19e législature du Québec
| 18e législature | 19e législature | 20e législature | |||||||||||||||||||||||||||||
| Gouvernement Taschereau | Gouvernement Godbout I | Gouvernement Duplessis I | |||||||||||||||||||||||||||||
| 1935 | 1936 | ||||||||||||||||||||||||||||||
| 19e législature du Québec | ||||||||||||||||||
| [Note 2] - [Note 1] | ||||||||||||||||||
| 1re session : - | ||||||||||||||||||
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| Gouvernement | ||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type | Parti libéral majoritaire | |||||||||||||||||
| Premier ministre | Louis-Alexandre Taschereau [Note 3]- |
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| Adélard Godbout -[Note 1] |
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| Conseil des ministres | Taschereau (1936) Godbout (1936) |
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| Assemblée nationale | ||||||||||||||||||
| Composition | Voir l'évolution de la composition | |||||||||||||||||
| Président | Lucien Dugas (PLQ) [1]- |
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| Leader du gouvernement | Louis-Alexandre Taschereau (PLQ) - |
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| Adélard Godbout (PLQ) - |
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| Chef de l'opposition |
Maurice Duplessis (PC puis UN) [2]- |
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La 19e législature du Québec est formée à la suite des élections générales québécoises de 1935, tenues le . Le Parti libéral du Québec, dirigé par Louis-Alexandre Taschereau, conserve le pouvoir de justesse en faisant élire 48 députés sur 90, contre 26 pour l'Action libérale nationale de Paul Gouin et 16 pour le Parti conservateur de Maurice Duplessis, qui forment ensemble une opposition coalisée sous la bannière de l'« Union nationale Duplessis-Gouin »[2].
La législature, la plus courte de l'histoire du Québec, n'aura qu'une seule session. Elle est marquée par l'éclatement du scandale des comptes publics, révélé par les travaux du Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis, qui force le la démission du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau après plus de quinze ans à la tête du gouvernement. Adélard Godbout lui succède brièvement comme chef du Parti libéral et premier ministre, avant de recommander la dissolution de la législature, prononcée le . La fusion du Parti conservateur et de l'Action libérale nationale au sein de l'Union nationale, officialisée le sous la direction de Duplessis, ouvre la voie à la victoire de cette nouvelle formation aux élections générales du et met fin à près de quarante ans de domination libérale ininterrompue.
Contexte politique
Élection de 1935

L'élection du marque une rupture dans la politique québécoise. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau obtient 46,82 % des voix et conserve une majorité étroite avec 48 députés sur 90, perdant 31 sièges par rapport à l'élection de 1931. C'est la première fois en quatre décennies que les libéraux récoltent moins de 50 % des suffrages. L'opposition, qui avait conclu le une alliance électorale dite « Union nationale Duplessis-Gouin », fait élire 42 députés : 26 pour l'Action libérale nationale de Paul Gouin et 16 pour le Parti conservateur de Maurice Duplessis. Le taux de participation atteint 76,16 %[2],[3].
Direction de l'opposition

En vertu de l'entente conclue avant le scrutin, Maurice Duplessis devient chef de l'opposition officielle malgré le fait que l'Action libérale nationale ait fait élire dix députés de plus que le Parti conservateur. Paul Gouin, chef de l'ALN, occupe une position de second chef de l'opposition. Le pacte conclu entre les deux formations prévoit que Duplessis deviendrait premier ministre en cas de victoire et que Gouin aurait le choix des ministres. La cohésion entre les deux ailes de l'opposition demeure toutefois fragile pendant toute la session[2],[3].
Comité des comptes publics et scandale
Création du comité
Dès l'ouverture de la session, l'opposition obtient la mise sur pied d'un Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis. Le comité est chargé d'examiner la gestion des deniers de l'État par le gouvernement et reçoit le mandat d'enquêter sur les irrégularités administratives soulevées au cours de la campagne électorale[2],[4].
Révélations
Au cours du printemps 1936, le comité multiplie les audiences et entend des fonctionnaires du Trésor provincial. Les révélations les plus dommageables visent Antoine Taschereau, frère du premier ministre et greffier de l'Assemblée législative, qui avoue avoir déposé sur son compte bancaire personnel les intérêts produits par les fonds appartenant à l'Assemblée. D'autres irrégularités sont mises au jour dans l'attribution de contrats publics et dans la gestion de la voirie[4].
Crise parlementaire de mai-juin 1936
La majorité libérale s'effrite en mai et juin alors que plusieurs députés ministériels, démoralisés par les révélations, désertent les travaux. À une occasion, l'opposition se retrouve momentanément majoritaire en Chambre; Télesphore-Damien Bouchard doit prononcer de longs discours-fleuves pour donner le temps aux whips libéraux de rappeler les députés absents et préserver le gouvernement[2].
Démission de Taschereau et succession Godbout

Le , le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau démissionne, mettant fin à un règne de plus de quinze ans (1920-1936) à la tête du gouvernement québécois. C'est la première fois depuis l'intervention du lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just en 1878 qu'un cabinet québécois quitte le pouvoir sans avoir fait adopter le budget de l'année[2].
Le caucus libéral choisit le même jour Adélard Godbout, ministre de l'Agriculture et député de L'Islet, pour succéder à Taschereau. Godbout est assermenté premier ministre le et entreprend une rapide reconfiguration du cabinet en remplaçant la plupart des ministres associés au régime déchu. La session est prorogée le même jour[5],[2].
Réformes et réalisations
La courte session ne permet l'adoption que de 26 des 81 projets de loi déposés, les longs débats sur le discours du Trône, le budget et les travaux du Comité des comptes publics ayant monopolisé l'horaire parlementaire[2].
Pensions de vieillesse
Après plus d'une décennie de résistance, le Québec adhère enfin au programme fédéral des pensions de vieillesse établi par la loi fédérale de 1927. La session adopte la législation provinciale permettant la mise en œuvre du régime au Québec, dernière province canadienne à y adhérer[2].
Suffrage féminin (rejet)
Comme lors des sessions précédentes, un projet de loi accordant le droit de vote aux femmes est déposé. Il est rejeté de justesse par l'Assemblée[2].
Formation de l'Union nationale

Le , Maurice Duplessis convoque les députés de l'opposition à un caucus tenu à Sherbrooke. Le , la coalition électorale formée en novembre 1935 se transforme officiellement en parti politique unifié sous le nom d'Union nationale. Une majorité de députés conservateurs et actionnistes votent en faveur d'une fusion permanente, écartant Paul Gouin et ses plus fidèles collaborateurs. Maurice Duplessis devient l'unique chef du nouveau parti[3].
Dissolution et élection de 1936
Le , le lieutenant-gouverneur Ésioff-Léon Patenaude prononce la dissolution de la 19e législature sur recommandation du premier ministre Godbout. Les élections générales se tiennent le . L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte une victoire écrasante avec 76 sièges sur 90, contre 14 pour le Parti libéral du Québec, mettant fin à près de quarante ans de domination libérale ininterrompue (1897-1936). Maurice Duplessis est assermenté premier ministre le [2],[3].
Lois marquantes
- 1936 : Loi instituant le régime des pensions de vieillesse au Québec[2]
- 1936 : Loi modifiant la loi des accidents du travail[2]
- 1936 : Loi modifiant la loi de l'assistance publique[2]
Chronologie
1935
- : dissolution de la 18e législature par le lieutenant-gouverneur Ésioff-Léon Patenaude;
- : annonce de l'alliance électorale entre le Parti conservateur de Maurice Duplessis et l'Action libérale nationale de Paul Gouin sous la bannière de l'« Union nationale Duplessis-Gouin »;
- : 19e élections générales québécoises. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau conserve le pouvoir avec 48 sièges sur 90, contre 26 à l'ALN et 16 au Parti conservateur.
1936
- : ouverture de la 1re session de la 19e législature; Lucien Dugas est élu président de l'Assemblée législative[1];
- Mars-juin : audiences du Comité permanent des comptes publics présidé par Maurice Duplessis;
- : démission de Louis-Alexandre Taschereau comme premier ministre; Adélard Godbout lui succède le même jour; prorogation de la 1re session;
- : caucus de l'opposition à Sherbrooke;
- : fondation officielle de l'Union nationale sous la direction de Maurice Duplessis; Paul Gouin et ses partisans sont écartés;
- : dissolution de la législature[Note 1];
- : 20e élections générales québécoises. Victoire écrasante de l'Union nationale de Maurice Duplessis avec 76 sièges sur 90;
- : Maurice Duplessis est assermenté premier ministre.
Évolution des chambres
Assemblée législative
Conseil législatif
Conseil exécutif
Cabinet Taschereau (1936)
Louis-Alexandre Taschereau demeure premier ministre à la suite des élections du et dirige le gouvernement jusqu'à sa démission le [5].
- Premier ministre, président du Conseil exécutif et procureur général : Louis-Alexandre Taschereau
- Trésorier : Ralph Frederick Stockwell
- Agriculture : Adélard Godbout
- Colonisation, Chasse et Pêcheries : Hector Laferté
- Travail : Charles-Joseph Arcand (1935), Joseph-Napoléon Francoeur (1935-1936), Edgar Rochette (1936)
- Colonisation : Irénée Vautrin (1935), Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Hector Authier (1936)
- Mines : Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Joseph-Napoléon Francoeur (1936)
- Voirie : Joseph-Édouard Perrault (1935-1936), Pierre-Émile Côté (1936)
- Terres et Forêts : Honoré Mercier fils
- Affaires municipales, Industrie et Commerce : Télesphore-Damien Bouchard
- Secrétaire provincial : Athanase David
- Ministre sans portefeuille : Cléophas Bastien (1936)
Cabinet Godbout (1936)
À la suite de la démission de Taschereau le , Adélard Godbout est assermenté premier ministre. Il forme un cabinet largement renouvelé qui dirige le Québec jusqu'à la défaite libérale aux élections du et l'assermentation de Maurice Duplessis le [5].
- Premier ministre, président du Conseil exécutif, Agriculture et Colonisation : Adélard Godbout
- Trésorier : Edward Stuart McDougall
- Travail, Chasse et Pêcheries : Edgar Rochette
- Travaux publics et Mines : Césaire Gervais
- Voirie : Pierre-Émile Côté
- Affaires municipales, Terres et Forêts : Télesphore-Damien Bouchard
- Industrie et Commerce : Wilfrid Gagnon
- Procureur général et secrétaire provincial : Charles-Auguste Bertrand
- Ministres sans portefeuille : Francis Lawrence Connors, Cléophas Bastien
Sièges par parti politique
- Après l'élection de 1935
| Affiliation | Députés | |
|---|---|---|
| Libéral | 48 | |
| ALN | 26 | |
| Conservateur | 16 | |
| Total |
90 | |
| Majorité gouvernementale |
6 | |
Liste des députés
- Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature.
- Les caractères en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.
Notes et références
Notes
Références
- « Orateurs et présidents depuis 1867 », sur Assemblée nationale du Québec.
- « 19e législature, 1re session - Introduction historique », sur Assemblée nationale du Québec.
- Alexandre Dumas, « L'Action libérale nationale et l'Union nationale : le renouveau politique des années 1930 », Cap-aux-Diamants, no 144, , p. 9-13 (lire en ligne).
- « Maurice Le Noblet Duplessis », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le ).
- « Les cabinets ministériels depuis 1867 », sur Assemblée nationale du Québec.
Voir aussi
Articles connexes
- Gouvernement Louis-Alexandre Taschereau
- Gouvernement Adélard Godbout (1)
- Élections générales québécoises de 1935
- Élections générales québécoises de 1936
- Scandale des comptes publics
- Union nationale (Québec)
- Action libérale nationale
- Portail de la politique québécoise
