chemin de fer au puits Saint-Xavier, opérationnel en 1913. En 1926, le charbonnage est mis à l’arrêt.
Un triage-lavoir fut mis en service sur le territoire de Bouffioulx[187], dans la rue Vandervelde. À la fin de 1893, une fabrique d'agglomérés vint compléter le triage-lavoir, accompagnée d’un raccordement, puis plus tard d’une gare privée reliée d’abord au réseau du Grand Central Belge, assurant le transport des produits charbonniers vers l’industrie. En 1910, la fabrique d’agglomérés employait 50 ouvriers[188].
La société anonyme du charbonnage du Carabinier
La fusion des sociétés « Carabinier » et « Pont-de-Loup Sud » réunit à l’origine deux entités distinctes : d’un côté, le « Carabinier Français », dont la direction et les installations techniques se trouvent sur le territoire de Châtelet, et de l’autre, la « Compagnie de Pont-de-Loup Sud », qui avait son siège social et ses puits implantés sur le territoire de Pont-de-Loup. Le , le charbonnage du Carabinier rachète celui de Pont-de-Loup. La nouvelle société ainsi formée adopte comme raison sociale le nom de « Société Anonyme du Charbonnage du Carabinier à Pont-de-Loup ». Par l’arrêté royal du , les deux concessions sont regroupées sous le nom de « Carabinier-Pont-de-Loup »[189].
La concession primitive de Pont-de-Loup Sud fut créée par l'arrêté royal des Pays-Bas, en date du , et accordée à Guillaume Dumont de Dampremy, Auguste et Joseph Quirini de Pont-de-Loup. La superficie de celle-ci est de 300 hectares 20 ares. Le , le charbonnage de Pont-de-Loup Sud est acquis par la Maison de Banque Deville et Dujarier à Paris. Les nouveaux administrateurs créent alors une société anonyme, probablement de droit français, baptisée « Société Anonyme du Charbonnage de Pont-de-Loup ». Plus tard, le , une nouvelle société anonyme, à capitaux majoritairement belges mais aussi de droits, sera fondée pour remplacer la première[189].
Les trois puits de la société en 1838 sont :
le no 1 qui était à la rue Auguste Scohy ;
le no 2, d’une profondeur de 158 mètres et situé rue du Campinaire, pourrait voir son forage prolongé jusqu’à 200 mètres selon les projets de la société ;
le no 3 situé au Wairchat n’est plus en service à cause des infiltrations d’eau qui ont inondé l’exploitation souterraine. Ce puits mesurait environ cinquante mètres de profondeur[189].
En 1896, lors de la fusion, le puits no 2 est encore en activité. Le puits no 1, désaffecté pour l’extraction, avait conservé son utilité technique au sein de l’entreprise jusqu’à cette date. En 1872, la société employait, sur l’ensemble de ses sites, 540 ouvriers[189].
La société du Carabinier Français trouve son origine dans un décret du , par lequel Napoléon accorde à Drapier, Sausaint, Virolte et Carlier le droit d’exploiter les mines de houille situées sur le territoire de Châtelet, pour une concession couvrant 199 ha 64 a 79 ca. En 1827, le charbonnage du Carabinier, alors connu sous le nom de « Société Charbonnière du Carabinier Français », est racheté par la Maison de Commerce Fontaine-Spitaels de Mons. Le , le charbonnage ainsi que diverses installations métallurgiques sont apportés en nature à la société en commandite par actions « Fontaine et Spitaels et Cie », qui prend la suite de la Maison de Commerce[190].
Le , une nouvelle mutation juridique a lieu lorsque les installations industrielles sont apportées en nature à la SA des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet. Le , les administrateurs de cette société décident de « sortir » le charbonnage de la société anonyme qu’ils dirigent. Pour ce faire, ils fondent à Châtelet une nouvelle entité : la « Société Anonyme du Charbonnage du Carabinier »[190].
Avant 1896, le Charbonnage de Châtelet exploitait quatre puits situés sur le territoire de la commune : Saint-Roch, Sainte-Barbe, Goffin et Notre-Dame de Hal. L’assemblée générale des actionnaires du charbonnage de Pont-de-Loup Sud décide de dissoudre la société, à condition qu’elle soit rachetée par la Société Anonyme du Carabinier à Châtelet. Après la fusion, la SA du charbonnage déplace son siège social, remplaçant Châtelet par Pont-de-Loup[191].
En ce moment là, la nouvelle société exploite trois sièges :
le no 1 de la rue Auguste Scohy est dédié aux services d’entretien et à l’hébergement des chevaux de mine ;
le no 2, rue du Campinaire à Pont-de-Loup, est réservé à l’extraction ;
le no 3, rue des Lorrains[177], à Châtelet, est également destiné à l’extraction[191].
L'industrie mécanique
Parmi les entreprises du domaine de la mécanique à Châtelet, on compte notamment :
les Établissements G. & R. Vandenbroeck, créés en 1932 par Georges Vandenbroeck rue de la Blanchisserie, étaient à l’époque un petit atelier de finitions mécaniques, spécialisé dans certaines pièces destinées à la fabrication automobile. L'atelier fabriquait également de petites foreuses et deux types de machines à bois : une dégauchisseuse, destinée principalement aux chantiers ainsi qu’aux amateurs de bois, et une combinée scie-mortaiseuse ;
les Ateliers Loudeche & Cie ont été créés par Ildephonse Loudeche en 1946, rue des Sablières. Dès l’année suivante, son beau-fils Robert Galle le rejoint pour l’aider dans les activités de l’entreprise. Spécialisé dans la fabrication d’appareils de pesage, tels que les bascules triangulaires ou pour le bétail, l’atelier se lance aussi dans la construction soudée et métallique, tout en assurant l’entretien des bascules du charbonnage de Boubier. En 1966, l’atelier a fabriqué des escaliers motorisés pour la compagnie belge Sabena. En 1993, à la fin de la carrière professionnelle du propriétaire, l’établissement a été repris par une entreprise française ;
les Ateliers Henri Carton, spécialisés dans la fabrication de bascules en fer et en bois, ainsi que de ponts pour peser locomotives, wagons, chariots, etc. En 1904, ils sont rachetés par André Wilmet pour y installer une fabrique de peinture. Après la Seconde Guerre mondiale, les locaux inoccupés sont transformés en logements sociaux, avant d’être démolis en 1970 ;
les Ateliers Charles Roisin, spécialisés dans la fabrication d’instruments de pesage, ont vu le jour en 1894 sous le nom « Charles Roisin, ses fils et Cie ». En 1900, l’entreprise change de statut juridique et devient « E. et F. Roisin et Cie ». En 1950, la société est dissoute et remplacée, le , par la « Société Anonyme des Anciens Établissements E. et F. Roisin et Cie ». En , cette dernière est mise en liquidation et sa clientèle est reprise par un industriel de Jodoigne[192].
Constructeur automobile et motocycliste Escol
À l'origine spécialisée sur la production de matériel minier, la société Escol a été active de 1923 à 1939 dans la production de motos et de 1926 à 1929 dans la production de voitures[193].
Poudrerie et sablières
Poudrerie de Carnelle à Châtelet
Au début de l’année 1852, Ferdinand Hanoteau reçoit l’autorisation de construire une poudrerie sur un terrain lui appartenant à Carnelle, dans la commune de Châtelet. Après une enquête minutieuse, la construction est validée par arrêté royal le , et son exploitation est permise dès mai 1853. Plus tard, Pierre Joseph Cornil et Cie reprennent les lieux et modernisent les installations. En , deux presses hydrauliques destinées à l’encartouchage de la dynamite y sont installées[194].
La poudrerie est reprise par la société en commandite « P. J. Cornil et Cie », fondée le chez le notaire Henri Boulvain à Charleroi. Elle fabrique et commercialise différentes variétés de poudres (à tirer, de chasse, de guerre, de mines), ainsi que de la poudre sans fumée pour l’industrie extractive. On y trouve aussi de la dynamite, des mèches de sûreté, des capsules et, plus largement, tous types d’explosifs[194].
Le , une nouvelle société s’installe sur le site de Châtelet de la poudrerie de Carnelle : la SA Poudrerie de Marcinelle. De leur côté, les Poudreries Réunies de Belgique, qui rejoindront en 1995 le nouveau groupe Gechem, s’allient au groupe Nobel France pour fonder deux filiales communes : la PNE et la SERTRA Basting[194].
Le , une grande fusion a lieu entre les Poudreries Réunies Belges, PNE et Basting SA, donnant naissance à la « SA PRB Nobel Explosifs », qui prend finalement, le , le nom de « Nobel Explosifs Belgique ». En 1991, après le démantèlement du groupe Gechem, les actions de Nobel Explosifs Belgique sont rachetées par la société anonyme française SNPE, puis revendues à Nobel Explosifs France. En 1992, le plan de secteur d’Aiseau-Presles est revu pour autoriser l’installation de deux silos de stockage d’explosifs par l’industrie. En 2003, une nouvelle demande est introduite afin d’agrandir les zones destinées à l’entreposage de matières explosives dans la commune[195].
Sablières Edg. Biron-Léonard
Le directeur-gérant de la Compagnie de Floreffe demande, le , aux autorités communales l’autorisation d’ouvrir une sablière dans le bois communal essarté, le long de la route de Gougnies[196].
Parmi les lieux où les exploitations de sables se sont installées :
sablière au bois de Chaumont ;
sablière au lieu-dit Chêne à l'image ;
sablière de la Taille des Béguine ;
sablière situé à la Sarte ;
sablière au lieu-dit Taille à la Croix dans le bois ;
En 1976, la société Hainaut-Sambre crée la Société Carolorégienne de Laminage, appelée « Carlam » et un laminoir à chaud est construit sur les bords de Sambre à Châtelet. En 1981, Hainaut-Sambre fusionne avec Cockerill et la société devient une filiale de Cockerill-Sambre. En 2001, le nouveau groupe Arcelor absorbe Cockerill-Sambre et décide d'investir massivement dans le bassin carolorégien en y installant sur le site de Carlam une aciérie électrique inox. Celle-ci est inaugurée en 2005[197]. En , Arcelor est racheté par Mittal Steel Company et devient ArcelorMittal. En 2011, ArcelorMittal crée une spin-off, le groupe sidérurgique Aperam qui reste notamment implanté à Châtelet.
Le laminoir à chaud du groupe international Aperam à Châtelet est l'un de plus grands d'Europe et produit une tonne d’acier inoxydable sur quatre en Europe. Cet outil a une capacité de production de 2.8 millions de tonnes d'acier par an. En 2022, 750 personnes travaillent sur le site de Châtelet chiffre auquel il faut ajouter 200 personnes en sous-traitance[198]. En 2017, 15 millions d'euros ont déjà été investis sur le site d'Aperam à Châtelet. Deux moteurs au cœur des dégrossisseurs qui aplatissent les plaques d'acier chacun une puissance de 12 Mégawatts ont ainsi été installés[199]. Le laminoir de Châtelet, gros consommateur d'énergie fossile, s'est engagé dans un processus de réduction de son empreinte énergétique et environnementale. Dans le processus de fabrication, la gamme d'acier Aperam infinite est fabriquée avec jusqu’à 98 % de matériaux recyclés, permettant de réduire jusqu’à 85 % les émissions de CO2 par rapport aux normes de l’industrie, avec de l’énergie renouvelable, des minerais d’origine durable et de la biomasse de charbon de bois[200].
En 2024, deux projets d'investissement sont envisagés dans le cadre de la stratégie de décarbonation d'Aperam : la construction d'une centrale Organic Rankine Cycle (ORC) pour valoriser la chaleur des fumées et l'installation sur le site d'un traitement thermique pour réduire directement la consommation énergétique. Les deux projets permettraient d'importantes économies d'énergie et réduiraient les émissions de CO2[201].
Recyclage de métaux et dérivés (Groupe Comet)
Depuis 1986, le Groupe industriel belge Comet dont le siège se situe à Châtelet est actif dans le négoce de métaux ferreux, non-ferreux et dérivés. Il s'agit d'un groupe industriel belge familial qui a développé son activité de valorisation des déchets en Europe, Asie et Amérique du Sud. Le développement de nouvelles technologies dans le domaine du recyclage lui a permis de disposer d'une capacité industrielle qui en fait un leader dans son domaine d'activité en Europe. Les taux de valorisation atteignent ainsi des niveaux inégalés avec 98,4 % de recyclage de produits aussi diversifiés que les métaux ferreux, non-ferreux, les véhicules hors d’usage (VHU), les déchets d’équipements électriques, électroniques (DEEE) et des résidus de broyage[202]. Depuis avril 2019, Comet fait figure de pionnier en hébergeant les deux premiers centres agréés en Région wallonne pour le recyclage des voitures électriques[203] et, depuis 2021, il s'est lancé dans le recyclage de panneaux photovoltaïques. Le groupe industriel fait largement appel à la navigation fluviale nettement moins impactante pour l'environnement que le transport routier pour le transport des matériaux à recycler et recyclés .
Châtelet est sillonnée par les lignes des TEC : 171, 18, 154, 155, 156, 158 et 172.
Train
Santé
Clinique
La ville de Châtelet dispose de centres médicaux : la clinique Léon Neuens, le centre de Santé de Châtelet, rue du Rempart et le centre médical de Châtelet-Saint-Roch qui fait partie du Grand Hôpital de Charleroi, place Saint-Roch.
Maisons de repos
Châtelet dispose de maisons de repos pour personnes âgés : Résidence Pierre Paulus, Au « Temps des Cerises », Résidence nouvelle « Le Châtelet » et Groupe Seniorissim Maison de Châtelet.
Sports et vie associative
Sports
Disciplines
Football : RCS Châtelet, Foot Girls Training et FC Mon Jardin (FCMJ).
René Magritte (1898-1967), peintre, a passé une partie de son adolescence à Châtelet où il fréquente l'atelier de Félicien Defoin[204]. Une promenade Magritte existe dans le centre-ville, où les lampadaires sont couverts de chapeaux melons en hommage à l'artiste.
Maurice Guillaume (1899-1983), organiste de l'église des Saints-Pierre-et-Paul, compositeur (Le Conservatoire de Châtelet porte son nom).
↑Ce cimetière se trouvait autour de l'ancienne église démolie en 1867.
↑Il y en avait aussi un à Bouffioulx au XVIe siècle (Darras 1898, p. 264).
↑Également appelée « Maison de la Rose », elle se dressait autrefois à l'est de la Place du Marché et remontait au XVIIe siècle. (Coisman et al. 2003, p. 17)
↑Cette petite impasse menait autrefois au corps de garde de la Porte Saint-Géry, intégré aux fortifications de la ville. L’impasse du Posty semble être le dernier vestige de cet ouvrage militaire ; elle apparaît dans les archives châtelaines dès 1680, tandis que la rue de Bouffioulx est mentionnée dès 1738 (Vandenbroeck 2017, p. 22).
↑En 1865, la place du Perron a été élargie et agrandie après la démolition de l’ancienne maison Binard, qui obstruait totalement la rue Courte et la rendait très dangereuse à cause de la forte circulation de voitures (Darras 1898, p. 358).
↑À l'ambulance militaire et au Couvent des Sœurs de Sainte-Marie.
↑Normalement à cette époque les personnes décédaient dans leur demeure.
↑Ce blasonnement, bien qu'« officiel », comporte une ambigüité pour « perron » utilisé dans un sens non universel. Un blasonnement plus orthodoxe serait « de gueules à la colonne péronnée de trois degrés d'or, sommée d'une croisette du même. » Voir : http://www.blason-armoiries.org/heraldique/p/perronne.htm
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