Droits LGBTQ en Afrique

Droits LGBT en Afrique
Droits LGBTQ reconnus
  • Mariage reconnu
  • Mariage étranger reconnu
  • Autre type d'engagement reconnu
  • Pas de reconnaissance des couples de même sexe
  • Pratiques sexuelles entre personnes de même sexe illégales
  • Délit non poursuivi par la justice ou incertain
  • Crime
  • Peine de mort non appliquée
  • Peine de mort
  • Présentation
    Type

    Les droits LGBTQ en Afrique varient selon les pays. Dans certains États, les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe, le mariage entre personnes de même sexe et la parentalité LGBT sont légaux.

    Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont illégales dans 32 des 54 États africains reconnus par les Nations Unies. Dans certains pays, seule la sodomie entre hommes est criminalisée, comme en Eswatini, en Sierra Leone et au Zimbabwe.

    En , l'Afrique du Sud est devenue le premier pays d'Afrique et le cinquième pays au monde à légaliser le mariage entre personnes de même sexe.

    Histoire

    Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe n'ont jamais fait l'objet de mesures pénales au Bénin, en République centrafricaine, en République du Congo, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo, à Djibouti, en Guinée équatoriale, au Gabon, à Madagascar, au Niger, et au Rwanda.

    Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont légales depuis 1993 en Guinée-Bissau[1].

    L'Afrique du Sud fut le premier pays au monde à interdire la discrimination à l'endroit des gays et lesbiennes dans sa constitution adoptée en 1996[2]. La sodomie entre hommes est légalisée en 1998[2]. En 2006, l'Afrique du Sud déclare inconstitutionnelle l'interdiction du mariage entre conjoints de même sexe[3]. Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a milité en faveur de l'acceptation des minorités sexuelles, comparant leur cause à celle de l'abolition de l'apartheid[4].

    En 2004, le Cap-Vert modifie son code pénal pour supprimer toutes les dispositions relatives aux pratiques sexuelles entre personnes de même sexe consenties[5].

    En 2006, le comité IDAHO (organisateur de la Journée mondiale contre l'homophobie) lance l'appel « Pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité ». Dans son prolongement, la secrétaire d'État aux Droits de l'homme de la République française Rama Yade présente en 2008 à l'Assemblée générale des Nations unies une déclaration relative aux droits de l'homme et à l'orientation sexuelle et l'identité de genre, cosignée par six pays africains. En 2011, une nouvelle déclaration est présentée, cosignée cette fois-ci par onze pays africains. Beaucoup d'autres pays du continent ont cependant critiqué les deux déclarations. Une résolution est ensuite élaborée (contraignante contrairement à une déclaration). Elle est adoptée le par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. À l'été 2012, trois militants du comité IDAHO entament une grève de la faim pour convaincre le gouvernement du nouveau président François Hollande de présenter rapidement cette résolution à l'ONU, tandis que d'autres ONG proclament plutôt la nécessité que l'Afrique du Sud reste porteuse du projet.

    Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont décriminalisées depuis le à Sao Tomé-et-Principe[6].

    En 2012, le Lesotho dépénalise les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe[7],[8].

    En , la Mozambique promulgue le nouveau Code pénal, nettoyé de toute condamnation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe[9],[10]. Le nouveau Code pénal est publié au Journal officiel le et prend effet officiellement le [11],[12].

    Le , l'Assemblée nationale des Seychelles adopte un amendement au Code pénal mettant fin ainsi à la pénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe[13],[14].

    En , l'Angola décriminalise les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe en retirant du code pénal une clause concernant les « vices contre nature » héritée de la période coloniale portugaise[15].

    Le , la Haute Cour du Botswana juge inconstitutionnels les articles de loi criminalisant les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe. Le juge rendant cette décision, Michael Leburu, déclare que ces lois, incluses dans le code pénal de 1965, étaient « des reliques de l'ère victorienne »[16]. Le , le gouvernement du Botswana annonce son intention de faire appel de cette décision[17].

    En , la Cour suprême de Namibie a statué que les mariages entre personnes de même sexe étrangers devaient être reconnus au même titre que les mariages hétérosexuels[18]. Cependant, le Parlement namibien réagit en adoptant, en , une loi interdisant le mariage entre personnes de même sexe et en sanctionnant ses partisans[19].

    La situation des droits LGBTQ se détériore après des coups d'État et la formation de l’Alliance des États du Sahel. En , le Mali criminalise les relations sexuelles entre personnes de même sexe [20], suivi du Burkina Faso en [21].

    Le 12 mars 2026, sur l'initiative du Premier ministre Ousmane Sonko, le Sénégal adopte une loi anti-LGBT+. Elle réprime très sévèremment tout acte « contre-nature » entre personnes homosexuelles en alourdissant les peines encourues de 5 à 10 ans de prison et des amendes de 100 000 à dix millions de francs CFA[22].

    Droits par pays

    Voir aussi

    Articles connexes

    Références

    1. « (en) State-sponsored homophobia, 2013 »
    2. H. de Ru, « A historical perspective on the recognition of same-sex unions in South Africa », Fundamina, vol. 19, no 2,‎ , p. 221–250 (ISSN 1021-545X, lire en ligne, consulté le ).
    3. (en) « South Africa to legalize gay marriage », sur msnbc.com, (consulté le ).
    4. (en) « Tutu won't worship 'homophobic God' », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    5. (en) Olaronke Alo, « Homosexuality decriminalization and LGBT Rights in Africa - See di African nations wey get legalization testament alias accept homosexual practices as nature of sexual orientation but not immorality » Accès libre, sur bbc.com, (consulté le ).
    6. (pt) Sónia Lopes, « Novo Código Penal já entrou em vigor », sur Téla Nón, (consulté le ).
    7. (en) « Lesotho », ARC International (consulté le )
    8. (en) Lucas Paoli Itaborahy et Jingshu Zhu, « State-sponsored homophobia. A world survey of laws: Criminalisation, protection and recognition of same-sex love » [PDF], sur old.ilga.org,
    9. (es) « Mozambique: Presidente promulga nuevo Código Penal que legaliza el aborto »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?)
    10. (pt) « Moçambique reafirma que homossexualidade não constitui crime. »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?)
    11. « Le Mozambique dépénalise l’homosexualité », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
    12. « Dépénalisation de l’homosexualité au Mozambique », RFI
    13. (en) « Seychelles repeals colonial-era law banning gay sex »
    14. (en) « Seychelles Lawmakers Approve Measure to Decriminalize Gay Sex »
    15. BFMTV, « L'Angola décriminalise les relations homosexuelles », sur BFMTV (consulté le ).
    16. (fr-CA) MARYKE VERMAAK, « Le Botswana décriminalise l'homosexualité, une victoire «historique» », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    17. (fr-CA) « Décriminalisation de l'homosexualité: le Botswana fait appel », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
    18. Ryan Thoreson, « Namibian Court Recognizes Foreign Same-Sex Marriages », Human Rights Watch,‎ (lire en ligne, consulté le )
    19. « Namibia: Anti-Same-Sex Marriage Law Enacted », sur Mambaonline,
    20. (en-US) Christophe Broqua, « La junte militaire au Mali criminalise l'homosexualité : ce que dit la nouvelle loi », sur The Conversation, (consulté le )
    21. « Au Burkina Faso, l’homosexualité devient illégale et passible de prison », Le Monde,‎ (lire en ligne)
    22. Le Monde avec AFP, « Le Sénégal promulgue sa loi durcissant la répression de l’homosexualité » Accès libre, sur Le Monde, (consulté le )
    23. (en) « Gabon lawmakers vote to decriminalise homosexuality », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    24. « Au Gabon, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    25. « La Gambie dément vouloir décriminaliser l'homosexualité », sur KOMITID, (consulté le ).
    26. « Le Ghana confronté à une vague d’homophobie inédite », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    27. « En Ouganda, le président promulgue une loi anti-LGBT+, accusée de violer « de manière flagrante les droits humains » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
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